Le pont du Canal à Ville-sur-Haine

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Nous nous situons à la hauteur du pont-levis qui enjambe le canal du Centre peu avant l’ancienne gare d’Havré-Ville. Ce cliché a vraisemblablement été pris vers 1912.

Une demi-douzaine d’années plus tard, il sera le théâtre d’un événement toujours bien ancré dans la mémoire des habitants de Ville-sur-Haine.

Ce 11 novembre 1918, les armées allemandes sont en déroute et battent en retraite vers les hauteurs du village en direction du Roeulx. En provenance d’Havré, les troupes canadiennes du 28e Bataillon d’infanterie atteignent, quant à elles, le canal et franchissent le pont-levis. Le Private George Laurence Price fait partie de ces hommes de la compagnie A.

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George Lawrence Price

L’objectif de la journée est pourtant rencontré : reprendre le village d’Havré. Il est presque onze heures. Dans quelques instants, sonnera l’armistice entre les belligérants. George Price rejoint les premières maisons du village. Dans deux minutes, tout s’arrêtera … Les combats seront finis ! Ce sera la fin des hostilités entre les armées ennemies. Quelques francs-tireurs allemands se sont allongés le long du sentier des Prés et mettent en joue ces soldats intrépides ! Price et ses camarades fouillent les habitations à la recherche de cette fichue mitrailleuse qui les a amplement « arrosés » alors qu’ils franchissaient le pont-levis. C’est alors qu’une balle tirée par l’un de ces francs-tireurs atteint notre homme à la poitrine. Il mourra quelques instants plus tard après avoir tendu une fleur en tissu à l’occupant de la maison ! Il est 10 h 58 ! Deux minutes plus tard, les soldats des deux camps se redresseront … La guerre est bien finie !  Price ne le saura jamais tout comme le fait qu’il est le dernier soldat allié de la campagne 1914-1918 à être tombé au champ d’honneur ! Et dire que ce jour-là, il sera le seul de sa compagnie à perdre la vie !

Voir aussi www.memorialprice.org

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Le Moulin des Buchis au Roeulx

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Durant l’ancien régime, notre entité comptait 2 moulins banaux. L’un, à eau, était établi le long de la Haine à Ville-sur-Haine, un second, à vent, dominait les hauteurs de Montauban, le moulin dit de Sablimont. La Révolution française ayant aboli les privilèges seigneuriaux, apparaissent, sur la commune du Roeulx, deux nouveaux moulins à vent. L’un, dit du Faubourg, était situé le long de l’actuelle rue Albert 1er; le second, que nous voyons ici, appelé moulin du pachi du – ou des – Buchis, vit le jour en 1805 approximativement à l’emplacement du terrain de football de l’internat autonome de la Communauté française, rue du Cargies. Ce moulin en bois était placé sur une butte au sein d’une pâture, sur laquelle s’élevait autrefois – jusqu’à la fin du 16e siècle – la ferme des Seigneurs du Roeulx. Nous distinguons dans le lointain le clocher de l’église et la façade arrière de l’actuel Centre Culturel. La famille Soupart y exerça l’activité de meunier durant pratiquement tout le 19e siècle ; le dernier du nom, Isidore Soupart, portait le sobriquet de Zidore dou monnî. Ce moulin fut démoli en 1908.

Place de la Chapelle au Roeulx

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Pompe à eau

À l’emplacement de ces 2 tilleuls de la place de la Chapelle, s’élevait, jusqu’à la Révolution française, l’imposante chapelle Notre-Dame de la Fontaine. C’est un certain Simon-François Roulez qui en fit l’acquisition en 1798 pour la somme de 32.100 francs. Il s’empressa de déconstruire l’édifice afin de tirer profit de la vente des matériaux les plus nobles. En 1868, le Prince Emmanuel de Croÿ fit aménager, à ses frais, ce nouvel espace public.

Nous distinguons en arrière-plan l’école moyenne de l’État, dont les bâtiments sont de nos jours transformés en appartements, établissement scolaire devant lequel avance péniblement un charroi transportant des fûts de bière. En avant-plan apparaît une pompe à eau. C’est au cours du 19e siècle – suite à la fameuse théorie des miasmes – que vont être couverts les puits de la ville. Deux « pompiers » vont avoir en charge l’entretien de celles-ci : Évariste Chavepeyer et Nicolas Gossuin. Ce n’est qu’en 1930 que l’eau sera distribuée dans toutes les maisons de la localité.

