À la découverte des villages formant notre belle entité : Belles histoires de deux chapelles à Ville-sur-Haine

À Ville-sur-Haine, deux chapelles ont réussi longtemps à émouvoir une population attachée aux phénomènes extraordinaires et aux légendes. La plus connue des chapelles est sans nul doute la chapelle «Notre Dame de Creuse».

D’après la légende…

«Par une chaude journée d’été, un berger s’en est allé faire paître son troupeau dans les «Riveaux des Creuses». En ces lieux, un mince filet d’eau jaillissait des entrailles de la terre et le berger, voulant laisser boire son troupeau, plongea sa houlette dans la vase afin de donner plus d’aisance à l’écoulement de l’eau. Il rencontra un objet résistant qu’il dégagea. C’était une statuette en bois de la Vierge. Emu par cette découverte, il porta la statuette à l’église paroissiale. Mais au grand étonnement de tous les villageois, le lendemain, la statuette était disparue; elle était retournée près de la source. Ce manège, paraît-il, recommença trois fois. Le village fut mis en émoi…» Lors de la découverte de la statue, on construisit un piédestal pour rappeler ces événements «miraculeux». En 1820, un vacher renversa le piédestal. C’est à la suite de cet acte de malveillance que l’on érigea une chapelle digne de ce nom. La construction fut bénie le jour de l’Ascension de la même année. On s’y rendit en pèlerinage pour y invoquer «Notre Dame de Creuse» contre les fièvres malignes. Avec le temps, cet édifice se détériora. C’est ainsi qu’en 1912, la chapelle dut être reconstruite. Début des années 90, un architecte originaire de Ville-sur-Haine : Philippe L’Hoir livra tout son art et son respect pour Notre Dame de Creuse en construisant une structure moderne et un aménagement de terrain pour les visiteurs. L’inauguration officielle eut lieu le huit décembre 1991 ( 30 ans déjà ). Croyants ou non-croyants se succèdent à la chapelle pour prier et s’abreuver… ou faire quelques réserves d’eau grâce à leurs cubitainers.

Une chapelle moins connue mais rappelant de grands faits de guerre : La chapelle des Tombeaux

En 1070, à la mort de Bauduin dit «de Mons» comte de Flandre et de Hainaut, les partages furent traités de la manière suivante : le fils aîné : Arnould hérita du comté de Flandre sous la tutelle de son oncle Robert le Frison et Bauduin II reçut le Hainaut dont Richilde, sa mère, conserva la régence. Ambitieux, vaniteux, Robert le Frison profita de la minorité de son neveu pour lui extorquer ses Etats. Lors de combats sanglants, Arnould fut traîtreusement assassiné par un de ses chevaliers. Sa succession passant de plein droit à son frère Bauduin II. Mais cela ne freina pas les idées de grandeur et de possession de Robert le Frison. Sans ressources, Richilde, comtesse de Hainaut, eut recours au prince évêque de Liège, moyennant inféodation du Hainaut à la Principauté de Liège. Richilde allait envahir la Flandre lorsque le Frison fondit à l’improviste sur le Hainaut. La bataille s’engagea entre les campagnes de St-Denis, Gottignies, Le Roeulx et Ville-sur-Haine. Les armées de Richilde durent se replier mais la Haine et une colline abrupte recouverte d’un bois leur coupèrent la route. Une légende raconte que les eaux de la Haine furent ensanglantées pendant trois jours. Richilde éleva sur le lieu de son désastre une chapelle. Ce monument commémoratif serait la chapelle des Tombeaux qui fut de nombreuses fois reconstruite.

Photo Dimitri Deblander

En visitant notre belle entité, nous pouvons nous enrichir de belles histoires, de belles légendes et ainsi nous inciter à mieux connaître notre milieu pour lequel on dit toujours : «Heureux au Roeulx».

(Ouvrages consultés : Le Roeulx, édité par le syndicat d’initiative, 1980. Ville-sur-Haine village plus que millénaire. Max Flament.)

Patrick Renaux

Il était une fois au Roeulx…

Le Centre culturel, l’Office du Tourisme et plusieurs citoyens rhodiens s’associent pour lancer un nouveau projet visant à remettre en valeur, le temps d’un week-end, diverses archives locales sous forme d’exposition, activités, reconstitutions, conférences et témoignages. Cet événement se tiendra annuellement avec, à chaque fois, un thème différent.

Le chapitre 1 : les écoles

La première édition d’ « Il était une fois au Roeulx… » aura lieu le week-end des 24 et 25 septembre 2022 au Centre culturel, et aura pour thème « Les écoles », vaste sujet universel qui touche toutes les générations.

Nous retracerons la vie scolaire d’antan dans l’entité rhodienne, par le biais d’expositions et d’animations, le tout accompagné de moments d’échanges entre personnes à propos de leurs souvenirs d’école, leur enfance, des anecdotes, des personnages emblématiques…
Cet esprit « retrouvailles » sera central lors de ces rencontres.

APPEL AUX CITOYENS : archives scolaires locales

Un appel est donc lancé auprès de vous, anciens élèves et instituteur(trice)s de nos écoles rhodiennes, pour faire sortir de la poussière, et de vos greniers, vos archives (images, objets, affiches, articles de journaux, livres, etc.) en lien avec l’Histoire des écoles de notre entité. Ces petites merveilles de notre passé scolaire local seront récoltées, scannées et compilées pour être mises en valeur les 24 et 25 septembre 2022 au Centre culturel.
Nous sommes principalement à la recherche de sources historiques issues du 20e siècle.

