« Faut qu’on » en parle…

En ces quelques lignes, j’ose effleurer un nom et un prénom qui perdurent depuis 1882 dans notre entité … Joseph Faucon.

Notre Centre culturel porte ce label qui pose sans doute encore question parmi une bonne partie de la population rhodienne. Mais qui est donc ce personnage ?

Né au Roeulx le 2 août 1882, il y séjournera 5 ans avant le départ de son père, receveur d’enregistrement, pour les Ardennes. À la mort de son père en 1892, il revient habiter au Roeulx. Le diplôme d’humanités gréco-latines en poche, il se lance progressivement dans la profession d’agent d’assurances, d’expert-comptable et d’administrateur de sociétés. Dans les années 20, il se tourne vers la littérature dialectale et publie son premier recueil de poésies « Saquantès fleurs d’èm gardin » en 1928.

Joseph Faucon, écrivain, historien amateur, poète wallon qui aime sa terre natale, Le Roeulx, a écrit plusieurs recueils de poésies en dialecte du Roeulx et un livre délivrant des données de l’histoire locale. Avec l’aide de son petit-fils : Joseph Faucon (habitant de Gottignies), je retracerai une infime partie de sa vie axée sur l’écriture.

Dans la préface accordée au recueil : « Dins l’courti d’mes pinséyes », le docteur Nopère nous informe de l’attachement du poète à sa ville : « Soucieux de réserver à l’exaltation de sa terre natale le meilleur de lui-même, monsieur Faucon refait un pieux pèlerinage dans les sites qui ont enchanté sa jeunesse… Plein de souvenirs vivaces, le poète nous promène paisiblement dans les paysages pittoresques où il a vécu, dans ses campagnes et ses bois… »

Les poèmes que j’ai choisis sont parcellaires, traduits pour ceux qui ne connaissent pas notre langue locale pleine de saveurs, d’images parfois impossibles à transcrire en langue française.

Patrick Renaux

El Rû

Dju vos r’vwa co volti come quand dj’astoû djambot,
Bone pètite ville dou Rû, si prope, si alicante,
Têre dè mès ratayons, c’èst vous l’oupia dou Cente
Avû l’château dès princes, leû parc èt leûs grands bos.
Fin binése, dju bèrlaure pa t’t-avau vo cardjî,
Su vo Trî al bèrdjole, dins vos rues, vos ruwèles,
M’astardjant, tivozè, asto d’ène vièye capèle
Ayu-ce qu’on prîye l’Avierje pou lès djins aflidjîs…

Le Roeulx

Je vous revois encore volontiers comme quand j’étais enfant,
Bonne petite ville du Roeulx, si propre, si alerte,
Terre de mes aïeux, c’est vous le bouquet du Centre
Avec le château des princes, leur parc et leurs grands bois.
Bien content, je flâne parmi votre Cargies
Sur votre Trieu à la Bergeole, dans vos rues, vos ruelles,
M’attardant quelques fois près d’une vieille chapelle
Où l’on prie la Vierge pour les gens affligés…

A Saint Djosef’

Il avoût ‘ne flinke dè bos dou costè d’Montauban
Qu’ ît spotè Saint Djosef’, dou minme nom qu’ène capèle
Yu-ce qu’on vyoût dès bimbins su lès bras d’leus mamans,
Fé bènis’ au bon sangn’ qui ch’noût rire dins s’potèle.

Dins l’ancyin trô au sâbe pa lès ans rascouvri,
Nos f’sin’ quékfwas ‘ ne descampe al place dè fé nos d’vwârs ;
Nos djouglin’, nos gambyin’ , nos avin’ tant d’plési
D’ûser nos cus d’marone in d-alant al glichwâre.

A Saint Joseph

Il y avait un petit bois du côté de Montauban
Qui porte le nom de Saint Joseph, du même nom qu’une chapelle
Où on voyait des enfants sur les bras de leurs mamans,
Faire bénir au bon saint qui semblait rire dans sa niche.

Dans l’ancien trou au sable recouvert par les ans,
Nous faisions quelques fois une descente à la place de faire nos devoirs ;
Nous folâtrions, nous gambadions, nous avions tant de plaisir
D’user nos fonds de culotte en allant à la glissoire.

