Le Roeulx a toujours su faire la fête !

Carnaval, grand Feu de la St Jean, festival des Ballons et des Ailes…sont notamment synonymes de : début d’été, fin d’année scolaire, projet de vacances et bien sûr d’amusements en tous genres…

Cette fois, je m’arrêterai sur une fête d’antan, un peu oubliée : La fête de la bière. Eh oui, chers confrères St Feuillien, il n’y a pas qu’à Bruxelles que cela se passe. Dans un tout autre contexte, je vais vous faire part d’un reportage issu de la presse régionale à propos de la deuxième fête de la bière au Roeulx qui s’est déroulée fin des années 60.

“Après le magistral prologue du samedi marqué notamment par le concert de la centenaire Fanfare Communale d’Havré, le lancement de l’émission “L’homme en vacances” de la RTB, le bal Oberbayern du soir et l’élection de la Reine de la Bière, en l’occurrence la toute grâcieuse Annette Piérard et ses demoiselles d’honneur Nicole Chevalier, Marylène Chavepeyer et Martine Toubeau, la Fête à la gloire de la Bière s’est poursuivie dimanche avec plus d’éclat encore. Premier mais important événement de la journée, sur le coup de onze heures, l’inauguration au camping Saint-Feuillien de la fontaine intarissable capable d’étancher, grâce au capiteux breuvage brassé dans les murs de la ville, la soif la plus large de la foule la plus nombreuse qui soit. Mais c’est le cortège de l’après-midi qui constitua l’événement de la journée. Un cortège ouvert par les jolies et pimpantes majorettes de Maubeuge escortées par “Karl Ernst und sein Tyroliches Orchester” très applaudi lui aussi. Venaient ensuite le Char de la Rose, à la gloire bien sûr de cette fleur qui, chaque année, à la roseraie du château, dispense le parfum subtil de ses milliers de plantes, le carrosse de la Reine de la Bière et de ses demoiselles d’honneur, les fringants cavaliers du Cercle Equestre “La Muserole” de Mignault et le majestueux Char de la Bière sur lequel trônait pansue à souhait, une énorme barrique contenant 2500 litres de bière distribuée gratuitement et sans restriction à la foule. Oui, ce fut un beau cortège, une belle journée à laquelle s’associa aussi sur le coup de 18h00, la Fanfare Ouvrière des Deux Houdeng, avant que “l’Obertanz Tyrol Orchester” ne prenne possession du podium sous le chapiteau, pour clôturer en beauté, et dans la joie la plus absolue ces deuxièmes fêtes à la gloire de la bière, en la cité de l’aimable bourgmestre monsieur Benoît Friart, transformé lui aussi, pour la circonstance en Tyrolien plus vrai…que nature.”

Patrick Renaux

Petites histoires de l’école de l’Ange Gardien (suite)

L’école est un centre de vie au-delà de l’enseignement promulgué aux enfants. C’est un lieu de rencontres entre parents, enfants et enseignants ayant comme objectif principal le bien-être de l’enfant dans son éducation évolutive. Le cadre de vie scolaire y contribue pour une bonne part. C’est ainsi que de grands projets se sont mis en place fin des années 70, début des années 80.

Etant donné le nombre d’élèves croissant, un dédoublement des classes primaires devenait nécessaire. C’est ainsi que le pouvoir organisateur (P.O.) a pris le taureau par les cornes en agrandissant les bâtiments. A cette époque, l’enseignement catholique ne recevait pas de subsides de l’Etat pour ce type de projets. Il devait trouver les deniers nécessaires pour ses travaux. Les bénéfices des fancy-fairs ne servaient pratiquement qu’à rembourser les emprunts contractés par le P.O. De nouvelles activités lucratives virent le jour pour subvenir aux dépenses courantes de l’école. Pendant plusieurs années, la professeure de gymnastique, Madame Corine, avec le soutien des titulaires de classe, organisa des fêtes de gymnastique. Les bénéfices de ces fêtes servaient à acheter du matériel pour la salle de sport. L’association des parents (l’A.P.A.G.) organisa des repas pour donner sa quote-part aux besoins des enfants dans leur cadre scolaire habituel. Aux fourneaux, à la vaisselle ou au service en salle, les parents ont géré ces repas avec brio. A une époque, ils ont même dédoublé le repas vu le nombre croissant des participants : samedi soir et dimanche midi ! Ils organisèrent également des marches, des concours de whist… La caisse de l’association des parents est intervenue à différents niveaux : activités spéciales lors des classes de plein air, abonnements à des revues pour enfants exploitées en classe, achat de matériel souvent très coûteux pour les classes maternelles, spectacles offerts lors de la fête de St Nicolas… De leur côté, les enfants se sont investis aussi dans des activités lucratives débouchant sur des activités extra-muros : vente de pistolets garnis, marché de Noël, saynètes en tout genre… Il m’est impossible en quelques lignes de citer toutes les activités entreprises par les parents, les enfants et les enseignants mais cet aperçu montre bien qu’avec la bonne volonté de chaque partenaire, les enfants ont vécu une panoplie d’activités attrayantes et des souvenirs inoubliables pendant leur plus tendre enfance. Il ne faut pas se le cacher, outre ces activités lucratives nécessaires, les enfants ont pu s’amuser lors d’activités moins onéreuses. Sur le temps de midi (surtout en temps de pluie), le jeu des chiffres et des lettres arbitré par monsieur Benoît permettait aux enfants de se distraire tout en apprenant. Pendant la récréation de midi, sous mon oeil attentif et avec le savoir-faire de Geneviève Bricq, une chorale s’est formée. A la bonne saison, des tournois de mini-foot entre classes ont vu le jour. Quelle ambiance pour les supporters ! Hors du temps scolaire, des activités « nature » ont été organisées notamment à la Réserve Naturelle de Thieu. Les amis du ballon rond ont participé à de nombreux tournois de mini-foot à Soignies, Bois-du-Luc, Saint-Vaast… Et la liste pourrait être plus longue mais je terminerai par un projet qui profita à la « lecture plaisir ».