Vous avez des sources et des objets d’époques dont vous voudriez nous parler ? Contactez-nous à l’adresse archives@leroeulxsouvenirs.be ou au 064/66.52.39.

Nous vous remercions d’ores et déjà pour votre collaboration à ce beau projet.

À la découverte des villages formant notre belle Entité : Ville-sur-Haine

Du Roeulx (ville princière), on en parle beaucoup… et sans doute pas assez des villages qui forment toute l’Entité. Et pourtant,  leur histoire est aussi intéressante à plus d’un titre. Que disent les historiens locaux à propos de Ville-sur-Haine ?

Ils sont tous d’accord pour nous signaler que Ville-sur-Haine est l’un des plus anciens villages des environs du Roeulx. De nombreuses preuves en attestent. Les traces de l’existence de l’homme remontent à l’époque paléolithique. Des fragments de haches polies ont été recueillis sur les champs près de la rue des Enhauts.

En 1880, on découvrit dans le jardin du château Monoyer une énorme pierre : sans doute un menhir (en venant du Roeulx, au début du village : côté droit, une grosse maison bourgeoise). Selon certains historiens, Madame Monoyer était disposée à faire don à l’Etat de la partie du terrain nécessaire pour la présentation du monument historique. En 1864, l’archéologue de Munck suggéra le redressement du menhir au Ministre de l’Intérieur. Des années plus tard, le ministre Burlet écrivit : «Des mesures seront prises pour que ce monument devienne la propriété de l’Etat et pour que sa conservation soit assurée.» Aucune suite ne fut donnée. Madame Monoyer fit clôturer sa propriété tout en veillant bien à ce que les maçons prennent toutes les précautions nécessaires pour qu’au cours de la construction du mur d’enceinte, le monument ne subisse aucune détérioration.

Fin du XIXe siècle lors de la construction du canal du Centre, des terrassiers ont déterré deux urnes et des pièces de monnaie de l’époque romaine. Les historiens sont unanimes pour nous apprendre qu’une villa belgo-romaine de plus ou moins d’importance a été érigée au troisième siècle. La villa comprenait une maison de plaisance où résidait le maître, puis une exploitation agricole accompagnée d’ateliers pour tous les corps de métiers. De cette villa, probablement située au bord de la Haine, il ne reste pas la moindre trace; seul le nom de la localité née de ses ruines, en rappelle le lointain souvenir.

Longtemps, l’agriculture a fait la richesse de Ville-sur-Haine, puis sont venus s’ajouter les fours à chaux pour la cuisson de la roche crétacée qui affleure à plus d’un endroit. On fit au lieu-dit «La Brulotte» des travaux pour la recherche du charbon de terre vers 1835 – 1840. Une sucrerie a été mise en activité vers 1870 et une cimenterie en 1885. Ces industries tinrent plus ou moins deux décennies et furent remplacées par une gobeleterie en 1908. En 1930, cette industrie occupait environ 250 ouvriers et ouvrières et 15 employés. Après la deuxième guerre mondiale, la verrerie connut un développement et une prospérité croissante pour acquérir une bonne situation sur le marché belge et européen. Dans les années 60, la verrerie d’Havré-Ville occupait 500 ouvriers. L’attirance des industries vers Ville-sur-Haine provenait sans aucun doute de la présence du canal et du chemin de fer. ( La gare d’ «Havré-Ville» fut inaugurée en 1851.)

En 1913, les fondations de la Centrale électrique sortirent de terre. Grâce à toutes ces activités industrielles, les maisons se multiplièrent et le commerce local fut florissant.

Aujourd’hui, on peut dire que Ville-sur-Haine est un village calme ne comptant plus d’industries mais garde une grande fierté des quelques monuments qui rappellent une partie de l’histoire locale.

Prochainement, je sélectionnerai quelques monuments incontournables avec leur histoire.

Patrick Renaux

Documents consultés : «Royaume de Belgique Le Centre» (édité par la Chambre de Commerce et d’Industrie du Centre 1930 ),
«Le Roeulx» (édité par le Syndicat d’Initiative 1980), «Ville-sur-Haine, village plus que millénaire» (de Max Flament).

Dessin de l’artiste louviérois Fernand Liénaux

Un air de banqueroute au Roeulx…

En cette période, on prend de bonnes résolutions pour l’année. On projette… on offre des cadeaux… on donne des dringuelles aux plus jeunes. Après la tournée des bons voeux, on additionne les petits sous des enfants et on les apporte à la banque. Oui, mais quelle banque ?

Dans le temps, on avait le choix au Roeulx. La rue Emile Vandervelde regorgeait de banques : La Société Générale, Le Crédit Communal (devenu Belfius), Axa, Le Crédit Agricole (devenu Crelan), Le Crédit à l’Industrie (S.N.C.I.). Face à cette rue, à la place du Château, je peux encore citer : La B.B. (Banque de Bruxelles) ensuite appelée B.B.L. (fusion avec la Banque Lambert) pour devenir aujourd’hui ING (Internationale Nederlandse Group). I.N.G. a déménagé dernièrement ses bureaux à la chaussée d’Houdeng. Sur la place communale, une agence C.G.E.R. s’était installée dans les années 80.