Autres photos de la place de la Chapelle

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L’ancienne gare de Mignault

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La création d’une ligne ferroviaire Erquelinnes – Binche – Écaussinnes a été décrétée par les lois des 20 décembre 1851 et 15 juin 1853. Les travaux ont rapidement démarré puisque la ligne Erquelinnes – Binche a été inaugurée le 2 août 1857 et celle reliant Binche à Écaussinnes, le 15 février 1859.

En 1883, une seconde voie est mise en service. En 1895, une nouvelle gare est construite du côté opposé à la halte primitive. Elle ouvrit ses portes au public le 15 juillet 1896.

À présent, ce bâtiment a disparu. Il a été détruit à la fin des années 60. En effet, l’autoroute en construction venait sectionner la voie de chemin de fer et on jugea inutile, eu égard au nombre d’usagers, de construire un quelconque ouvrage d’art pour enjamber la voie autoroutière. Un service d’autobus fut mis en place pour suppléer au transport ferroviaire moribond. Le tracé de cette ancienne voie de chemin de fer reste cependant partiellement visible à la rue des Combattants.

Cimenterie et verrerie à Ville-sur-Haine

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Entamés en 1839, les travaux de construction de l’actuelle chaussée de Mons – entre Le Roeulx et la cité du Doudou en passant par Ville-sur-Haine et Havré– sont achevés en 1842. Son tracé sera cependant légèrement modifié par le creusement du canal du Centre en 1883.

En 1849, est mise en service la ligne ferroviaire entre Manage et Mons, en passant par La Louvière et Bracquegnies. Toutes ces nouvelles voies de communication incitent investisseurs et entrepreneurs à établir à la rue des Fabriques – rue qui longe la voie de chemin de fer face à l’ancienne gare « Havré-Ville » – des manufactures de tailles diverses.

C’est ainsi qu’en 1870, s’y installe une fabrique de sucre de betterave. Son activité sera toutefois éphémère puisqu’en 1883 une des premières cimenteries du Royaume voit le jour sur le site de cette sucrerie. Cette dernière ne fonctionnera également que quelques années ne pouvant concurrencer les cimenteries plus modernes.

Suite à la fermeture de la cimenterie s’installera en 1908 la société en nom collectif « Verreries Jean-Baptiste Doyen et Compagnies ». Une trentaine d’ouvriers y travaillent jour et nuit par pauses.

En 1910, une soixantaine d’ouvriers et ouvrières ainsi que cinq employés y sont occupés. La production annuelle s’élève à 3 millions de pièces.

La Première Guerre mondiale entrainera la fermeture temporaire de l’entreprise.

En 1924, une nouvelle société est constituée : « Verreries-Gobeleteries Doyen S.A. » à Havré-Ville. Elle occupe 395 ouvriers .

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En novembre 1975, la verrerie de Havré-Ville est définitivement fermée et le personnel envoyé au siège de Manage.

Voir aussi « C’était au temps où Ville-sur-Haine s’industrialisait… » aurait pu fredonner le grand Jacques

Charbonnage Saint-Henri à Thieu

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Les premières exploitations

Au début des temps modernes, cette exploitation comprenait sans doute un puits peu profond, quelques galeries où les entrepreneurs descendaient travailler eux-mêmes.

Les moyens mécaniques fort rudimentaires, l’inexpérience des ouvriers, le mode de concession des mines (3 – 6 – 9), la faible consommation de charbon avant l’essor de l’industrie moderne, l’absurde préjugé faisant considérer le noir combustible comme dangereux pour la santé, les événements politiques et les nombreuses périodes d’agitation furent autant d’obstacles qui brisèrent le développement des « charbonnières ».

Ainsi, vers la fin du XVII ième siècle, l’art difficile d’exploiter les mines en était encore, dans le bassin du Centre, à sa période d’enfance.

Après avoir épuisé les gisements de collines, dans lesquelles ils pénétraient par des galeries, nos ancêtres procédèrent au forage de puits donnant accès aux veines de faible profondeur

A partir des puits, ils pratiquaient des galeries qui leur permettaient d’aller abattre la houille au moyen de pics.

Celle-ci était amenée au puits dans des récipients traînés à même le sol, puis plus tard, montés sur des roues.

Les puits furent, à l’origine, surmontés de tourniquets à bras qui permettaient de remonter les paniers de charbon, appelés « cuffats » .

Aux tourniquets à bras se substituèrent dans la suite les manèges à chevaux, ceux-ci disparaîtront au 18 ième siècle au fur et à mesure de l’installation des machines à vapeur dites d’extraction ; tandis que les cuffats seront remplacés par des cages métalliques guidées le long des parois des puits.

Création des sociétés

Les comptes du domaine du Roeulx, année 1467, chapitre XV des recettes signalent une « carbonère con dist le Brulotte gisant au terroir de Thieu, de Ville sour Hayne et aux alentours » ; nous ne possédons que cette simple mention de la « carbonère « primitive de la « Brulotte » sur les territoires de Thieu de Ville-sur-Haine.

