À la découverte de nos villages formant notre belle entité : Thieu

L’origine du nom

Dans des documents officiels, les historiens voient sous différentes écritures la désignation de Thieu : Tyer en 1119 dans une charte pour l’abbaye de St Denis, Thyer en 1165 dans une chronique de Bonne-Espérance, Thier en 1305 dans un cartulaire de St Denis et en 1473 Thieu dans un cartulaire des Paieries du Hainaut. Thier signifie en son temps colline, éminence. C’est ainsi que l’on peut lire : Thieu est un village niché au fond d’une vallée bordée de collines qui le protègent et lui ont donné son nom.

Une richesse du sol bien exploitée

Craie, sable et houille ont fait le bonheur des familles thiéroises. Pendant deux siècles, la houille fit la fortune de quelques-uns et procura du travail aux habitants de Thieu mais aussi à toute personne qui acceptait de travailler dans des conditions souvent difficiles. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, le charbon était exploité en surface. Fin du XIXe siècle, la Société des Mines de Bracquegnies obtint le droit de concession et racheta les parts de la Société des Charbonnages de Thieu, Ville-sur-Haine et Gottignies. En 1908, la Société des Charbonnages de Strépy-Bracquegnies creusa le puits Saint-Henri. En 1914, c’est la catastrophe pour les mines : coup d’eau dans le charbonnage. Onze personnes trouvent la mort. En même temps, on constate des dégâts en surface : maisons fissurées, affaissement des terrains… Malgré ces événements, les travaux reprirent et le charbonnage connut même un essor considérable. En 1938, 800 ouvriers y travaillaient encore. En 1958, on assista à la fermeture du puits. La dénomination des lieux nous indique la présence des richesses du sol. “Le champ des Chaufours” permet d’écrire que l’agriculture locale a exploité la marne affleurante pendant de nombreuses années pour fabriquer de la chaux servant à l’amendement des terres mais aussi à la fabrication des mortiers et le blanchiment des maisons. Le sable de la Maladrée a notamment servi à l’industrie verrière. La craie,autre richesse du sol thiérois, a bien été exploitée. En effet le 21 février 1921, la Société Anonyme des Ciments de Thieu fut fondée. Le premier four fut mis en marche en septembre 1922. La carrière de craie se situait au champ des Prés.
L’usine occupa jusqu’à 200 ouvriers et employés. La production journalière atteignit 500 tonnes. Début des années 50, la rentabilité se dégrada faute notamment aux administrateurs qui n’ont pas suivi les progrès techniques. L’usine fut alors reprise par le groupe important des Ciments d’Obourg devenu aujourd’hui Holcim. Actuellement Thieu ne compte plus d’activités au niveau de cette industrie qui a participé à sa prospérité.

Le Canal du Centre et Thieu

A la suite de nombreuses requêtes introduites par le monde économique, industriel…, le gouvernement décida la construction du Canal du Centre reliant Mons à la branche existante de Houdeng-Goegnies. Les premiers travaux commencèrent en 1882. La fin des travaux était prévue pour la fin de l’année 1914. La guerre freina l’ampleur des travaux mais l’autorité allemande comprit l’utilité du canal aussi bien pour l’industrie que pour la stratégie guerrière. En novembre 1917, les premiers bateaux faisaient la jonction entre le canal de Mons à Condé et celui de Charleroi. Après la guerre, les ascenseurs furent achevés. Le Canal du Centre connut alors une expansion maximale de trafic. Après la deuxième guerre mondiale, le réseau belge des voies navigables, durement éprouvé par quatre années de combats, dut être révisé au vu d’un ensemble de voies navigables européen. C’est ainsi que de nombreux changements furent envisagés pour atteindre la norme européenne de 1350 T. Commencée en 1963, la modernisation des voies navigables s’achève en août 2002 avec l’ouverture à la navigation de l’ascenseur funiculaire de Strépy-Thieu. Ce mois de septembre 2022, on fêtera dignement les 20 ans de cet ouvrage gigantesque connu à travers le monde. Dans le prochain bulletin communal, je vous donnerai quelques précisions à propos de ce “monument” qui a changé totalement la structure de Thieu.