Au début de ma carrière d’instituteur, comme tous mes collègues, je récoltais chaque semaine les petites économies des enfants dont les parents voulaient constituer un petit bas de laine pour leur enfant. En plus de mon travail d’enseignant, je devenais pendant quelques minutes banquier pour La Caisse d’Epargne. L’argent devait couler à flot au Roeulx pour avoir autant de banques!

En 2022, comme les bistrots, les banques se font rares! Grâce à l’épouse de Max Livin, banquier à la S.N.C.I. , je peux remonter le temps…

En 1971, le Crédit à l’Industrie achète le magasin “Lion Delhaize” situé au coin de la place de la Chapelle et de la rue Emile Vandervelde. Max et sa famille sont venus demeurer au Roeulx, le 30 août 1972. Max Livin a débuté comme indépendant et seul. Il était chargé de créer une nouvelle clientèle. Il lui était demandé à cette époque de récolter de l’argent sous forme de bons de caisse et en livret de dépôts pour la C.G.E.R.

Dans les années 80, une agence C.G.E.R. est venue s’installer. Max ne pouvait plus travailler pour la C.G.E.R.. Il a dû cravacher pour récupérer une clientèle qui risquait de le quitter pour cette nouvelle agence.

En 1990, Corinne ( sa fille) est venue travailler à 3 / 4 temps jusqu’au premier décembre 1996. C’est aussi au début des années 90 que la plupart des banques étaient équipées d’ordinateurs.

Mais avant l’ordi comment cela se passait-il dans les bureaux ? Gérard Tranoit nous raconte… En 1980, j’ai intégré l’agence B.B.L. place du Château au Roeulx. Nous étions 4 à y travailler : le gérant, un démarcheur et 2 caissiers. Nous étions enfermés dans un espace en verre entouré de vitres “anti-balles” (sécurité oblige). Dès le matin, avant l’ouverture, nous devions classer les extraits de compte des clients, lire et classer les notes instructives, répartir les fonds dans les compartiments sécurisés et essayer l’alarme sonore. Toutes les opérations étaient manuellement inscrites sur un chiffrier “Francs Belges” et un chiffrier “Monnaies Etrangères”. Le calcul de la conversion des devises en F.B. se faisait au moyen d’une calculatrice appelée “moulin” parce qu’elle fonctionnait avec l’aide d’une manivelle et de plusieurs curseurs. A l’ouverture de l’agence (9 heures), les clients venaient faire leurs opérations. Nous devions privilégier certains produits : notamment les placements et les cartes Bankomat (précurseur du Bancontact). A la fermeture de la banque (16h00), nous devions convertir les opérations en devises, en francs belges, incorporer dans les chiffriers F.B., calculer les débits et crédits, relever les encaisses différentes en espérant que tout allait tomber juste… Il fallait ensuite tout remettre en sécurité dans la salle des coffres…

A cette époque, les liens entre clients et banquiers étaient fréquents, forts et presqu’intimes … Actuellement, les relations se font entre clients et machines. Les files se forment auprès des distributeurs de billets qui deviendront de plus en plus rares… La carte bancaire a remplacé le gros portefeuille… L’évolution est là! Il faut la suivre. Mais cela ne fait pas que des heureux!

                                                                                   Patrick Renaux

Mais où est donc passée l’abbaye St Feuillien ?

Dans le parc du château, tout simplement.

Malheureusement, il n’en reste rien. Quelques vestiges sous une folle végétation témoignent de l’existence de l’abbaye. Certaines constructions ont été érigées à l’emplacement même de tout un ensemble utile à la vie quotidienne des moines.

Dans mon article précédent, je vous rappelais qu’une chapelle avait été construite à l’endroit où avaient été exécutés Feuillien et ses compagnons de voyage. Pendant plusieurs siècles, la chapelle fut démolie et reconstruite jusqu’au jour où…début du XII ème siècle, les jeunes religieux fossois manifestèrent leur intention de renouer avec les traditions des premiers chrétiens. Une grande majorité de leurs confrères s’y opposait farouchement. Pour mettre fin à cette tension, l’assemblée du chapitre décida de détacher les chanoines progressistes dans un de leurs domaines, à l’endroit même où Feuillien avait subi son martyre.

La date officielle de la fondation de l’abbaye est 1125. C’était une communauté de Prémontrés. Cela signifie que les religieux devaient se soumettre à des règles strictes. Elle imposait non seulement le respect de la vie en commun et de la pauvreté individuelle mais également le travail manuel ainsi que leur participation assidue aux chants et aux offices de jour comme de nuit. À cela s’ajoutaient un jeune sévère, une abstinence complète de viande et le silence perpétuel. L’abbaye fut durant près de sept siècles, en plus d’un lieu de spiritualité, le poumon économique et culturel de la région.

