Eglise St-Martin, maison communale et école des garçons à Mignault

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Le bâtiment situé à l’entame de la Rue des Déportés, dénommée jadis « Chemin de Braine », a été construit en 1861 et avait différentes affectations. C’était à la fois l’école des garçons, le siège de l’administration communale – jusqu’à la fusion des communes – et un bureau de poste. Les locaux de cette ancienne maison communale servent aujourd’hui de salles de réunion ou de réception.

Le vaisseau de l’église Saint-Martin a été reconstruite entre 1843 et 1846 car l’ancien menaçait de s’effondrer. Le clocher qui date, quant à lui, de 1518 a été classé en 1973 pour sa valeur historique par la Commission Royale des Monuments et des Sites. Autrefois, l’église était entourée par un petit cimetière. Cependant, celui-ci fut transféré, en 1932, à la Rue Léon Polart.

Le 3 du Faubourg de Binche

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Le 3 du Faubourg de Binche était initialement constitué d’une rangée de 5 maisons. C’est Philippe De Quanter qui les réunit en une seule habitation. On peut d’ailleurs apercevoir des marques de portes et de fenêtres sur la façade actuelle. A l’intérieur de la maison des différences de niveau dans les plafonds attestent également de la réunification de ces maisons en une seule.

Charles Adolphe De Quanter succéda dans la maison à son père Philippe. Charles fut le dernier d’une lignée de 4 notaires. Petite anecdote : l’une des cloches de notre église, « Gabrielle-Joseph », a pour marraine Gabrielle De Quanter, la neuvième fille de Charles De Quanter, décédée célibataire en 1961. Charles fut également conseiller communal et, fait peu connu, il créa et dirigea une chorale qui acquit une certaine notoriété dans la région.

On dit de cette habitation qu’elle est une « maison à filles ». En effet, Charles de Quanter eut 10 filles et les propriétaires actuels en eurent 3. Les prochaines naissances pourront confirmer ou infirmer cette rumeur.

Souvenirs d’une rencontre…

Au fil des mois passés sous la rubrique : « Le Roeulx souvenirs », les articles que j’ai pu écrire ont suscité de nombreux échanges et rencontres entre lecteurs. Des précisions, des commentaires me sont parvenus. Certains articles ont été modifiés grâce à vos réactions. Plusieurs textes à propos de faits de guerre vécus à Ville-sur-Haine, Gottignies et Thieu ont notamment intéressé pas mal de lecteurs et ont débouché sur de nouvelles documentations (bulletin communal de mars-avril 2015, novembre-décembre 2015 et juillet-août 2016). Avec les années qui s’écoulent, les témoins de la Guerre de 1940-1945 se font de plus en plus rares pour nous laisser leur ressenti face à des événements aussi marquants.

Pour le bulletin communal de novembre-décembre 2016, j’ai rencontré un « vrai » rhodien: « un kin » (qui est né et qui vit au Roeulx). Né au n°9 de l’avenue du Peuple, Paul Dumont a vu le jour le 18 juin 1928. Il a fréquenté les bancs de l’Ecole Moyenne du Roeulx. Son père Jules travaillait pour les douanes et accises, notamment aux postes de Tournai, Quiévrain et Angre. Sa mère était couturière. A peine entré dans l’âge de la préadolescence, Paul connaît l’évacuation comme une multitude de gens de la région. Avant que l’armée allemande n’atteigne Le Roeulx, Jules Dumont décide de partir avec sa petite famille chez son frère et sa soeur à Wervik, à la frontière franco-belge. Le souhait final de Jules était d’atteindre l’Yser : protection naturelle face à l’ennemi, fruit de l’expérience de la Grande Guerre.

Mais malheureusement, les faits avaient pris une autre tournure… L’armée allemande avait progressé très vite sur notre territoire et atteint rapidement Wervik. Comme les Allemands étaient présents à travers une grande partie du pays, Jules prit la décision de revenir au Roeulx. Peu de temps après leur retour au bercail, situé à ce moment-là à l’avenue du Roi Albert, les Dumont reçurent la visite de gendarmes pour leur annoncer la réquisition d’une chambre en faveur d’un jeune gradé allemand. La plupart des simples soldats allemands étaient logés dans des édifices publics comme la Maison des Ouvriers et l’Ecole Moyenne. En général, les « petits gradés » profitaient d’un logement chez les particuliers que les autorités locales devaient dénicher. Les « hauts gradés » occupaient entièrement certaines maisons bourgeoises.

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Outre le maintien de l’ordre, le respect de nouvelles lois, les soldats allemands allaient travailler chaque jour aux Ateliers du Roeulx, face à la gare. Ils entreposaient là du matériel de génie militaire : armes, munitions, canons, matériel pour les chevaux…bref toutes les fournitures militaires. En général, les soldats allemands qui séjournaient au Roeulx étaient polis et corrects envers la population. Paul se souvient de l’hiver 40-41 particulièrement rude et revoit sur les eaux des étangs du château du Roeulx des Rhodiens et des Allemands patiner. Au bistrot tenu par Marie Marray, après avoir salué la clientèle, les soldats prenaient un verre tranquillement ceinturon décroché et pendu au portemanteau.