Un projet titanesque dépassant largement les limites de notre école, de notre commune et même de nos frontières a pris naissance au beau milieu des neurones de Francis Degré, titulaire de 6e année et plus tard, directeur de l’école. Amateur de bandes dessinées, Francis rêvait de rencontres entre auteurs, dessinateurs et les élèves de 6e. Et pourquoi pas en faire profiter un plus large public ! C’est ainsi que naquirent les « Rencontres BD » en 1995. Cela ne fut pas toujours facile. Voici en quelques lignes le chemin sinueux qu’entreprit mon collègue.

« Mon premier problème : je n’avais aucune adresse de dessinateurs et Internet était encore pour moi un grand mystère. Je me suis adressé à mon libraire louviérois de l’époque, un certain Christian Lison (un nom pareil, ça ne s’invente pas !), qui accepta de m’épauler immédiatement. Bien vite, j’ai pu remplir mon carnet d’adresses.

Mon deuxième problème : si les élèves étaient enthousiastes et prêts à affronter tous les obstacles (ce qu’ils ont fait avec la plus grande distinction), j’avais également besoin d’un sérieux coup de main d’adultes. Il y eut d’abord mes collègues qui ont vite adhéré à mon projet et ensuite, le feu vert nécessaire à une telle entreprise de la part du Pouvoir Organisateur. Et au fil des ans (cela a duré 15 ans), je me suis entouré d’une équipe de vrais amis, certains proches de l’école et d’autres rencontrés au hasard des festivals.

Troisième GROS problème : il fallait beaucoup de sous. Enfants et adultes se sont mis à la recherche de sponsors. Merci à tous ceux qui nous ont fait confiance et nous ont aidés financièrement, du plus petit au plus grand. Ils furent nombreux et généreux. Je tiens toutefois à parler de trois d’entre eux : des Rhodiens et des anciens de l’école… Pascal Pesesse, mon grand ami imprimeur qui ne nous a jamais réclamé le moindre franc et euro malgré toutes les affiches, tous les programmes, tous les ex-libris et autres trop nombreuses exigences de notre part. Ensuite, Jacques Savoie nous a permis de loger les dessinateurs pour un prix dérisoire dans l’un des hôtels de la région, le Lido à Mons. Et enfin, Benoît et Dominique Friart nous ont laissés décorer des magnums par des étiquettes sublimées par des dessinateurs (bouteilles de collection !). Ils nous ont offert des magnums lors des vernissages des expositions. Malgré un budget limité, nous nous en sommes toujours sortis financièrement. Un vrai miracle ! Mais dommage qu’il ait fallu attendre la dixième année pour obtenir enfin un subside de la commune. Mieux vaut tard que jamais.