Ces deux dernières décennies, les liens ancestraux entre Fosses-la-Ville et Le Roeulx ont été réanimés par les deux confréries. En effet, les confréries St Feuillien de Fosses et du Roeulx entretiennent des contacts réguliers notamment lors de leur grand chapitre mais aussi dans des démarches et recherches historiques. Les confrères historiens fossois et rhodiens élaborent des conférences qui cimentent les deux communautés défendant leur patrimoine local. En évoquant la confrérie St Feuillien du Roeulx, c’est pour moi l’occasion de vous apprendre ou rappeler qu’elle vient de fêter ses 30 ans d’existence. La date officielle de la formation de la confrérie est le 19 octobre 1991. A cette date, 14 amis : Benoît Friart, Robert Buchet, Jean Burrion,Emmanuel Delhove, Guy Delrée, Jules Desmarets, Claude Duray, François Goret, Bernard Haenecour, Albert Landercy, Henri Lecomte, Joseph Marlier, Jacques Savoie et Jacques Semenowski lurent la charte devant un public curieux et conquis. En voici le texte :

« …Nous soussignés (noms des confrères)
Tous ayant le privilège de demeurer en la bonne ville du Roeulx
Tous souhaitant développer les liens d’amitié entre Rhodiens
Tous garants des vénérables traditions de notre cité
Tous chantres des bières de l’abbaye St Feuillien
en et hors les murs de la ville du Roeulx
PROCLAMONS
la constitution de la confrérie St Feuillien
et professsons tous
d’en être les fidèles et loyaux serviteurs
Ci-acté près le brassin de St Feuillien.»

Après cette lecture, je vous permets de vous désaltérer en pensant à notre bon saint !

Patrick Renaux

La Ville du Roeulx sous un autre regard…

A quelques enjambées des Journées du Patrimoine, je me permets de vous rappeler quelques éléments de l’histoire de la ville du Roeulx. Beaucoup de passionnés d’histoire locale ont publié le fruit de leurs lectures, recherches, commentaires… Peut-être, en avez-vous chez vous ? En ce qui me concerne, je possède également quelques publications du Syndicat d’Initiative et notamment un triptyque daté de 1966 intitulé « LE ROEULX berceau du Hainaut ». On y découvre en quelques lignes : les origines de la Ville du Roeulx, « Le château des Princes de Croÿ-Roeulx, un des joyaux du Hainaut » et « L’Hôpital Saint-Jacques ». La dernière face du feuillet indique les manifestations organisées en 1966. Si, aujourd’hui, les grilles du château ne sont ouvertes qu’occasionnellement, je peux vous affirmer que ce n’était pas le cas dans les années 60 (en référence à mon vécu). Le parc était ouvert gratuitement à la population rhodienne. Seule, la visite du château était payante. Bien entendu, les non-Rhodiens devaient payer la visite du parc et du château.

Des manifestations étaient organisées régulièrement dans le domaine de la famille de Croÿ.

Grâce à ce fascicule daté de 1966, on apprend que, dans le courant du mois de juin, a eu lieu la proclamation du «3ème Concours International des Roses Nouvelles » au château du Roeulx. Le 3 et le 10 juillet se sont déroulés, au parc du château, deux concerts du « Festival de Musique Populaire ». Les 13, 20, 27 août et le 3 septembre, au « Château des Princes de Croÿ-Roeulx », un spectacle « Vision, Lumière et Son » avait fait merveille. Le spectacle se déroulait devant et dans le château (le public se tenait sur la grande pelouse de forme ovale devant le château). Ce fut un réel succès. Grâce aux relations professionnelles qu’entretenaient Henri et Thérèse Duray et à la bonne volonté des Rhodiens… d’autres dates ont dû être ajoutées au calendrier initial. Ce spectacle avait un caractère historique rappelant les faits marquants du site.

Mais revenons au contenu de la deuxième face de ce triptyque touristique : « Les origines de la Ville du Roeulx…paraissent s’identifier avec celles d’un monastère fondé au coeur d’une vaste forêt à l’endroit où, légendairement, à tout le moins, saint Feuillien fut martyrisé avec trois de ses disciples… ».

Faisons de plus amples connaissances avec saint Feuillien. Selon les historiens, Feuillien est né en Irlande dans le comté de Galway sur l’île d’Inchiquin. Feuillien avait deux frères : Fursy, l’aîné et Ultain, le plus jeune des trois. Devenus moines, les trois frères s’exilèrent en Angleterre où ils fondèrent un monastère à Burgh Castle. Quelques années plus tard, Fursy se rendit sur le continent et construisit un monastère à Lagny-sur-Marne (à l’Est de Paris, à proximité de Meaux). Une bonne année après la mort de Fursy, Feuillien et Ultain accompagnés de moines irlandais s’agenouillèrent sur la tombe de leur frère aîné à Péronne (sur la Somme). Par la suite, ils se rendirent à Nivelles où ils furent accueillis par sainte Gertrude et sa mère, sainte Itte. Celle-ci fit don à Feuillien et ses compagnons d’un domaine sur lequel ils construisirent un monastère et se consacrèrent à l’évangélisation des habitants de Fosses. En 655, Feuillien fut assassiné par des brigands. Sainte Gertrude fit effectuer des recherches et on retrouva le corps de saint Feuillien au Roeulx. Il fut ramené dans un premier temps à Nivelles et ensuite à Fosses où il fut inhumé. Certains historiens prétendent que saint Feuillien et ses compagnons périrent après avoir récité les matines le jour de la saint Quentin, ce qui signifie qu’ils ont été exécutés le 31 octobre 655. Une chapelle fut construite sur le lieu où moururent Feuillien et ses compagnons. Elle fut détruite à la révolution française et se situait au milieu du grand vivier de l’abbaye, c’est-à-dire dans le parc du château du Roeulx. Une légende raconte qu’une source aurait jailli à l’endroit où l’on releva la tête de saint Feuillien, séparée du tronc par ses meurtriers.

Sur cette fin macabre, je vous promets, chers lecteurs, de vous faire découvrir dans le prochain bulletin communal, de nouveaux documents qui ont permis de mieux connaître notre bonne ville du Roeulx à travers le Hainaut, mais aussi à travers toute la Belgique.