Petites histoires de gendarmerie et de police rurale…

En ces temps de confinement et de déconfinement, il faut admettre que notre police actuelle (fédérale et locale) a effectué des missions très particulières pour le bien-être de tous. Un tout grand merci pour le travail de ces hommes et de ces femmes qui ont été exposés à la COVID 19 dans des situations atypiques. C’est sans doute pour ces raisons que m’est venue l’idée d’écrire un petit aperçu de l’histoire locale de ces personnes qui sont chargées de veiller à la sécurité publique et d’assurer le maintien de l’ordre et l’exécution des lois.

L’histoire de notre gendarmerie commence avant celle de la Belgique indépendante

Gendarmerie située avenue des Braves (actuellement avenue du Roi Albert)

En 1795, nos régions sont annexées par la France. Un nouveau système administratif et judiciaire prévoit la mise en place d’une gendarmerie. Elle est créée en 1796. En cette année, on mentionne déjà l’existence d’une brigade au Roeulx alors dépendante de la lieutenance de Mons et faisant partie du département français du Hainaut.

En 1814, les provinces belges passent aux mains des Hollandais. Le Prince Guillaume d’Orange approuve l’organisation d’une nouvelle « maréchaussée ». Il refuse la dénomination gendarmerie. En 1851, la brigade du Roeulx se compose d’un effectif de 5 hommes : un brigadier et 4 gendarmes cavaliers. En 1989, la gendarmerie rhodienne compte 9 gendarmes placés sous le commandement de l’adjudant-chef Waltzing.

En 1998, suite à des dysfonctionnements (affaire Dutroux notamment) entre les 3 corps de police constitués, une loi fédérale découlant de l’accord « Octopus » organise un service de police intégré et structuré à 2 niveaux, celui de la police fédérale (police spécialisée et d’appui) et celui de la police locale (police de base), ce qui change profondément le paysage policier belge. La date clé de cette réforme de la police est le premier avril 2001. Les mots « gendarmerie » et « gendarme » disparaissent de notre langage quotidien.

Au niveau des bâtiments rhodiens occupés par la gendarmerie du Roeulx, je peux citer en ordre chronologique : des bâtiments situés à l’avenue des Braves (actuellement : avenue du Roi Albert), d’autres sur la Place du Souvenir, d’autres encore à la rue Verte et les bâtiments actuels situés à l’angle formé par la rue de l’Ange Gardien et la rue Paul Janson.

Gendarmerie située Place du Souvenir

Ce dernier complexe administratif de la brigade de gendarmerie du Roeulx fut inauguré le 21 juin 1989. Petite anecdote à propos de cet instant solennel… Lors de la réception des autorités et invités au château du Roeulx, Nicole Chevalier (épouse de Jacky Chevalier) eut droit au baisemain de l’organisateur de l’événement. Elle suivait le jeune prince se faisant discrète parce qu’elle arrivait avec un léger retard… La confusion fut totale et provoqua de nombreux sourires parmi les collègues de Jacky.

Un exemple de parcours pour devenir gendarme !

Au beau milieu des années 60, Jacky Chevalier fit une demande d’inscription à l’école de gendarmerie auprès de la brigade locale. S’ensuivit une enquête locale à propos de sa personnalité. En 1967, Jacky entra à l’école de gendarmerie située sur le Boulevard Général Jacques à Ixelles. Des cours de droit pénal, procédure pénale, police scientifique, français et néerlandais… lui furent notamment donnés pendant 2 ans. Après ce cycle, il suivit pendant 3 mois des cours NBC (Nucléaire Bactériologie Chimie).

Un souvenir inoubliable de Jacky !

Lors d’une des courses cyclistes « Paris – Bruxelles », Jacky, pris par le temps, dut ouvrir la course avec la camionnette de gendarmerie à partir du bois d’Havré en direction de Soignies. Devenu directeur de course pour quelques kilomètres, il indiqua la route afin d’éviter le centre du Roeulx… en cause : d’importants travaux effectués sur la chaussée de Mons à hauteur du Spar actuel. Sacré Jacky !