Pendant ces 15 années, impossible de vous dire exactement combien d’auteurs sont venus au Roeulx… Plus de 200 certainement ! Et pas des moindres. Yvan Delporte nous a grandement aidés, lui qui fut le rédacteur en chef du journal de Spirou dans les années 60. Il était présent chaque année jusqu’à son décès en 2007. Il était devenu un ami de l’école. D’ailleurs, il dormait régulièrement à la maison. C’était un vrai phénomène ! Grâce à lui, beaucoup d’auteurs ont répondu présent dont Will, le dessinateur de Tif et Tondu. Will faisait partie de l’âge d’or du journal de Spirou avec les Jijé, André Franquin et Morris. Il est décédé en 2000. Le Roeulx fut sans doute son dernier salon. Mais il y eut bien d’autres auteurs du 9e art : Hermann à qui l’on doit Bernard Prince, Comanche ou en encore Jeremiah ; le regretté Raoul Cauvin qui scénarisa tant de séries humoristiques (Les Tuniques Bleues, l’agent 212, Pierre Tombal, les Psys…) ; André Geerts qui nous quitta si jeune en 2010 et à qui on doit Jojo, ce petit garçon si tendre que je ne peux que recommander à tous les enfants ; ou encore Jacques Martin, le papa d’Alix que l’on ne doit plus présenter. Enfin, nous avons terminé en beauté en 2009 en accueillant Jean-Pierre Talbot qui, au début des années 60, joua le rôle de Tintin dans « Le mystère de la Toison d’or » et « Les oranges bleues ». Intarissable ce Jean-Pierre Talbot ! Cet ancien instituteur et directeur, tout comme moi, avait beaucoup de petites anecdotes à raconter au public présent et conquis. On buvait ses paroles… »

Merci à toi Francis pour ta participation à la rédaction de ces souvenirs ineffaçables qui rayonnent encore dans beaucoup de têtes de tous ceux qui sont passés de près ou de loin entre les murs de l’Ange Gardien.

Texte et photos: Patrick Renaux

Les petites histoires de l’école de l’Ange Gardien…

Origine du nom de l’école, pourquoi ” école de l’Ange Gardien” ?

Tout simplement parce que non loin de l’école, se dresse une chapellle dédiée à l’Ange Gardien. Cette chapelle fut érigée en 1738 par Pierre Van Hulst. Ange protecteur, le nom allait à merveille pour une institution pédagogique réservée, à sa création, pour les filles. Début des années 2000, des élèves de 6 ème primaire suivis par monsieur Benoît (Hautenauve) eurent l’idée de “rajeunir” la chapelle à l’occasion du centenaire de l’école. C’est dans le cadre de la protection et de la restauration du petit patrimoine religieux que les élèves se sont démenés pour introduire un dossier auprès de la Région wallonne. Recherches historiques, photos, description du lieu et de la chapelle, ouverture d’un compte bancaire…ont donné la part belle à une concrétisation d’une matière ardue à cet âge : “Problèmes”.

Une première en tant qu’élève…une première en tant qu’instituteur…

L’année 1968 marquée par de nombreux événements politiques, économiques et sociétaux (surtout en France), alignera aussi une situation inédite dans l’histoire de l’école… Pour la première fois depuis la création de l’établissement, les élèves de 5 ème et 6 ème années primaires (côté : garçons) allaient partir en ” classes de mer”. Et,et…Je faisais partie de ces chanceux qui pouvaient profiter de l’air marin de la côte belge ! Monsieur Degré ( Marcel) allait également vivre une situation exceptionnelle sur les plages et les dunes de St Idesbald – Coxyde. Aidé par des monitrices, monsieur Degré avait préparé une panoplie d’activités pour ce séjour inoubliable : excursions, sports de plage, promenades venaient agrémenter les leçons de sciences, d’histoire et de géographie axées sur la côte belge.

40 ans plus tard, j’allais vivre avec mes élèves de deuxième année, une expérience exceptionnelle en tant qu’instituteur. Le grand-père d’un de mes chérubins, monsieur Delmoitiez, à cette époque directeur commercial chez BASF, me proposa de passer une nuit dans une des boules de l’Atomium. Sa société avait participé au rajeunissement de cette oeuvre d’art qui avait été conçue à l’occasion de l’exposition universelle de 1958. Deux journées inoubliables ! Les élèves de deuxième année de l’Ange Gardien étaient les premiers élèves de Belgique à pouvoir dormir dans ce lieu mythique. En car de luxe, nous avons visité Bruxelles, nous avons fait un arrêt sur une des plus belles places du monde avec quelques explications d’une guide. Une visite du parc “Mini-Europe” était l’occasion, pour nous tous, d’apprécier les miniatures et d’en reconnaître quelques-unes. Aidé par des anciens élèves, j’ai pu aussi organiser quelques jeux extérieurs dans les bois qui jouxtaient l’Atomium. Vu le côté exceptionnel de cette aventure, nous avons eu droit à des reportages en radio, télévision et presse écrite…Pour notre retour prévu en soirée, quelques mamans avaient préparé des pizzas et quelques boissons. Entourés de leurs proches, les élèves quittèrent l’école avec une multitude de rêves en altitude…

Patrick Renaux

 

120 ans pour l’école de l’Ange Gardien, cette année…

En 120 ans…que de têtes blondes, que de devoirs, que de leçons ! Vous faites peut-être partie de tous ces enfants qui ont commencé leur instruction nourrie et partagée par la communauté religieuse des Soeurs Augustines et plus particulièrement soeur Rose qui fut une des pierres angulaires de cette école plus que centenaire et soucieuse d’une éducation prise en charge par une équipe d’enseignants étiquetés catholiques.