Patrick Renaux

Les échos de l’étang du Perléco à Gottignies…

De nombreux plans d’eau empreints de calme et de beauté rehaussent le décor de notre belle entité. Que ce soit au centre-ville avec les étangs du Bois de la Haye ou aux confins de notre entité avec la présence du canal à Ville-sur-Haine et Thieu, les plans d’eau attirent non seulement les pêcheurs mais aussi les amoureux de la nature.

En pleine campagne gottignarde, l’étang du Perléco fait l’objet d’une particularité historique complémentaire. En effet, après plusieurs travaux d’aménagements (étang et ferme ), on a découvert des traces d’une boulangerie et d’une forge. Un système de drainage des terres autour de l’étang permet également de penser à la présence d’une communauté ayant vécu, il y a plusieurs siècles, à cet endroit.

Mais revenons plus à l’actualité puisque la société Perléco Compétition créée en 1980 par Robert Sirlereau, Armand Delrée et Armand Duveillez aurait dû fêter ses 40 ans d’existence l’année dernière. L’école de pêche créée par Roger Van Bockstal aurait dû fêter sans covid ses 30 ans d’existence en 2020. Sur toutes ces années, plus de trente mille enfants ont fréquenté des stages de pêche. Ceux-ci concernent des jeunes de 6 à 18 ans (garçons et filles) et, depuis 1992 ces stages accueillent, avec adaptations, des handicapés mentaux et physiques.

Cette année du 23 au 27 août, les cours seront axés comme d’habitude sur les différentes techniques de pêche en eau douce mais également sur la découverte et la connaissance du milieu historique, géographique et aquatique du lieu. Le programme théorique vise l’étude du matériel, le comportement du poisson et son identification. C’est lors du stage de perfectionnement que les pêcheurs de compétition interviennent véritablement et initient les jeunes aux différentes formes de pêche afin de parfaire les connaissances techniques des stagiaires : pêche au coup, pêche à la carpe, pêche à la truite, pêche aux carnassiers…

Le dimanche 29 août aura lieu un concours de pêche en collaboration avec le « Lion’s Club – Le Roeulx » et sous l’égide de la Fédération Royale des Sociétés de Pêche et Pisciculture du Centre ainsi que « Hainaut Sports ». Bon amusement et venez encourager tous les acteurs de cette belle journée.

Pour tout renseignement, vous pouvez contacter Roger Van Bockstal en téléphonant au 0476 / 98 53 19.

Patrick Renaux

Tous animés grâce aux Thirifous…

Thirifous, un nom sympa qui vient de deux mots : « Thier » ancien nom indiquant un des villages formant notre belle entité et fou(s) : pas besoin de l’expliquer puisqu’on l’est un peu tous à nos heures ! Cette fusion de mots est l’invention pure et simple de Marcel Kulawik. Un peu fou le Thiérois !

Cadrons le personnage pour bien comprendre l’origine des Thirifous

Après avoir suivi une formation en photographie, débutant dans la profession, Marcel Kulawik a installé son studio dans la première pièce de la maison du docteur Busellato juste en face du Delhaize actuel. Plus tard, il a repris une partie du commerce des Simon se situant à proximité de son studio. Bonbonnes de gaz, électroménager, tiercé… et photos, Marcel a vendu un peu de tout. Bien connu des gens du village, il a eu l’occasion de rencontrer de belles personnes, comme on dit.

Attirée par le plaisir du commerce, la fille de Marcel a choisi la gérance du « Café du Monument » (actuellement la boulangerie Pain di Djou). En soirée, Marcel venait donner un peu d’aide à sa fille et assurait la fermeture de l’établissement. Qui dit bistrot, dit participation aux fêtes du village. C’est ainsi que Marcel et sa fille ont vécu des heures inoubliables lors des carnavals de Thieu.

Les jeunes du village étaient fidèles aux festivités organisées à cette époque. C’est ainsi qu’une année, lors d’une sortie carnavalesque, les jeunes se sont rassemblés derrière la société de gilles, déguisés à leur façon en mettant une ambiance digne des plus grands carnavals. Durant 3 ans, ce groupe de jeunes qui avait atteint une bonne centaine d’adeptes, avait sa propre musique et était indépendante des autres sociétés qui formaient le cortège. Sans hiérarchie, sans règlement, ce groupe s’est rapidement disloqué en laissant un fond de caisse assez important.

Un des jeunes, responsable des finances, Alberto Ferreti, proposa alors à Marcel de former une nouvelle société qui aurait son local au Café du Monument. Patients, les deux compères en parcourant les activités organisées autour du carnaval, remarquèrent l’exposition et la vente de légumes des aînés du village. Pour attirer la population vers le concours et le marché de légumes, Marcel et Alberto trouvèrent l’idée de construire des maisonnettes, chalets en bois qui protègeraient des intempéries, la marchandise mais aussi les aînés. L’argent des jeunes avaient trouvé une utilité publique : les maisonnettes-chalets…

Les chalets mis à toutes les sauces …

Pendant la première moitié de l’année 1988, Marcel et Alberto, avec de nombreux sympathisants, ont façonné 14 chalets dans le Café du Monument. Ils étaient fin prêts pour la kermesse de septembre. Après ce cuisant succès, la plupart de ces gens pouvaient former une nouvelle société : « Les Thirifous ».