(ouvrages consultés : Le Roeulx, syndicat d’initiative 1980 ; Carnets du Patrimoine, Le canal du Centre à 1350 tonnes de Michel Maigre.)

Patrick Renaux

À la découverte des villages formant notre belle Entité : Ville-sur-Haine

Du Roeulx (ville princière), on en parle beaucoup… et sans doute pas assez des villages qui forment toute l’Entité. Et pourtant,  leur histoire est aussi intéressante à plus d’un titre. Que disent les historiens locaux à propos de Ville-sur-Haine ?

Ils sont tous d’accord pour nous signaler que Ville-sur-Haine est l’un des plus anciens villages des environs du Roeulx. De nombreuses preuves en attestent. Les traces de l’existence de l’homme remontent à l’époque paléolithique. Des fragments de haches polies ont été recueillis sur les champs près de la rue des Enhauts.

En 1880, on découvrit dans le jardin du château Monoyer une énorme pierre : sans doute un menhir (en venant du Roeulx, au début du village : côté droit, une grosse maison bourgeoise). Selon certains historiens, Madame Monoyer était disposée à faire don à l’Etat de la partie du terrain nécessaire pour la présentation du monument historique. En 1864, l’archéologue de Munck suggéra le redressement du menhir au Ministre de l’Intérieur. Des années plus tard, le ministre Burlet écrivit : «Des mesures seront prises pour que ce monument devienne la propriété de l’Etat et pour que sa conservation soit assurée.» Aucune suite ne fut donnée. Madame Monoyer fit clôturer sa propriété tout en veillant bien à ce que les maçons prennent toutes les précautions nécessaires pour qu’au cours de la construction du mur d’enceinte, le monument ne subisse aucune détérioration.

Fin du XIXe siècle lors de la construction du canal du Centre, des terrassiers ont déterré deux urnes et des pièces de monnaie de l’époque romaine. Les historiens sont unanimes pour nous apprendre qu’une villa belgo-romaine de plus ou moins d’importance a été érigée au troisième siècle. La villa comprenait une maison de plaisance où résidait le maître, puis une exploitation agricole accompagnée d’ateliers pour tous les corps de métiers. De cette villa, probablement située au bord de la Haine, il ne reste pas la moindre trace; seul le nom de la localité née de ses ruines, en rappelle le lointain souvenir.

Longtemps, l’agriculture a fait la richesse de Ville-sur-Haine, puis sont venus s’ajouter les fours à chaux pour la cuisson de la roche crétacée qui affleure à plus d’un endroit. On fit au lieu-dit «La Brulotte» des travaux pour la recherche du charbon de terre vers 1835 – 1840. Une sucrerie a été mise en activité vers 1870 et une cimenterie en 1885. Ces industries tinrent plus ou moins deux décennies et furent remplacées par une gobeleterie en 1908. En 1930, cette industrie occupait environ 250 ouvriers et ouvrières et 15 employés. Après la deuxième guerre mondiale, la verrerie connut un développement et une prospérité croissante pour acquérir une bonne situation sur le marché belge et européen. Dans les années 60, la verrerie d’Havré-Ville occupait 500 ouvriers. L’attirance des industries vers Ville-sur-Haine provenait sans aucun doute de la présence du canal et du chemin de fer. ( La gare d’ «Havré-Ville» fut inaugurée en 1851.)

En 1913, les fondations de la Centrale électrique sortirent de terre. Grâce à toutes ces activités industrielles, les maisons se multiplièrent et le commerce local fut florissant.

Aujourd’hui, on peut dire que Ville-sur-Haine est un village calme ne comptant plus d’industries mais garde une grande fierté des quelques monuments qui rappellent une partie de l’histoire locale.

Prochainement, je sélectionnerai quelques monuments incontournables avec leur histoire.

Patrick Renaux

Documents consultés : «Royaume de Belgique Le Centre» (édité par la Chambre de Commerce et d’Industrie du Centre 1930 ),
«Le Roeulx» (édité par le Syndicat d’Initiative 1980), «Ville-sur-Haine, village plus que millénaire» (de Max Flament).