De l’élève au maître d’école

À deux ans et demi, voulant suivre ma soeur aînée à l’école, j’ai insisté auprès de mes parents pour me conduire dans ce lieu de formation qui allait devenir plus tard, mon cadre de vie professionnel. Quand on s’y plaît, on y revient… En effet, parmi les collègues enseignant(e)s que j’ai côtoyés durant ma carrière d’instituteur, je peux citer quelques noms comme Isabelle Lorenzonetto, Chantal Marin, Catherine Roland, Marie-Eve Martinazzo, Annette Marlier, Francis Degré… qui sont passés par toutes les classes de l’enseignement primaire. Une équipe d’anciens élèves aux commandes des apprentissages pour de nouvelles générations d’élèves!

Mais revenons à mes débuts… En tant qu’élève, j’ai commencé ma “carrière” chez madame Marie-Louise. Cette classe mixte regroupait deux niveaux. A cette époque, j’occupais une table qui faisait partie d’une demi-classe que l’on appelait ” le petit côté ” = les plus jeunes. Il y avait bien sûr ” le grand côté ” qu’occupaient les aînés âgés de 4 ans. C’est grâce à madame Marie-Louise que j’ai appris à suivre les injonctions nécessaires à une vie de groupe. Ma dernière classe maternelle s’est déroulée chez mademoiselle Cécilia. On était les grands…

L’année scolaire suivante, j’allais passer de l’autre côté du “grand mur”. À l’époque, la mixité n’existait pas sauf pour les enfants de maternelle. Quels changements ! En récréation, nous devions partager la cour notamment avec des garçons de 5 à 6 ans nos aînés. Les bousculades entre nous faisaient parfois appel à des soins prodigués par un des trois enseignants formant le corps professoral des garçons composé de madame Hendrix pour les 1 ère et 2 ème années, monsieur Crohain pour les 3 ème et 4 ème années et monsieur Marcel Degré pour les 5 ème et 6 ème années. Du côté des filles, madame Dumont institutrice en 1 ère et 2 ème années, mademoiselle Laure en 3 ème année, madame Paula en 4 ème année et soeur Angèle en 5 ème et 6 ème années assuraient tous les savoirs aux filles.

Les bâtiments ont connu quelques changements pendant ma formation primaire. Le plus impressionnant fut pour moi la construction d’un deuxième étage où se situaient les classes des garçons (bâtiment se trouvant aujourd’hui face à l’entrée principale de l’école au fond de la cour). Le rez-de-chaussée était occupé par les élèves de monsieur Marcel Degré, le premier étage était occupé par la classe de madame Hendrix et la classe de monsieur Crohain. Une cloison séparait les deux classes. Grâce à cette transformation du bâtiment les enfants ont obtenu plus d’espace, et plus d’indépendance pour monsieur Crohain. Qui décidait des travaux ? Le pouvoir organisateur composé de gens du Roeulx volontaires et défenseurs de l’enseignement catholique. En tant qu’élève, les présidents de PO que j’ai connus sont monsieur Carton de Wiart et monsieur Buchet. Affaire à suivre…

Patrick Renaux

A la découverte des villages formant notre belle Entité : Gottignies

Un cadre enchanteur

Gottignies est un village bien connu par les promeneurs, les peintres et les amis de la nature. Formé par de jolis vallons et de nombreuses terres agricoles, le village de Gottignies offre à ses habitants la vallée de la Wanze. C’est sans doute cette sympathique vallée qui constitue l’une des plus belles et des plus pittoresques vues et promenades que l’on connaisse dans le Centre.

L’origine du nom

La plus probable des origines du nom : Gottignies remonte au premier seigneur franc qui a occupé l’endroit : Gott ou Gotton ou Gottelhon. La terminaison : “ignies” implique l’idée de demeure, de possession. Mais l’occupation des terres par des êtres humains remonte à la préhistoire. Des objets comme des silex taillés pour en confectionner des outils ont été découverts par Jules Monnoyer, historien et archéologue. On a aussi découvert à une époque inconnue un caveau de pierres grises et une urne contenant de la monnaie romaine. Dans un document officiel, la première orthographe ” Gotignies” apparaît au 12e siècle. Tout en désignant ” les mêmes terres” l’orthographe change d’un siècle à l’autre : Gotegnies au 13e siècle, Ghottignies au 15e , Gothygnies au 16e, Gottegnies au 17e …