Avec ce nouvel outil, les Thirifous se sont sentis pousser des ailes en organisant de nouvelles activités : courses cyclistes, joggings, voyages, concours de cartes, jeux de kermesse, bals, concours de dessins pour enfants et bien sûr les marchés de Noël et les courses de caisses à savon… Le succès des chalets ne se fit pas attendre. C’est ainsi que les maisonnettes furent louées ou prêtées un peu partout : au port de plaisance à Thieu, Houdeng, Braine-le-Comte, Cuesmes, Merbes-le-Château…

Aujourd’hui, avec le temps, le groupe des Thirifous s’est étiolé, mais Marcel et quelques amis sont toujours là notamment pour le marché de Noël. Même si la commune de Thieu a subi de mauvais traitements avec l’arrivée du nouveau canal, les Thiérois ont fait de leur mieux pour garder, à leur manière, un accueil chaleureux et des festivités pour toute la population. Avec les ascenseurs, le canal, la réserve naturelle, la salle de sports, la bibliothèque…, le village de Thieu est devenu incontournable dans notre Entité.

Patrick Renaux

 

 

Une quarantaine bien entamée pour les Paysans du Roeulx !

Cette année, la société des Paysans du Roeulx fêtera ses 45 ans d’existence ! Un fameux bail né d’une situation particulière ! En effet, le premier crû de la société des Paysans provient d’une équipe de basketteurs voyant leur club progressivement disparaître.

Eh oui, il y a eu un club de basket au Roeulx dans les années 70… Les rencontres se déroulaient sur le parking de la place de la Chapelle le dimanche avant-midi. Le local des sportifs était situé en alternance à La Grimaudière et à l’Auberge St-Feuillien (actuellement centre médical, juste à côté de la Grimaudière). Le club de basket n’a pas disparu faute de membres mais bien à cause du manque d’infrastructures nécessaires : vestiaires, terrain en plein air, etc. Les jeunes basketteurs préféraient jouer dans des clubs qui évoluaient dans une salle comprenant tout le confort.

En octobre 1976, Freddy (gérant de La Grimaudière) et Annie (gérante de l’Auberge St-Feuillien) ainsi que Marc Moreau se réunissent et décident de créer un groupe folklorique qui s’appellera : « Les Paysans du Rû ». Sous l’influence de Freddy, une assemblée générale s’est tenue dans son établissement. Ont été convoqués la plupart des « anciens » du basket. A l’issue de cette réunion, un comité a été élu et approuvé. Il est composé de Frumence Hallemans (Freddy), Annie De Vrée, Benoît Friart (notre bourgmestre actuel), Willy Kiekens et Marc Moreau. Enthousiastes, les premiers inscrits furent messieurs Friart, Caulier, Overlot, Mahieu, Deblander, Godefroit Alain et Jean-Philippe, Chavepeyer, Kiekens,Becker, Sirtoli, Wasmes, Colinet, Carton de Wiart, Duray. Aux soumonces, beaucoup de jeunes suivaient le groupe et c’est ainsi qu’est né un petit groupe de dames composé de mesdemoiselles Godefroit et Carton de Wiart, mesdames Colinet, Duray, Biset et Overlot…

Pour financer ce nouveau groupe folklorique, les Paysans ont mis sur pied plusieurs activités comme des concours de belote et des tombolas. Les années suivantes, de nouvelles idées comme les cartes de soutien, la vente de pin’s, bics, autocollants, porte-clés, permirent d’alourdir le fond de caisse. Vinrent plus tard l’organisation de soupers et la création d’un livret publicitaire. Grâce aux subsides de la ville et les dons de certains cafés, les Paysans ont pu déambuler en soumonces et participer à leur premier carnaval en 1977. Pour commencer, 17 paysans et 10 demoiselles / dames ont animé les artères de la cité princière. Le groupe des demoiselles et dames s’est vite estompé. Au fil des ans, le nombre de paysans a augmenté.

De 1990 à 1993 la société comptait une trentaine de membres. Ces dernières années, le nombre de paysans est monté en flèche… On recensait 57 membres en 2017, 66 en 2018 et 75 en 2019. Sur 45 années d’existence, quatre présidents se sont succédé : Benoît Friart, Alain Godefroit, Edouard Tournay et Dominique Parot. Le comité s’est étoffé et compte aujourd’hui 12 paysans. Avec les années, seul un homme occupe le même poste depuis la création de la société : Marc Moreau. Depuis la naissance de ce beau groupe, Marc assure le secrétariat. Marc se souvient de la tournée des cafés en soumonces et au carnaval : La Grimaudière, l’Auberge St-Feuillien, le Commerce (Berthe), les Amis Réunis (bâtiment formant l’angle de la chaussée de Mons et la rue de la Renardise), la Taverne du XVIII ème siècle, le 421 (devenu Le Renouveau et ensuite le café de l’Hôtel de Ville, aujourd’hui boulangerie), le Patria, le café du Faubourg ( bâtiment formant l’angle de l’avenue du Peuple et la rue de la Station), la Toison d’Or (place du Château, face à la boucherie), le café de Françoise Malbrecq (rue Paul Janson) et le 44 rue E. Vandervelde.

Avec la disparition progressive des cafés, les arrêts ne se font plus qu’à la Grimaudière, la Taverne du XVIII ème siècle, Patria et le local du Patro.

