« Faut qu’on » en parle…

En ces quelques lignes, j’ose effleurer un nom et un prénom qui perdurent depuis 1882 dans notre entité … Joseph Faucon.

Notre Centre culturel porte ce label qui pose sans doute encore question parmi une bonne partie de la population rhodienne. Mais qui est donc ce personnage ?

Né au Roeulx le 2 août 1882, il y séjournera 5 ans avant le départ de son père, receveur d’enregistrement, pour les Ardennes. À la mort de son père en 1892, il revient habiter au Roeulx. Le diplôme d’humanités gréco-latines en poche, il se lance progressivement dans la profession d’agent d’assurances, d’expert-comptable et d’administrateur de sociétés. Dans les années 20, il se tourne vers la littérature dialectale et publie son premier recueil de poésies « Saquantès fleurs d’èm gardin » en 1928.

Joseph Faucon, écrivain, historien amateur, poète wallon qui aime sa terre natale, Le Roeulx, a écrit plusieurs recueils de poésies en dialecte du Roeulx et un livre délivrant des données de l’histoire locale. Avec l’aide de son petit-fils : Joseph Faucon (habitant de Gottignies), je retracerai une infime partie de sa vie axée sur l’écriture.

Dans la préface accordée au recueil : « Dins l’courti d’mes pinséyes », le docteur Nopère nous informe de l’attachement du poète à sa ville : « Soucieux de réserver à l’exaltation de sa terre natale le meilleur de lui-même, monsieur Faucon refait un pieux pèlerinage dans les sites qui ont enchanté sa jeunesse… Plein de souvenirs vivaces, le poète nous promène paisiblement dans les paysages pittoresques où il a vécu, dans ses campagnes et ses bois… »

Les poèmes que j’ai choisis sont parcellaires, traduits pour ceux qui ne connaissent pas notre langue locale pleine de saveurs, d’images parfois impossibles à transcrire en langue française.

Patrick Renaux

El Rû

Dju vos r’vwa co volti come quand dj’astoû djambot,
Bone pètite ville dou Rû, si prope, si alicante,
Têre dè mès ratayons, c’èst vous l’oupia dou Cente
Avû l’château dès princes, leû parc èt leûs grands bos.
Fin binése, dju bèrlaure pa t’t-avau vo cardjî,
Su vo Trî al bèrdjole, dins vos rues, vos ruwèles,
M’astardjant, tivozè, asto d’ène vièye capèle
Ayu-ce qu’on prîye l’Avierje pou lès djins aflidjîs…

Le Roeulx

Je vous revois encore volontiers comme quand j’étais enfant,
Bonne petite ville du Roeulx, si propre, si alerte,
Terre de mes aïeux, c’est vous le bouquet du Centre
Avec le château des princes, leur parc et leurs grands bois.
Bien content, je flâne parmi votre Cargies
Sur votre Trieu à la Bergeole, dans vos rues, vos ruelles,
M’attardant quelques fois près d’une vieille chapelle
Où l’on prie la Vierge pour les gens affligés…

A Saint Djosef’

Il avoût ‘ne flinke dè bos dou costè d’Montauban
Qu’ ît spotè Saint Djosef’, dou minme nom qu’ène capèle
Yu-ce qu’on vyoût dès bimbins su lès bras d’leus mamans,
Fé bènis’ au bon sangn’ qui ch’noût rire dins s’potèle.

Dins l’ancyin trô au sâbe pa lès ans rascouvri,
Nos f’sin’ quékfwas ‘ ne descampe al place dè fé nos d’vwârs ;
Nos djouglin’, nos gambyin’ , nos avin’ tant d’plési
D’ûser nos cus d’marone in d-alant al glichwâre.

A Saint Joseph

Il y avait un petit bois du côté de Montauban
Qui porte le nom de Saint Joseph, du même nom qu’une chapelle
Où on voyait des enfants sur les bras de leurs mamans,
Faire bénir au bon saint qui semblait rire dans sa niche.

Dans l’ancien trou au sable recouvert par les ans,
Nous faisions quelques fois une descente à la place de faire nos devoirs ;
Nous folâtrions, nous gambadions, nous avions tant de plaisir
D’user nos fonds de culotte en allant à la glissoire.

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