Un illustre passé pour quelques seigneurs de Gottignies

Gottignies faisait partie de la terre du Roeulx, mais le comte du Hainaut y avait conservé plusieurs biens. Les seigneurs de l’un de ses fiefs, celui de la Haye, ont eu un passé remarqué et remarquable. Gilles de Gottignies commandait en 1418 la cavalerie de Jean-sans-Peur. Lancelot III de Gottignies fut bourgmestre de Malines ainsi que ses 2 fils (16e siècle). Auguste de Gottignies, seigneur de la Haye, fut secrétaire du Conseil privé des Pays-Bas et fait chevalier le 27 septembre 1623. Ignace de Gottignies reçut le titre de baron du Saint Empire en 1658. Lancelot-François de Gottignies a obtenu le titre de baron le 26 mai 1725 valable pour ses descendants, en considération de son ancienne noblesse et en remerciement des services rendus par ses ancêtres.

Quelques industries de ces derniers siècles

Deux établissements de céramique produisaient des tuyaux de drainage, des tuiles, des carreaux et des pots à fleurs. Il y eut une brasserie abandonnée vers 1920 par suite de faillite, un moulin à vent abandonné en 1912 et démoli en 1914, un moulin à eau sur la Wanze incendié en 1889, 3 forges de maréchaux, 2 charrons. On essaya d’exploiter aussi le charbon qui affleurait à certains endroits. Une lente progression au niveau de l’agriculture… Dans une chronique de 1850, on constate : “Les récoltes consistent en froment, seigle, orge, avoine, trèfle, pommes de terre. On cultive peu de plantes oléagineuses. Les prairies ne donnent qu’un foin d’une médiocre qualité; mais il y a de gras pâturages, clos de haies; ils avoisinent les fermes dont ils dépendent. La plupart des habitations sont entourées de jardins potagers dans lesquels on soigne les légumes et arbres fruitiers. On y trouve quelques houblonnières. Le pommier, le poirier et le noyer prospèrent dans les vergers”. Une lente évolution se fit dès la fin de la première guerre mondiale. Ce n’est qu’au début du 20e siècle qu’une transformation remarquable se produisit. Les petits exploitants dont la relève n’était pas assurée, cédèrent leurs terrains aux plus grandes exploitations. Les engrais chimiques furent employés à plus fortes doses et la mécanisation s’amplifia.

Après avoir fait le tour des communes formant l’Entité du Roeulx, j’espère avoir soulevé le voile d’une petite partie de “nos origines”. C’est avec grand plaisir que j’ai répondu aux souhaits des “nouveaux” Rhodiens qui connaissaient peu ou pas la petite histoire de notre entité.

Patrick Renaux

(Ouvrages consultés : Le Centre, édité par la Chambre de commerce et d’Industrie du Centre. La Louvière – Belgique 1930. Le Roeulx, Syndicat d’Initiative 1980.)

A la découverte des villages formant notre belle Entité : Thieu (suite)

Le nouveau canal : plus que des grincements de dents

Les différents auteurs de la brochure “Le Roeulx” éditée par le Syndicat d’Initiative en 1980 voient l’avenir de Thieu bouleversé et s’interrogent sur le sort de ses habitants. Voici ce qu’ils en disent : “Le canal, dont on parle depuis près de 20 ans, dont les projets varient au gré des idées des responsables du moment, plonge notre population dans une incertitude constante et empoisonne notre vie familiale. Pour réaliser ce gigantesque travail, des expropriations en masse seront nécessaires. Pour l’heure, rien n’est encore décidé, mais cette menace pèse lourd sur le mode de vie de chaque habitant. Que deviendront les expropriés? Où seront-ils relogés? Pour les vieux propriétaires qui envisageaient de finir tranquillement leur vie dans la maison familiale, il s’agit d’une situation quasi mortelle, que de drames, que de larmes…”

Après l’effort, le réconfort

Au bout de ces longs travaux, on voit poindre le majestueux ascenseur de Thieu qui est une oeuvre d’art faisant partie du patrimoine industriel mondialement connu. Mais la construction de l’ascenseur funiculaire ne fut pas un long fleuve tranquille. De nombreux événements ont retardé les travaux. En 1980, le Ministère des Travaux publics privilégie la pente d’eau plutôt que l’ascenseur à bateaux. La résistance de l’ouvrage d’art aux sollicitations sismiques est également au coeur des études mais ne présente pas une condition déterminante jusqu’à ce que survienne le tremblement de terre de Liège, le 8 novembre 1983. Pour calculer les nouvelles valeurs, des études sont confiées à l’Université de Liège et à l’Université libre de Bruxelles. Leurs résultats seront connus au terme de 18 mois de recherches. Le financement est également une des causes de retards…