Dans le temps… les Paysans notaient dans leur calendrier : une répétition de batteries de 19 à 24h00, deux soumonces de 15 à 24h00, le carnaval, le brûlage des bosses le lundi et le raclot le mardi. Depuis quelques années, le mardi midi, les paysans organisent entre eux un repas au local. Deux rendez-vous importants viennent rythmer leurs déplacements : le dimanche, une réception au Home St Jacques avec une remise de médailles aux « anciens » du groupe par les autorités communales et le lundi en fin d’après-midi : réception à la brasserie Friart.

Espérons que l’année 2021 permettra de nous retrouver fin juin autour de toutes les sociétés folkloriques de notre ville en martelant le pavé sous un soleil réchauffant nos coeurs.

Patrick Renaux

Je tiens à remercier particulièrement Marc Moreau pour son aide précieuse investie dans la rédaction de ce texte.

En nos murs, LE PATROnage paisiblement depuis un bon siècle…

Article paru dans le Bulletin communal de novembre-décembre 2020

Selon la définition partielle retenue par l’encyclopédie Larousse en 10 volumes (juillet 1963), le patronage est une « organisation destinée à veiller sur la moralité de l’enfance et de la jeunesse, en accueillant les jours de congé ou de loisirs, les élèves des écoles ou les jeunes gens, pour leur procurer de saines distractions… C’est tout naturellement dans le cadre de la paroisse et autour de l’Église que se sont constitués les premiers patronages. »

En Belgique, c’est en 1850 à Gand, que l’on recense le premier patronage. Très rapidement, dans les grandes villes, on voit fleurir ce mouvement de jeunesse qui devient une institution indispensable et un complément nécessaire de l’école et du catéchisme paroissial. En 1897, on compte en Belgique 513 patronages de garçons et 344 de filles. En 1931, le sigle FNP (Fédération Nationale des Patros) est créé. De même, le Patronage perd son vocable pour ne plus s’appeler que Patro. En 1946, la reconnaissance physique des patronnés se remarque par l’usage d’un uniforme : chemise, cravate et calot.
En avril 1950, la Fédération Nationale des Patros prend ses quartiers à Gilly. En juillet 1962, 2 300 patronnées (dont un groupe du Roeulx) rencontrent le pape Jean XXIII à Rome. Ce n’est qu’en 1965 que l’on donne des noms aux différentes tranches d’âge : les Benjamins et les Benjamines (6 – 9 ans), les Chevaliers et Etincelles (9 – 12 ans), les Conquérants et Alpines (12 – 15 ans) et les Grands et Grandes (plus de 15 ans). Voilà les toutes grandes lignes (subjectives) de l’histoire de cette institution au niveau national.

Haut de G à D : P. Pestiau, C. Pary, M.-C Scauflaire, L. Carton de Wiart, M.-G. Tesain, C; Illemans, J. Van Wayemberghe, M.-C. Bouhière
Accroupies : M.-L. Marlier, J. Wégria, N. Oger, G. Carton de Wiart, C. Vandenbrande, C. Lebacq, M.-P. Wauthier, L. Vanderbeecken, G. Agostinelli, V. Tosti, F. Dubois, P. Tosti

Cela fera bientôt 70 ans (sans interruption) que le patro évolue dans notre Cité princière… Pas mal pour un mouvement de jeunes ! Au Roeulx, il y eut déjà dans les années 1920 un patronage animé et dirigé par monsieur Léon Bienfait, Vicaire. Les réunions se tenaient au Cercle catholique Patria, actuellement le Centre culturel Joseph Faucon. Les activités connurent de nombreux arrêts et reprises jusqu’à l’arrivée de l’Abbé Louis Delatte en 1951. Encouragé par le doyen Blampain, le Vicaire Delatte relance le patronage. Par beau temps, la cour de l’école de l’Ange Gardien ou le bois de St Joseph seront les lieux de rassemblement. Les jours de pluie, ils pourront disposer de la bibliothèque ou de la grande salle (à l’étage) du Cercle Patria. En 1953-54, les patronnés sont de plus en plus nombreux. Il n’y a pas de dirigeants à proprement parler : les plus âgés ont de 13
à 15 ans et sont «chefs d’équipe». Le grand patron et aumônier est le Vicaire, toujours sur la brèche. Courant d’un local à l’autre, il décide de s’en approprier un. Il fait l’acquisition d’un ancien baraquement se trouvant dans les charbonnages de Maurage, baraquement ayant servi à héberger des prisonniers (guerre 40 – 45) et ensuite comme cantine aux premiers Italiens arrivés dans les charbonnages. Ainsi aidé par des professionnels du bâtiment, des dirigeants et de nombreux bénévoles, il décide d’installer son local au fond de la cour du Cercle catholique (là où se situe le nouveau local des scouts).
En 1955, Louis Delatte envisage un premier camp (pour garçons) à Franc – Waret. Le curé est son cousin et connaît le régisseur du château qui accepte d’en prêter les dépendances. Trois années de suite, les 20 à 30 jeunes rhodiens ont gambadé dans les bois et les prés de ce petit village qui comptait à cette époque 200 habitants.