Dessin de l’artiste louviérois Fernand Liénaux

Thieu avec Réserve…

Illustre dans le monde entier pour ses ascenseurs et ses canaux, le village de Thieu détient encore bien d’autres trésors…

Photo Jean Leclercq

Beaucoup moins connue par le grand public, la Réserve naturelle de Thieu fait partie de ces fameux joyaux depuis de nombreuses années. Le site se trouve dans un fond de vallée, au confluent du Thiriau du Luc et de la Haine.

Début des années 60, le site de Thieu a bien failli disparaître. Des travaux de rectifications et de bétonnage des deux rives de la rivière sont entrepris pour faire cesser les inondations régulières des villages de Maurage, Boussoit, Thieu et Ville-sur-Haine. Par la suite, les terrains bordant celle-ci furent acquis par la Cimenterie d’Obourg (Holcim) pour entreposer des déchets de l’extraction du charbon. Un peu plus tard, ces déchets furent récupérés comme combustible par les cimentiers. En 1985, cette activité cessa définitivement. La cuvette ainsi formée se remplit d’une eau pure et limpide en provenance des pluies et de la nappe du sol. C’est en 1987 que la première parcelle de 12 ha posa les jalons de la Réserve naturelle de Thieu.

En quelques années, après de nombreux contacts et discussions entre le comité de gestion et les propriétaires des terrains, la Réserve naturelle de Thieu comprend aujourd’hui un peu plus de 30 ha. Située entre les agglomérations de Mons, du Roeulx et de La Louvière, la Réserve est une exception dans le paysage urbain, industriel et agricole. Pour s’en rendre compte, il suffit d’énumérer les infrastructures qui la bordent ou qui la traversent : le canal, le chemin de fer, les lignes à haute tension, les industries, les routes rapides, les quartiers peuplés, les champs cultivés… C’est la grande diversité du milieu qui explique la richesse de sa faune et de sa flore. Outre le plan d’eau, on trouve à Thieu des bouquets de saules, des berges en pentes douces ou abruptes, des prairies humides à joncs, des pelouses plus sèches sur remblais, des ronciers, une lisière forestière…

Photo Jean Leclercq

Photo Jean Leclercq

Photo Jean Leclercq

 

Photo Jean Leclercq

La Réserve naturelle « des Prés à Thî » s’inscrit dans un vaste programme initié par l’association des Réserves Naturelles et Ornithologiques de Belgique qui vise à protéger les derniers marais de la vallée de la Haine. Un comité de gestion réfléchit et trace les lignes directrices de la gestion et de la restauration des différents milieux. Une équipe de bénévoles assure le travail de terrain ainsi que de surveillance. Des groupes d’enfants et d’adolescents d’établissements scolaires de tout bord viennent travailler régulièrement à la réserve sous la surveillance de leurs professeurs. Différentes associations se sont unies dans l’organisation d’une journée de défrichage écologique à la Réserve. Le produit de l’abattage a permis concrètement à des familles en difficultés de La Louvière et de Charleroi de se chauffer durant l’hiver. Voilà des activités qui profitent à tout le monde, en prenant un bol d’air dans un cadre exceptionnel.

Si vous désirez participer aux journées de gestion, tenez-vous prêts de 9h00 à 13h00 aux dates suivantes : 21/10/2019, 18/11/2019, 16/12/2019 et le 20/01/2020. Les rendez-vous sont toujours fixés à la gare d’Havré. Pour plus d’amples renseignements, vous pouvez contacter le conservateur Mandy Marchi au 0498 543 658. Bonne promenade et bon amusement !

Patrick Renaux

Le pont du Canal à Ville-sur-Haine

ville-sur-haine-pont-canal

Nous nous situons à la hauteur du pont-levis qui enjambe le canal du Centre peu avant l’ancienne gare d’Havré-Ville. Ce cliché a vraisemblablement été pris vers 1912.

Une demi-douzaine d’années plus tard, il sera le théâtre d’un événement toujours bien ancré dans la mémoire des habitants de Ville-sur-Haine.