Des essais prometteurs

Le 17 juin 1997, l’un des bacs de l’ascenseur funiculaire s’élève pour la première fois depuis le début des travaux. Cette première
ascension qui a lieu dans la discrétion, loin des caméras et du public sera couronnée de succès. Le 6 novembre 2001 en matinée, un second mouvement de bac sera organisé. Cette démonstration est réalisée en présence du vice-président du Gouvernement wallon et Ministre de l’Equipement et des Transports, Michel Daerden, des resposables du MET et des représentants locaux. Après la fermeture des portes et la disjonction avec celle du bief, la péniche est hissée à une vitesse de 20 cm par seconde au niveau du bief amont, c’est-à-dire 73,15 m plus haut. Un spectacle impressionnant qui dure 6 minutes. Le franchissement complet de l’ascenseur funiculaire prend plus ou moins 40 minutes. Une bagatelle si l’on sait que la même opération pour franchir quatre ascenseurs hydrauliques, quatre ponts mobiles et une écluse sur le canal du Centre historique demande approximativement cinq heures de navigation.

Le jour de gloire pour l’ascenseur de Strépy-Thieu

Le 2 septembre 2002, une marée humaine s’est amassée au pied du géant, chacun voulant participer à l’événement tant attendu : l’ascension officielle de la première péniche ! L’embarcation de 80 m de long est amarrée depuis plusieurs jours avec à son bord un chargement de 1250 tonnes de ciment embarqué aux installations Holcim à Obourg à destination de la région anversoise. Après un discours inaugural, José Daras, Ministre wallon des Transports et de l’Energie, entouré de messieurs Willy Taminiaux, Bourgmestre de La Louvière, et Albert Tesain, Bourgmestre du Roeulx, coupe le ruban de la nouvelle voie d’eau à grand gabarit.

Aujourd’hui, les ascenseurs de Thieu sont visités chaque jour par des touristes qui apprécient des techniques diverses à des époques différentes : la force de l’eau d’un côté, et les cables et les contrepoids de l’autre. Ces deux façons de faire sont la preuve d’un savoir-faire exceptionnel. A voir ou à revoir !

Patrick Renaux

(Ouvrages consultés : Le Roeulx, Syndicat d’Initiative 1980 / Michel Maigre, Le canal du Centre à 1350 tonnes)

À la découverte de nos villages formant notre belle entité : Thieu

L’origine du nom

Dans des documents officiels, les historiens voient sous différentes écritures la désignation de Thieu : Tyer en 1119 dans une charte pour l’abbaye de St Denis, Thyer en 1165 dans une chronique de Bonne-Espérance, Thier en 1305 dans un cartulaire de St Denis et en 1473 Thieu dans un cartulaire des Paieries du Hainaut. Thier signifie en son temps colline, éminence. C’est ainsi que l’on peut lire : Thieu est un village niché au fond d’une vallée bordée de collines qui le protègent et lui ont donné son nom.

Une richesse du sol bien exploitée

Craie, sable et houille ont fait le bonheur des familles thiéroises. Pendant deux siècles, la houille fit la fortune de quelques-uns et procura du travail aux habitants de Thieu mais aussi à toute personne qui acceptait de travailler dans des conditions souvent difficiles. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, le charbon était exploité en surface. Fin du XIXe siècle, la Société des Mines de Bracquegnies obtint le droit de concession et racheta les parts de la Société des Charbonnages de Thieu, Ville-sur-Haine et Gottignies. En 1908, la Société des Charbonnages de Strépy-Bracquegnies creusa le puits Saint-Henri. En 1914, c’est la catastrophe pour les mines : coup d’eau dans le charbonnage. Onze personnes trouvent la mort. En même temps, on constate des dégâts en surface : maisons fissurées, affaissement des terrains… Malgré ces événements, les travaux reprirent et le charbonnage connut même un essor considérable. En 1938, 800 ouvriers y travaillaient encore. En 1958, on assista à la fermeture du puits. La dénomination des lieux nous indique la présence des richesses du sol. “Le champ des Chaufours” permet d’écrire que l’agriculture locale a exploité la marne affleurante pendant de nombreuses années pour fabriquer de la chaux servant à l’amendement des terres mais aussi à la fabrication des mortiers et le blanchiment des maisons. Le sable de la Maladrée a notamment servi à l’industrie verrière. La craie,autre richesse du sol thiérois, a bien été exploitée. En effet le 21 février 1921, la Société Anonyme des Ciments de Thieu fut fondée. Le premier four fut mis en marche en septembre 1922. La carrière de craie se situait au champ des Prés.
L’usine occupa jusqu’à 200 ouvriers et employés. La production journalière atteignit 500 tonnes. Début des années 50, la rentabilité se dégrada faute notamment aux administrateurs qui n’ont pas suivi les progrès techniques. L’usine fut alors reprise par le groupe important des Ciments d’Obourg devenu aujourd’hui Holcim. Actuellement Thieu ne compte plus d’activités au niveau de cette industrie qui a participé à sa prospérité.