Outre la réorganisation policière de 2001, la police locale a connu une autre aventure avec la fusion des communes

En 1976, il y avait au Roeulx, un garde champêtre et un agent de police. L’agent de police, André Schaillié, avait ses activités consacrées au centre du Roeulx. Le garde champêtre, Marc Moreau, s’occupait de tout ce qui concernait l’extérieur de la ville. Dans les autres communes de la future entité, il n’y avait qu’un garde champêtre : à Mignault, Henri Manderlier, à Thieu, Claude Heulers, à Gottignies, Norbert Wilmart et à Ville-sur-Haine, André Kneuts.

Dans les petites entités, la fonction d’un commissaire n’était pas nécessaire. Pour des raisons financières, les édiles communaux optèrent pour un garde champêtre en chef et 5 gardes champêtres. Avec la fusion des communes, la place manquait pour tout le personnel qui devait travailler pour la nouvelle entité. C’est ainsi qu’on a réparti les policiers à la maison communale de Thieu, l’administratif à l’Hôtel de Ville du Roeulx, l’État Civil et la Population à la maison communale de Ville-sur-Haine et, peu de temps après, à l’Ancien Hôpital Saint Jacques.

Pour se déplacer à travers toute l’entité, les gardes champêtres en exercice utilisaient leur propre véhicule. Ce n’est qu’après les années folles des « Tueurs du Brabant wallon » (1982 – 1985) que l’entité fut obligée d’acheter des véhicules de police. C’est ainsi que 3 « Citroën Acadiane » furent achetées mais à des fins particulières : un véhicule pour le service des travaux, un autre pour la police et le dernier à des fins mixtes : pour la police et la commune.

À la même époque, la police dut s’équiper de radios portatives. Comme dans de nombreuses circonstances, tout le matériel fut livré partiellement. Il manquait le poste central… C’est ainsi qu’un Mignaultois spécialiste des ondes, Hector Vanderstraeten, vint au secours des policiers en utilisant une radio portative, des fils et une petite antenne montée dans le grenier des locaux de la police.

Aujourd’hui, l’équipement des policiers suit le flux de la modernité et de l’efficacité. La fonction de policier, fort masculine pendant longtemps, s’est ouverte au monde féminin. Tous ces changements sont plus que nécessaires dans un monde qui évolue sans cesse.

Patrick Renaux

Je tiens à remercier Jacky Chevalier ( gendarme retraité) et André Scaillié ( policier retraité) qui m’ont aidé à l’élaboration de ce texte.

Gendarmerie située rue Verte

Cérémonie d’hommage aux mineurs morts à Thieu le 2 mars 1914

Organisation : Cercle d’Histoire – Ville du Roeulx – Amicale du Souvenir des Gueules Noires et Hiercheuses de Wallonie.

Photos Jean Leclercq

Photos Patrick Bouillon

 

Exposition « Gueules noires » en hommage aux 9 mineurs ensevelis au puits Saint-Henri de Thieu le 2 mars 1914

La Ville du Roeulx vous invite à découvrir l’Exposition « Gueules noires » en hommage aux 9 mineurs ensevelis au puits Saint-Henri de Thieu le 2 mars 1914.

Cette exposition animée par d’anciens mineurs (projection, photos, outils, …) se tiendra du 18 au 20 février de 9h00 à 18h00 dans la salle Le Relais située sur la place Hardat à Thieu. Entrée gratuite.

Une organisation du Cercle d’Histoire Léon Mabille et de l’Amicale du Souvenir des Gueules Noires et Hiercheuses de Wallonie, en collaboration avec la Ville du Roeulx.

Voir aussi : Photos du vernissage de l’exposition “Gueules noires”

 

Photos du vernissage de l’exposition “Gueules noires”

Photos prises par Jean Leclercq durant la soirée de vernissage de l’exposition Gueules noires, du 18 au 20 février 2020 à Thieu (infos sur www.leroeulx.be/events/exposition-gueules-noires)

30 ans sous une palette éclectique de couleurs…

Cette année, au Roeulx, « L’Atelier des Couleurs » fêtera ses trente années d’existence. Le fondateur de cette association de peintres amateurs, Roger Duez, créa plusieurs ateliers de peinture sur les conseils d’amis : « L’Atelier des Pinceaux du Soir » à Haine-St-Pierre en 1986, « L’Atelier des Couleurs » au Roeulx en 1990 et « L’Atelier Palettes et Pinceaux » à Bracquegnies en 1991.