Debout de G à D : Jacqueline Wégria et Marie-Louise Marlier
Assises de G à D : Nicole Oger, Colette Thys et Colette Vandenbrande

Vu le succès grandissant du patro, le successeur du vicaire Delatte, Albert Baert, fit de ses pieds et de ses mains pour obtenir de nouveaux locaux. Il obtint un maximum de bâtiments réhabilitables ayant fait les beaux jours des anciennes usines Sadur (anciens ateliers du Roeulx) près de l’ancienne gare du Roeulx du même côté que « le tennis du Roeulx », là où se situent de nombreux entrepôts. Pour établir un terrain de football entouré d’une piste d’athlétisme, le Vicaire Baert (avait-on dit à cette époque) avait détourné un bulldozer et d’autres engins qui travaillaient sur l’autoroute… Pour réaliser tout cet ensemble, locaux et terrains de jeux, de nombreux parents, fermiers, dirigeant(e)s et sympathisant(e)s ont collaboré d’une manière exceptionnelle au projet de cet inoubliable Vicaire Baert. En avril 1968 eut lieu l’inauguration des nouvelles installations du patro du Roeulx. Pour ce rendez-vous exceptionnel, un grand tournoi sportif fut organisé. Les patros de La Louvière, Houdeng-Aimeries, Jolimont, Morlanwelz, Carnières, Soignies, Strépy et Bois-du-Luc étaient présents à cette manifestation. Plus de 600 garçons et filles entourés d’adultes ont circulé sur ce qu’on peut appeler le plateau de la gare et des anciennes usines Sadur. Volley-ball, basketball, football, cross … furent organisés tout azimut et un lâcher de 800 ballonnets émerveilla toute l’assemblée réunie autour du terrain de football. De nombreux événements marqueront par la suite la vie de notre patro.
Mais je réserve cela pour un prochain numéro. Et comme dit le chant fédéral : « Dans nos patros, goûtons la pure ivresse des plaisirs sains et des ébats joyeux, que l’amitié toujours règne en maîtresse, la charité sera loi dans nos jeux. »

Patrick Renaux

 

Suite de l’article, paru dans le Bulletin communal de janvier-février 2021

« En nos murs, le PATROnage paisiblement depuis un siècle… »

Départ en camp

Que de changements avec l’évolution du patro…

Les gros soucis hebdomadaires des animateurs du patro ont toujours été : les locaux et les endroits en pleine nature pour les jeux.
Pendant de nombreuses années, le bois de St Joseph, la cour de Patria (actuel Centre culturel) et la cour de l’école de l’Ange Gardien ont gardé la cote. Depuis que l’on peut marcher sur les pelouses du Square Léon Mabille, de nombreuses activités sont réalisées « au centre-ville ». Au niveau des locaux, les animateurs ont toujours eu de l’assistance des bonnes âmes de la cité princière. C’est ainsi qu’à différentes époques, les enfants ont pu profiter par mauvais temps du grenier du home St Jacques (exclusivement pour les filles… c’était du temps des soeurs !), des locaux de Patria, des bâtiments près de l’ancienne gare du Roeulx, du « café de la poste » en haut de l’avenue du Roi Albert (bâtiment en face du marchand de vélos) et du bâtiment appelé « chalet du tram Roeulx-Casteau » à la chaussée de Mons (parking du Spar, côté gauche en façade).

Un tout gros investissement financier et humain pour le local de la place communale…

Un bâtiment au centre du Roeulx avec parking… Peu de patros peuvent se vanter d’un tel achat ! Faut pas rêver ! Mais au Roeulx, tout est (presque) possible ! De nombreuses réunions eurent lieu avec des parents, des animateurs adultes, des spécialistes : Joseph Marlier (clerc de notaire) et du Vicaire Deckers. Avec de la bonne volonté, du courage, de la persévérance et de la patience, on peut se surpasser…

Avant l’achat du futur local, un appel aux dons avait été lancé à travers toutes les chaumières de la cité princière. 70 000 francs furent récoltés. Avec tous les fonds de caisses réunis, cela ne fut pas suffisant. Mais grâce à une personne généreuse du Roeulx, le patro a pu bénéficier d’un prêt de 500 000 francs sans intérêt et sans échéance de remboursements. Solidarité et foi envers la jeunesse rhodienne, quelle belle politique au sens noble du terme ! L’acte d’achat fut signé en l’Étude du notaire Gheens le 16 novembre 1983.

L’achat du bâtiment de la place communale a permis aux responsables de voir l’avenir plus sereinement. Après l’acquisition du local, les membres de l’ASBL PATRO décidèrent de récolter des fonds pour arranger et décorer les différentes pièces attribuées à chaque section. C’est ainsi que des ramassages de papier à travers la ville furent organisés. Dirigeants, parents, amis et anciens du patro se succédèrent à cette initiative bénéfique pour tout le monde. Cette activité lucrative prit fin le 28 mai 1988 pour un total de 330 tonnes !

Ce n’est pas tout… Le 6 août 1988, sous l’impulsion de Guy Marin, le premier bal aux lampions prit naissance sur le plateau de la gare. Encouragés par les aînés de la ville qui venaient prendre un (ou plusieurs…) verre(s) en début de soirée avant que la musique ne devienne trop puissante, les bénévoles de cette grande première décidèrent de renouveler cela tous les ans. Chaque année, le nombre de visiteurs augmentait. Le bal aux lampions était devenu incontournable.

Le patro est toujours bien présent dans différentes activités ouvertes au grand public : soupers, Marché de Noël, carnaval, marche ADEPS…

Souhaitons à ce mouvement de jeunesse encore de nombreuses années d’existence, en regard d’un passé glorieux !

Je tiens à remercier Malou (Marie-Louise Marlier), Guy Marin, Benoît Hautenauve qui m’ont aidé à l’élaboration de cette « petite histoire » du patro du Roeulx.

Patrick Renaux