Le Canal du Centre et Thieu

A la suite de nombreuses requêtes introduites par le monde économique, industriel…, le gouvernement décida la construction du Canal du Centre reliant Mons à la branche existante de Houdeng-Goegnies. Les premiers travaux commencèrent en 1882. La fin des travaux était prévue pour la fin de l’année 1914. La guerre freina l’ampleur des travaux mais l’autorité allemande comprit l’utilité du canal aussi bien pour l’industrie que pour la stratégie guerrière. En novembre 1917, les premiers bateaux faisaient la jonction entre le canal de Mons à Condé et celui de Charleroi. Après la guerre, les ascenseurs furent achevés. Le Canal du Centre connut alors une expansion maximale de trafic. Après la deuxième guerre mondiale, le réseau belge des voies navigables, durement éprouvé par quatre années de combats, dut être révisé au vu d’un ensemble de voies navigables européen. C’est ainsi que de nombreux changements furent envisagés pour atteindre la norme européenne de 1350 T. Commencée en 1963, la modernisation des voies navigables s’achève en août 2002 avec l’ouverture à la navigation de l’ascenseur funiculaire de Strépy-Thieu. Ce mois de septembre 2022, on fêtera dignement les 20 ans de cet ouvrage gigantesque connu à travers le monde. Dans le prochain bulletin communal, je vous donnerai quelques précisions à propos de ce “monument” qui a changé totalement la structure de Thieu.

(ouvrages consultés : Le Roeulx, syndicat d’initiative 1980 ; Carnets du Patrimoine, Le canal du Centre à 1350 tonnes de Michel Maigre.)

Patrick Renaux

À la découverte des villages formant notre belle Entité : Mignault

Mignault, village entouré de verdure…

En 1930, le village de Mignault était décrit comme «une vraie oasis de verdure, assise entre le pays du charbon et celui de la pierre…elle est joliment bordée de forêts : le bois royal de Courrières, le bois Notre-Dame de Houdeng, les bois de l’Enfer et de Naast.»

Le passé lointain de ce village…

L’archéologue Emile de Munck trouva des armes, des haches, des pointes, des racloirs, des marteaux, etc. taillés dans des silex originaires de Spiennes. La découverte de poteries confirme la présence d’individus aux époques gauloises et gallo-romaines.

Dans un texte officiel, un testament daté de 661, «l’existence» de Mignault apparaît. Sainte Aldegonde lègue «Miniacum villam cum ecclesia» c’est-à-dire «Mignault avec son église» à un monastère de Maubeuge.

Mignault, une commune essentiellement agricole…

De nombreuses fermes, souvent avec un passé élogieux, ont marqué l’histoire locale et même plus… : la ferme du Petit-Strépy, la ferme Delcourt, la ferme Delhove, la ferme de Cantraine, la ferme de Soumiaux, la ferme d’Houbrouge… Jusqu’au milieu du XIXe siècle, le village conserva son mode de vie traditionnel. Les habitants trouvaient la plupart de leurs subsistances sur place.

Début du XIXe siècle, on comptait notamment une tannerie, une brasserie, une tonnellerie, une corderie, une fabrique de chicorée.

On y filait la laine à domicile, ainsi que le lin dont on tissait la toile pour la revente ou pour l’usage du ménage. En 1824 sont répertoriés 15 tisserands et 160 fileuses, 12 cabaretiers, 6 boutiquiers, 3 maréchaux-ferrants, 1 charron, 2 meuniers, 1 bourrelier, 1 boucher, 1 tailleur, 1 couturière, 1 tonnelier, 1 cordonnier, 3 sabotiers et 12 bûcherons. En 1905, le nombre de cabaretiers était passé à 42, celui des boutiquiers à 16.

L’enseignement à Mignault

Comme dans beaucoup de petites communes, le clerc cumulait ses fonctions avec celle d’instituteur. Augustin Jonart, clerc, tint l’école jusqu’en 1817 dans une pièce de son habitation. Son fils lui succéda. À cette époque, la rétribution de l’enseignant était assurée par un traitement fixe de la commune, une allocation du bureau de bienfaisance et les rémunérations des «élèves payants». En 1861, une école communale fut construite. En 1866, à la demande de l’Administration communale, la comtesse Emerence de Boudry fit construire une école pour filles sur un terrain qui lui appartenait à Mignault. En 1892, on appropria un bâtiment ayant servi de grange. Au début de l’existence de cette école, une rétribution était demandée aux élèves. Celles dont les parents étaient solvables payaient 1,25 f par mois, les autres 0,6 f.