Autodidacte, Roger Duez fixa notamment sur la toile, dans un style impressionniste, des paysages de sous-bois, des fleurs et des natures mortes. L’automne avec sa splendide palette de couleurs fut sa saison de prédilection. De 1996 à 1998, il reçut de nombreux prix et notamment la célèbre médaille de vermeil de l’Académie Européenne des Arts de Gembloux. Roger, suivi par quelques peintres de l’entité, forma un groupe sous le nom de « Atelier de dessin et de peinture de l’entité du Roeulx ».

À partir du 14 mars 1990, les réunions se déroulèrent tous les mercredis de 16h00 à 20h00, sauf durant les mois de juillet et août, dans les locaux de l’école de « L’Ange Gardien » au Roeulx. Le premier comité composé de : Roger Duez, président ; Adrien Verscheuren, trésorier ; Marcel Mahy, trésorier-adjoint ; Thérèse-Marie Blasse, secrétaire ; Odette Joseph, secrétaire-adjointe, fixa très clairement la ligne de conduite que devra suivre désormais l’association : « Le but de l’atelier est de promouvoir le dessin et la peinture sous tous ses aspects et de réaliser des expositions. »

En septembre 1991 eut lieu la première exposition. Ce fut un beau succès qui dépassa toutes les espérances tant par le nombre de visiteurs que par les commentaires très flatteurs de la presse locale.

En 1993, avec le nombre des membres augmentant constamment, le local de l’école maternelle et primaire devint trop exigu. Pierre Selvais, Président du Centre Culturel et Sportif de la Ville du Roeulx (actuellement Centre culturel Joseph Faucon) accepta que le groupe de peintres installe son siège social en ses murs.

Le 20 octobre 1999, Roger Duez donna sa démission pour raison de santé. Il fut remplacé par Fernand Laloux, professeur de dessin industriel à l’Institut St Joseph à La Louvière. Le nouveau Président se dépensa sans compter. Chacun pouvait profiter à sa convenance de ses judicieux conseils. Il travailla énormément, seul, sans jamais s’afficher.

Le 24 septembre 2003, Fernand Laloux démissionna pour raisons familiales. Le 25 novembre, José Faniel le remplaça tout en restant fidèle au principal but de son fondateur : faire connaître les arts et organiser des expositions. Pour réaliser ce programme, plusieurs professeurs furent engagés au fil des ans.

Actuellement, le Président, José Faniel, et son comité veillent à ce qu’une ambiance de franche camaraderie règne au sein de l’association et que des possibilités soient données aux membres de se perfectionner dans les diverses disciplines choisies : la peinture à l’huile, l’aquarelle, le crayon, le fusain et même la réalisation d’icônes. Pour des moments de grande convivialité, le Président garde la tradition des goûters de Noël, de Pâques et surtout la fête de la St Luc. Bon anniversaire, Monsieur le Président, et meilleurs voeux à tous vos artistes qui égayent de nombreux pans de mur dans notre si belle région.

Patrick Renaux

 

Thieu avec Réserve…

Illustre dans le monde entier pour ses ascenseurs et ses canaux, le village de Thieu détient encore bien d’autres trésors…

Photo Jean Leclercq

Beaucoup moins connue par le grand public, la Réserve naturelle de Thieu fait partie de ces fameux joyaux depuis de nombreuses années. Le site se trouve dans un fond de vallée, au confluent du Thiriau du Luc et de la Haine.

Début des années 60, le site de Thieu a bien failli disparaître. Des travaux de rectifications et de bétonnage des deux rives de la rivière sont entrepris pour faire cesser les inondations régulières des villages de Maurage, Boussoit, Thieu et Ville-sur-Haine. Par la suite, les terrains bordant celle-ci furent acquis par la Cimenterie d’Obourg (Holcim) pour entreposer des déchets de l’extraction du charbon. Un peu plus tard, ces déchets furent récupérés comme combustible par les cimentiers. En 1985, cette activité cessa définitivement. La cuvette ainsi formée se remplit d’une eau pure et limpide en provenance des pluies et de la nappe du sol. C’est en 1987 que la première parcelle de 12 ha posa les jalons de la Réserve naturelle de Thieu.