Ce 11 novembre 1918, les armées allemandes sont en déroute et battent en retraite vers les hauteurs du village en direction du Roeulx. En provenance d’Havré, les troupes canadiennes du 28e Bataillon d’infanterie atteignent, quant à elles, le canal et franchissent le pont-levis. Le Private George Laurence Price fait partie de ces hommes de la compagnie A.

george-lawrence-price

George Lawrence Price

L’objectif de la journée est pourtant rencontré : reprendre le village d’Havré. Il est presque onze heures. Dans quelques instants, sonnera l’armistice entre les belligérants. George Price rejoint les premières maisons du village. Dans deux minutes, tout s’arrêtera … Les combats seront finis ! Ce sera la fin des hostilités entre les armées ennemies. Quelques francs-tireurs allemands se sont allongés le long du sentier des Prés et mettent en joue ces soldats intrépides ! Price et ses camarades fouillent les habitations à la recherche de cette fichue mitrailleuse qui les a amplement « arrosés » alors qu’ils franchissaient le pont-levis. C’est alors qu’une balle tirée par l’un de ces francs-tireurs atteint notre homme à la poitrine. Il mourra quelques instants plus tard après avoir tendu une fleur en tissu à l’occupant de la maison ! Il est 10 h 58 ! Deux minutes plus tard, les soldats des deux camps se redresseront … La guerre est bien finie !  Price ne le saura jamais tout comme le fait qu’il est le dernier soldat allié de la campagne 1914-1918 à être tombé au champ d’honneur ! Et dire que ce jour-là, il sera le seul de sa compagnie à perdre la vie !

Voir aussi www.memorialprice.org

banner-site-price-tr3

Cimenterie et verrerie à Ville-sur-Haine

ville-sur-haine-cimenterie

Entamés en 1839, les travaux de construction de l’actuelle chaussée de Mons – entre Le Roeulx et la cité du Doudou en passant par Ville-sur-Haine et Havré– sont achevés en 1842. Son tracé sera cependant légèrement modifié par le creusement du canal du Centre en 1883.

En 1849, est mise en service la ligne ferroviaire entre Manage et Mons, en passant par La Louvière et Bracquegnies. Toutes ces nouvelles voies de communication incitent investisseurs et entrepreneurs à établir à la rue des Fabriques – rue qui longe la voie de chemin de fer face à l’ancienne gare “Havré-Ville” – des manufactures de tailles diverses.

C’est ainsi qu’en 1870, s’y installe une fabrique de sucre de betterave. Son activité sera toutefois éphémère puisqu’en 1883 une des premières cimenteries du Royaume voit le jour sur le site de cette sucrerie. Cette dernière ne fonctionnera également que quelques années ne pouvant concurrencer les cimenteries plus modernes.

Suite à la fermeture de la cimenterie s’installera en 1908 la société en nom collectif “Verreries Jean-Baptiste Doyen et Compagnies”. Une trentaine d’ouvriers y travaillent jour et nuit par pauses.

En 1910, une soixantaine d’ouvriers et ouvrières ainsi que cinq employés y sont occupés. La production annuelle s’élève à 3 millions de pièces.

La Première Guerre mondiale entrainera la fermeture temporaire de l’entreprise.

En 1924, une nouvelle société est constituée : “Verreries-Gobeleteries Doyen S.A.” à Havré-Ville. Elle occupe 395 ouvriers .

havre-verrerie

le-roeulx-31

En novembre 1975, la verrerie de Havré-Ville est définitivement fermée et le personnel envoyé au siège de Manage.

Voir aussi “C’était au temps où Ville-sur-Haine s’industrialisait…” aurait pu fredonner le grand Jacques

Parachutages et atterrissages forcés à Thieu en 1944

Grâce à l’aimable collaboration d’André Schaillié, originaire de Thieu, j’ai obtenu des documents écrits de Louis Dumont qui fut témoin de quelques faits de guerre en 1944. Vu la longueur et mon choix des textes, je vous livre une partie du vécu de ce  Thiérois né le 19 janvier 1929.