La tour de l’église, un joyau pour le patrimoine local

L’emplacement de l’église, aussi ancien que le village, remonte au VIIe siècle. Le clocher de l’édifice actuel date de 1518 et est de style gothique. Le portail est surmonté d’une sculpture représentant la charité de saint Martin, avec un écusson des armes de Pierre Joly, abbé de Saint- Feuillien.

De nos jours, plus sensibles à la nature, au bon air et à la tranquillité, la plupart des gens dirigent leur choix de résidence vers
des villages comme Mignault proches d’axes routiers importants. C’est pourquoi on a vu s’élever de nombreuses habitations à
travers tout le village tout au long de ces 25 dernières années.

(ouvrages consultés : Le Centre, édité par la Chambre de Commerce et d’Industrie du Centre, 1930 ; Le Roeulx, édité par le
Syndicat d’Initiative, 1980)

Patrick Renaux

À la découverte des villages formant notre belle entité : Belles histoires de deux chapelles à Ville-sur-Haine

À Ville-sur-Haine, deux chapelles ont réussi longtemps à émouvoir une population attachée aux phénomènes extraordinaires et aux légendes. La plus connue des chapelles est sans nul doute la chapelle «Notre Dame de Creuse».

D’après la légende…

«Par une chaude journée d’été, un berger s’en est allé faire paître son troupeau dans les «Riveaux des Creuses». En ces lieux, un mince filet d’eau jaillissait des entrailles de la terre et le berger, voulant laisser boire son troupeau, plongea sa houlette dans la vase afin de donner plus d’aisance à l’écoulement de l’eau. Il rencontra un objet résistant qu’il dégagea. C’était une statuette en bois de la Vierge. Emu par cette découverte, il porta la statuette à l’église paroissiale. Mais au grand étonnement de tous les villageois, le lendemain, la statuette était disparue; elle était retournée près de la source. Ce manège, paraît-il, recommença trois fois. Le village fut mis en émoi…» Lors de la découverte de la statue, on construisit un piédestal pour rappeler ces événements «miraculeux». En 1820, un vacher renversa le piédestal. C’est à la suite de cet acte de malveillance que l’on érigea une chapelle digne de ce nom. La construction fut bénie le jour de l’Ascension de la même année. On s’y rendit en pèlerinage pour y invoquer «Notre Dame de Creuse» contre les fièvres malignes. Avec le temps, cet édifice se détériora. C’est ainsi qu’en 1912, la chapelle dut être reconstruite. Début des années 90, un architecte originaire de Ville-sur-Haine : Philippe L’Hoir livra tout son art et son respect pour Notre Dame de Creuse en construisant une structure moderne et un aménagement de terrain pour les visiteurs. L’inauguration officielle eut lieu le huit décembre 1991 ( 30 ans déjà ). Croyants ou non-croyants se succèdent à la chapelle pour prier et s’abreuver… ou faire quelques réserves d’eau grâce à leurs cubitainers.

Une chapelle moins connue mais rappelant de grands faits de guerre : La chapelle des Tombeaux

En 1070, à la mort de Bauduin dit «de Mons» comte de Flandre et de Hainaut, les partages furent traités de la manière suivante : le fils aîné : Arnould hérita du comté de Flandre sous la tutelle de son oncle Robert le Frison et Bauduin II reçut le Hainaut dont Richilde, sa mère, conserva la régence. Ambitieux, vaniteux, Robert le Frison profita de la minorité de son neveu pour lui extorquer ses Etats. Lors de combats sanglants, Arnould fut traîtreusement assassiné par un de ses chevaliers. Sa succession passant de plein droit à son frère Bauduin II. Mais cela ne freina pas les idées de grandeur et de possession de Robert le Frison. Sans ressources, Richilde, comtesse de Hainaut, eut recours au prince évêque de Liège, moyennant inféodation du Hainaut à la Principauté de Liège. Richilde allait envahir la Flandre lorsque le Frison fondit à l’improviste sur le Hainaut. La bataille s’engagea entre les campagnes de St-Denis, Gottignies, Le Roeulx et Ville-sur-Haine. Les armées de Richilde durent se replier mais la Haine et une colline abrupte recouverte d’un bois leur coupèrent la route. Une légende raconte que les eaux de la Haine furent ensanglantées pendant trois jours. Richilde éleva sur le lieu de son désastre une chapelle. Ce monument commémoratif serait la chapelle des Tombeaux qui fut de nombreuses fois reconstruite.

Photo Dimitri Deblander

En visitant notre belle entité, nous pouvons nous enrichir de belles histoires, de belles légendes et ainsi nous inciter à mieux connaître notre milieu pour lequel on dit toujours : «Heureux au Roeulx».

(Ouvrages consultés : Le Roeulx, édité par le syndicat d’initiative, 1980. Ville-sur-Haine village plus que millénaire. Max Flament.)

Patrick Renaux