En quelques années, après de nombreux contacts et discussions entre le comité de gestion et les propriétaires des terrains, la Réserve naturelle de Thieu comprend aujourd’hui un peu plus de 30 ha. Située entre les agglomérations de Mons, du Roeulx et de La Louvière, la Réserve est une exception dans le paysage urbain, industriel et agricole. Pour s’en rendre compte, il suffit d’énumérer les infrastructures qui la bordent ou qui la traversent : le canal, le chemin de fer, les lignes à haute tension, les industries, les routes rapides, les quartiers peuplés, les champs cultivés… C’est la grande diversité du milieu qui explique la richesse de sa faune et de sa flore. Outre le plan d’eau, on trouve à Thieu des bouquets de saules, des berges en pentes douces ou abruptes, des prairies humides à joncs, des pelouses plus sèches sur remblais, des ronciers, une lisière forestière…

Photo Jean Leclercq

Photo Jean Leclercq

Photo Jean Leclercq

 

Photo Jean Leclercq

La Réserve naturelle « des Prés à Thî » s’inscrit dans un vaste programme initié par l’association des Réserves Naturelles et Ornithologiques de Belgique qui vise à protéger les derniers marais de la vallée de la Haine. Un comité de gestion réfléchit et trace les lignes directrices de la gestion et de la restauration des différents milieux. Une équipe de bénévoles assure le travail de terrain ainsi que de surveillance. Des groupes d’enfants et d’adolescents d’établissements scolaires de tout bord viennent travailler régulièrement à la réserve sous la surveillance de leurs professeurs. Différentes associations se sont unies dans l’organisation d’une journée de défrichage écologique à la Réserve. Le produit de l’abattage a permis concrètement à des familles en difficultés de La Louvière et de Charleroi de se chauffer durant l’hiver. Voilà des activités qui profitent à tout le monde, en prenant un bol d’air dans un cadre exceptionnel.

Si vous désirez participer aux journées de gestion, tenez-vous prêts de 9h00 à 13h00 aux dates suivantes : 21/10/2019, 18/11/2019, 16/12/2019 et le 20/01/2020. Les rendez-vous sont toujours fixés à la gare d’Havré. Pour plus d’amples renseignements, vous pouvez contacter le conservateur Mandy Marchi au 0498 543 658. Bonne promenade et bon amusement !

Patrick Renaux

Un nom bien de chez nous : les Bins Rinlis

Mais qui sont donc « Les Bins Rinlis » ? Personnages dotés d’une volonté d’animation, ils délivrent leur savoir-faire en milieu thiérois. Leurs origines, selon les documents que je possède, remontent à une époque lointaine du siècle dernier…

La société de gilles « Les Bins Rinlis » fut fondée en 1951. À cette époque, un comité prit place pour la bonne organisation des festivités carnavalesques. Le président d’honneur : Elie Guertinmont, le président : Adhémar Fondu, le secrétaire : Louis Fondu et le trésorier : René Blondiau assistés de commissaires. Gilbert Thomas, Léon Plancq et Louis Debeer mirent la première pierre de l’institution « Les Bins Rinlis ». Les activités de cette société folklorique durèrent 6 ou 7 ans selon les dires des anciens que j’ai rencontrés.

Fin des années 70, Michel Debaise lança un défi à un des anciens commissaires, Léon Plancq : la renaissance d’une société de gilles. C’est ainsi qu’au mois d’octobre 1978 se tint une réunion avec toutes les bonnes volontés entourées des familles Nicaise, Vandaule, Berger, Debeer et Malengré ( gilles de la première mouture ) pour établir un calendrier étoffé d’activités lucratives nécessaires à la société « Les Bins Rinlis ». Au mois de novembre, le premier bal des gilles connut un beau succès.