La Société des Charbonnages de Strépy-Bracquegnies possédait un quai de chargement le long du canal du Centre à Thieu, le  long du cul-de-sac près de la cimenterie. La population était autorisée à nettoyer les wagons « vides ». J’avais 15 ans et je revenais avec ma brouette et mon sac de charbon. Passant sur le pont de l’écluse et m’engageant dans la rue des Peupliers (disparue), je vis avec stupéfaction un parachute au-dessus de moi. Le para tomba de l’autre côté de la rue dans le potager du bureau et réfectoire de la cimenterie. Chance inouïe ! Un mètre à côté, c’était la chute le long de la pente tombant à pic vers
l’entrée de la carrière. Ayant oublié de serrer ses bottes, au choc de l’ouverture du parachute, il se retrouva en chaussettes sur la terre ferme. Joseph Paradis, chef électricien, qui occupait les lieux à cette époque lui donna une paire de vieilles savates. Un second para tomba de l’autre côté du chemin de fer entre les poteaux de haute tension. Un troisième tomba au chemin des Marlières près du calvaire Les cordes de son parachute s’étant entremêlées, il fit une mauvaise chute et resta allongé. La Croix Rouge le transporta. Poursuivant ma route, j’appris par l’intermédiaire de mon frère qu’un avion militaire avait été abattu sur la hauteur de la chapelle de Creuse. On retrouva le pilote mort dans les champs. ( Je suppose qu’il avait sauté trop tard ou que son parachute n’avait pas eu le temps de s’ouvrir. ) Nous nous rendîmes sur le lieu du crash. Nous revînmes avec des morceaux d’ailerons qui nous servirent, pendant des années, de cloisons pour notre trou au fumier.

avion p 47 thunderbolt

A l’automne 44, dans un bruit assourdissant, je vis un monomoteur aux couleurs américaines décrire une large courbe à basse altitude au-dessus de Thieu. Etrange, bizarre, aucun aérodrome n’existait ici ! Un peu plus tard, la rumeur confirma qu’un avion avait atterri au lieu dit : « La Brûlotte ». Nous nous précipitâmes et nous vîmes un chasseur américain qui avait fait un atterrissage forcé sur le ventre. L’engin s’était arrêté contre le petit talus du Chemin de l’Empereur presque sur la chaussée de
Mons. C’était un P47 Thunderbolt, ancêtre du Thuderjet en usage plus tard dans notre force aérienne. Le pilote s’était précipité vers l’habitation la plus proche habitée par Raoul Bran, un papier à la main sur lequel était écrit en plusieurs langues « Pouvez-vous me cacher… ». Il n’en était plus question, il était en territoire libéré. Le pilote s’était complètement égaré. L’armée américaine mit deux sentinelles pour garder l’épave mais on oublia de les ravitailler. Le soir, je vis la maman de Jean Barbiot leur cuire une omelette.

Patrick Renaux

Gilbert raconte l’incendie de la Maison communale de Ville-sur-Haine

Le bâtiment, érigé en 1874, comportait au centre l’administration communale, à gauche l’école des filles et à droite, celle des garçons. A l’arrière se situait l’école maternelle. En 1914, la kermesse du 3ème dimanche de septembre bat son plein. Le samedi soir, les troupes allemandes sont signalées à Thieu. Près du canal, les Anglais observent leurs mouvements. Non loin, une fusillade éclate. Le lendemain, trois villageois sont tenus responsables de l’échauffourée par les Uhlans. Tandis que l’un d’eux s’enfuit, les deux autres se voient contraints de suivre les envahisseurs jusqu’à l’Hôtel de Ville, endroit où des armes confisquées étaient entreposées. Ne trouvant pas les armes en question, les Uhlans mirent le feu au bâtiment en représailles des événements de la veille. La Maison communale sera reconstruite bien des années plus tard en 1924.

Michel et Jacqueline se souviennent de la cimenterie de Thieu

Michel et Jacqueline se remémorent les années où la cimenterie de Thieu battait son plein. Elle employait nombre de Thierrois et prospérait. Revers de la médaille, cette usine causait quelques désagréments : le bruit incessant de l’élévateur à godets puis du pont roulant, le trafic routier, les façades embouties par des camions et surtout, la poussière qui pénétrait partout y compris dans les habitations.