Parmi les images de l’occupation allemande au Roeulx de notre sympathique octogénaire, je terminerai par une « coïncidence » la présence d’un lavoir à la rue Emile Vandervelde, là où se situe la friterie, mais là aussi où ont habité Paul, Marcelle, son épouse, et leurs deux filles. Les lavandières travaillaient sans relâche au service de tous les représentants de l’armée allemande de la région. Parmi toutes ses anecdotes, Paul m’a rappelé l’histoire du cochon du major. Cet épisode m’a été plus d’une fois conté avec des versions controversées. Voici le condensé de sa version.

Une perquisition générale sans motif avait été organisée dans toutes les maisons du Roeulx. Par une langue trop bien pendue, on apprit que cette action avait été menée pour retrouver le cochon du major allemand occupant une maison à la rue de la Station, à proximité de la maison Monoyer. Plus tard, on sut que le cochon avait été volé par quelques soldats allemands audacieux. Ils l’avaient envoyé en Allemagne pour subvenir aux besoins de leur famille.

Patrick Renaux

Parachutages et atterrissages forcés à Thieu en 1944

Grâce à l’aimable collaboration d’André Schaillié, originaire de Thieu, j’ai obtenu des documents écrits de Louis Dumont qui fut témoin de quelques faits de guerre en 1944. Vu la longueur et mon choix des textes, je vous livre une partie du vécu de ce  Thiérois né le 19 janvier 1929.

La Société des Charbonnages de Strépy-Bracquegnies possédait un quai de chargement le long du canal du Centre à Thieu, le  long du cul-de-sac près de la cimenterie. La population était autorisée à nettoyer les wagons « vides ». J’avais 15 ans et je revenais avec ma brouette et mon sac de charbon. Passant sur le pont de l’écluse et m’engageant dans la rue des Peupliers (disparue), je vis avec stupéfaction un parachute au-dessus de moi. Le para tomba de l’autre côté de la rue dans le potager du bureau et réfectoire de la cimenterie. Chance inouïe ! Un mètre à côté, c’était la chute le long de la pente tombant à pic vers
l’entrée de la carrière. Ayant oublié de serrer ses bottes, au choc de l’ouverture du parachute, il se retrouva en chaussettes sur la terre ferme. Joseph Paradis, chef électricien, qui occupait les lieux à cette époque lui donna une paire de vieilles savates. Un second para tomba de l’autre côté du chemin de fer entre les poteaux de haute tension. Un troisième tomba au chemin des Marlières près du calvaire Les cordes de son parachute s’étant entremêlées, il fit une mauvaise chute et resta allongé. La Croix Rouge le transporta. Poursuivant ma route, j’appris par l’intermédiaire de mon frère qu’un avion militaire avait été abattu sur la hauteur de la chapelle de Creuse. On retrouva le pilote mort dans les champs. ( Je suppose qu’il avait sauté trop tard ou que son parachute n’avait pas eu le temps de s’ouvrir. ) Nous nous rendîmes sur le lieu du crash. Nous revînmes avec des morceaux d’ailerons qui nous servirent, pendant des années, de cloisons pour notre trou au fumier.

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A l’automne 44, dans un bruit assourdissant, je vis un monomoteur aux couleurs américaines décrire une large courbe à basse altitude au-dessus de Thieu. Etrange, bizarre, aucun aérodrome n’existait ici ! Un peu plus tard, la rumeur confirma qu’un avion avait atterri au lieu dit : « La Brûlotte ». Nous nous précipitâmes et nous vîmes un chasseur américain qui avait fait un atterrissage forcé sur le ventre. L’engin s’était arrêté contre le petit talus du Chemin de l’Empereur presque sur la chaussée de
Mons. C’était un P47 Thunderbolt, ancêtre du Thuderjet en usage plus tard dans notre force aérienne. Le pilote s’était précipité vers l’habitation la plus proche habitée par Raoul Bran, un papier à la main sur lequel était écrit en plusieurs langues « Pouvez-vous me cacher… ». Il n’en était plus question, il était en territoire libéré. Le pilote s’était complètement égaré. L’armée américaine mit deux sentinelles pour garder l’épave mais on oublia de les ravitailler. Le soir, je vis la maman de Jean Barbiot leur cuire une omelette.

Patrick Renaux

Crash aérien entre Gottignies et Ville-sur-Haine en 1944

Grâce à la rubrique « Souvenirs rhodiens » du Bulletin communal de la Ville du Roeulx, les gens se manifestent pour parler de leur passé ou éclairer les souvenirs d’histoires que l’on leur a racontées.

Un ancien Villois, Etienne Bouillon, s’est adressé à Dimitri Deblander, infographiste employé à la Ville du Roeulx, pour retrouver des témoins ou des traces d’un crash aérien qui a eu lieu entre Gottignies et Ville-sur-Haine en 1944.

Après plusieurs communications téléphoniques, nous avons pu retrouver deux témoins de l’époque : Roger Baivie et Roger Plisnier.

La rue des Ecoles à Thieu

Ayant habité à Thieu dès l’âge de 4 ans, André a passé 28 années dans la cité des ascenseurs. Amateur d’histoire locale, photographe à ses heures, il a mitraillé les coins les plus typiques de notre entité pour illustrer les textes de son parrain, François Bertrand, membre du Cercle d’Histoire Léon Mabille.

Afin de limiter ses propos, il a choisi de nous entretenir au sujet de la rue des Ecoles.