En 1979, pour renforcer la société, le président Léon Plancq établit un règlement interne. Depuis, de nombreux présidents se sont succédé : Georges Godissart, Camille Minart, Jean-Marc Pichrit, Cédric Lambert, Fabrice Martinez et Benjamin Bougard (actuel président). Georges Godissart, détenteur du plus grand nombre d’années de présidence, se souvient des tournois de mini-foot menés avec enthousiasme par Patrick Godissart et des tournois de pétanque. Lors d’une de ces activités, 25 fûts de bière, 300 kg de frites et 150 kg de viande furent avalées par les sportifs et leurs supporters.

Début des années 80, une semaine avant le carnaval, les membres du comité des Bins Rinlis passaient chez les cafetiers pour leur faire acheter une carte de membre d’honneur (et donneur). Ils passaient donc à la Maison du Peuple, au Cercle Union, aux cafés : de la Cense, de l’Ascenseur, de la Gare, du Monument et à la salle Héron.

Aujourd’hui, les cafés ont disparu du paysage thiérois. Seules quelques buvettes volantes peuvent approvisionner les mordus du carnaval. Une nouvelle équipe d’un âge moyen de 20 ans veut donner un nouveau souffle au carnaval de Thieu. Suite à un courrier distribué dans le village au mois de juin, le nouveau comité composé de Benjamin Bougard : président, Grégory François : vice-président, Florian Demarez : trésorier, Alisson Paternostre : secrétaire, Nicolas Meeus, Donovan Poroli, Jason Harvent, Thomas Malengré : commissaires, a oeuvré pour construire un lien fort avec les citoyens. Ainsi, il a élaboré un « plan d’action » 2019-2020, envisagé le déroulement de l’année, organisé les cagnottes et examiné l’état actuel de la société. Un barbecue sur la Place Hardat a été prévu fin de ce mois de juillet. Nous ne pouvons que souhaiter un franc succès à ces jeunes qui veulent défendre leur folklore local.

Patrick Renaux

Ville-sur-Haine : terre de Céramistes…

À Ville-sur-Haine, depuis 36 ans, on bat la terre, on la malaxe, on la masse du bout des doigts, on lui donne une forme, on la peint, on l’expose, on l’admire… et on la vend.

En 1983, Jean-Louis Wastiau alors Échevin du 3ème âge et Pierre Mistri conseiller communal créent l’atelier de céramique. Avec une équipe de pensionnés motivés villois, les compères associent au travail de la terre des enfants handicapés mentaux d’un internat de Beloeil. La céramique est un art pour se recentrer sur soi. Comme le dit la célèbre céramiste Rita Hendrickx : “Ce qui plaît surtout, dans la céramique, c’est qu’il s’agit d’une activité un peu méditative, presque mystique. Cela demande énormément de concentration, ainsi qu’un lâcher-prise et un recentrage sur soi.”

Grâce au soutien logistique de la commune, les céramistes ont pu se développer et se lancer dans une première exposition en 1985. Avec l’arrivée de véritables artistes, l’atelier de céramique a pris un nouveau tournant en organisant une première exposition de peintures. Sous l’élan clairvoyant d’Yvon Massy, l’exposition de peintures s’est rapidement dotée d’un concours pour lequel les visiteurs sont les maîtres. Un vote non obligatoire est mis sur pied afin de récompenser au mieux les participants. En 2002, vu le succès des expositions de peintures, les responsables séparent les techniques : huile / aquarelle. Au mois de mars, les spécialistes de l’huile se mesurent et au mois de novembre, c’est le tour des aquarellistes.  De 2002 à nos jours, l’équipe de céramistes soutenus par leurs amis organisent les expositions avec, à chaque fois, une oeuvre imposée. C’est aussi lors de ces expositions que des artisans locaux animent la salle des Enhauts.

Depuis sa création, trois équipes ont évolué à l’atelier laissant chacune une empreinte différente. L’équipe actuelle composée surtout de jeunes pensionnés a redynamisé l’atelier. Ils ont renoué avec la tradition en accueillant les résidents des Trois Sapins de Mignault.

Les locaux situés à la cure de Ville-sur-Haine sont parfaitement adaptés (et fonctionnels) à tous ces amateurs de céramique. Nous espérons que cette activité pourra encore durer longtemps en mélangeant des personnes d’horizons très différents.

Patrick Renaux

Les Compagnons des Feux de la Saint-Jean

En 2019, la société folklorique des « Compagnons des Feux de la Saint-Jean » fête ses vingt ans.

Mais d’où provient ce folklore remis au goût du jour dans nos régions ?

Les origines du feu de la Saint-Jean remontent à la nuit des temps. Déjà, lespeuples orientaux, ainsi que les Celtes, allumaient des feux pour célébrer le solstice d’été, bien avant notre ère. Le peuple, oubliant pour quelques heures ses peines et ses labeurs, chantait, dansait. Il fêtait le retour prochain des beaux jours. Il se réjouissait dans l’espoir d’une récolte abondante. Pendant des siècles, la nuit du 23 au 24 juin, des feux furent allumés partout en Europe pour accueillir la bonne saison. Il fallut la guerre 40-45 pour interrompre cette tradition qui, heureusement, fut reprise après quelques années. La fête de la Saint-Jean était l’occasion de se rassembler, de se retrouver, de fraterniser. C’était une fête communautaire rassemblant tous les villageois.

Au Roeulx, l’origine de la société « Les Compagnons des Feux de la Saint-Jean / Le Roeulx »

C’est en 1999 que Philippe Toussaint et Michel Wiertz, spectateurs passionnés des Feux de la Saint-Jean de Mons, fondent « Les Compagnons de la Saint-Jean du Roeulx ». Intéressés par leur projet, quelques rhodiens poseront les premières pierres d’une société qui fête cette année, ses vingt ans. Nathalie et Olivier Dambremé, Jacques Duquesne, Philippe Hardenne, Guy Kulawik, Patrick Renaux, Edmond Taquet (aujourd’hui décédé), Philippe Toussaint et Michel Wiertz furent les premiers compagnons à bouter le feu sur l’esplanade des étangs Saint-Feuillien sous les roulements de tambours des frères Poelart. Les premières années, les festivités débutaient en début de soirée par une cérémonie en la salle de l’Ancien Hôpital Saint-Jacques. Le cortège s’étoffa d’année en année. Le premier groupe invité par le comité fut les marcheurs « Les Grenadiers de l’Empire » de Soignies. L’emplacement du feu se déplaça une année sur le terrain de l’internat autonome de la Communauté française et pendant de nombreuses années sur un terrain privé situé à proximité du terrain de football. En 2003, le point de départ du cortège fut la place du Château avec l’apparition d’un nouveau groupe folklorique : les sorcières de Fosses. La Fanfare Ouvrière des Deux-Houdeng prit part aux réjouissances rhodiennes pendant quelques années. Les enfants de l’école de l’Ange Gardien suivirent très rapidement le cortège animé par des cracheurs de feu. Grâce notamment à l’aide financière de commerçants et de la commune, et par le travail de compagnons bénévoles, le nombre de sociétés folkloriques a explosé ! Géants, jongleurs, cracheurs de feu, danseurs, majorettes, char tiré par des chevaux de trait ainsi que le chien Moinette prennent plaisir à participer aux réjouissances rhodiennes près du grand feu qui a pris définitivement racine sur l’esplanade du terrain de football. La société des Compagnons des Feux de la Saint-Jean a pris ses lettres de noblesse en organisant ce rendez-vous devenu incontournable de la fin juin. Des centaines de personnes aiment se retrouver autour d’un immense feu où l’on peut créer des liens d’amitié en vivant un folklore qu’il ne faut surtout pas oublier. Les responsables du groupe des Compagnons des Feux de la Saint-Jean l’ont très bien compris puisqu’ils entretiennent des liens de respect et d’amitié avec d’autres groupes de l’entité comme les gilles et le Patro. Pour les vingt ans de la société, il y aura des nouveautés aussi bien au niveau de l’horaire que de l’animation à travers notre belle Ville princière. Mais attention, 20 ans cela ne se fête qu’une fois… Comme le dit la chanson : « On n’a pas tous les jours 20 ans… ». Venez rejoindre les Compagnons des Feux de la Saint-Jean ce 29 juin 2019.

Patrick Renaux