La société de Bracquegnies fut créée le 3 avril 1715, le Prince de Croy, haut justicier de Thieu, ayant accordé le droit de tirer du charbon sur son fief à Eloy et André Monoyer, Alexandre Ripoteau et Jean-Paul Fiévez.

Elle creusa, pour l’assèchement de ses chantiers, un conduit aboutissant à niveau du Thiriau, près de la planche au sentier de Thieu.

En 1727, les entrepreneurs du charbonnage de Bois-du-Luc creusèrent un conduit dans la direction de Bracquegnies et Thieu ; l’exécution de cette galerie d’écoulement coûta plus de 200.000 Florins mais elle permit de constater la puissance et la richesse du dépôt charbonnier.

A partir de 1730, les grandes espérances que l’on fonde sur les charbonnages en activité stimulent les recherches et de nouvelles sociétés se constituent.

Origine à Thieu

Les comptes du domaine du Roeulx, année 1467, chapitre XV des recettes signalent une « carbonère con dist le Brulotte gisant au terroir de Thieu, de Ville sour Hayne et aux alentours ».

Nous ne possédons que cette simple mention de la « carbonère « primitive de la « Brulotte » sur les territoires de Thieu de Ville-sur-Haine.

Il est difficile de préciser la date exacte de la constitution de la société nouvelle « Thieu – Ville – Gottignies « ; deux éléments permettent toutefois de situer la naissance de cette compagnie entre 1732 et 1773.

D’une part, les comptes de la seigneurie du Roeulx pour 1732 signalent qu’on ne tire plus de charbon à Thieu, Ville et Gottignies.

D’autre part en 1773, les maîtres des fosses ouvertes à Thieu, Ville et Gottignies signent une requête pour obtenir la chaussée de Soignies à Mariemont.

Signalons que ce document mentionne aussi la société des fosses du Roeulx, formée par un sieur Parot, dont les héritiers ont revendiqués par demande du 2 mars 1837 la concession.

Deux autres demandes furent présentées le 21 avril 1838 et le 7 mai 1838, la première par MM Dequanter, Bouchie, Marlier, Dumortier et Consorts, la deuxième par le Prince de Croy-Solre.

Les 8 janvier et 7 mars 1861, une société française commença deux sondages et abandonna.

Historique de la société

Le bulletin officiel du royaume de Belgique (Tome XXI, n° 227, année 1840) nous donne quelques renseignements complémentaires sur cette compagnie.

Le 2 janvier 1787, le comte du Roeulx accorde une suite favorable à une requête des maîtres des houillères de Thieu, Ville et Gottignies, à savoir Louis Bellot et co-associés.

Le 24 messidor an VI, une déclaration de l’administration municipale du canton du Roeulx reconnaît « que les sieurs Bellot, Nicolas-François Piérache et autres composant la société de Ville-sur-Haine exploitent les mines de charbon qui se trouvent dans les territoires de Ville-sur-Haine, Thieu et Gottignies, en vertu de concession qui remonte à des temps reculés et dont la reproduction est moralement impossible.

L’exploitation passa ensuite entre les mains de MM Van Miert, Nicaise, Fontaine et Mauroy de Mons ; ceux-ci demandèrent en 1830 la confirmation des concessions antérieures.

Par acte du 3 juin 1834, Gustave Visart de Bocarmé demeurant à Thieu, Alexandre Delaroche de Thieusies et Marc Lefebvre de Tournai reprenaient la concession Thieu-Ville-Gottignies (2313 hectares).

Les statistiques des mines de Thieu,Ville-sur-Haine et Gottignies établies le 3 janvier 1840 nous apprennent que 20 ouvriers sont occupés par la société : 5 de 10 à 15 ans, 15 de plus de 15 ans mais pas de femmes.

En 1830, le salaire journalier oscille entre 80 et 90 centimes, il est fixé entre 1 F 20 et 1 F 30 en 1836, c’est-à-dire le prix d’un hectolitre de charbon.

Les travaux de recherches établis à Thieu au lieu dit « La Brûlotte « furent interrompus vers 1842.

La concession de Thieu – Ville – Gottignies fut réunie à la société de Bracquegnies par l’arrêté royal du 28 mars 1870.

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En 1908, la société de Bracquegnies creusa à Thieu au lieu dit « Ruelle malade » le puits Saint Henri.

Au moment de la catastrophe de 1914, l’extraction était très importante : 2.000. chars de charbon par jour ; le nombre des ouvriers ne cessait d’augmenter, une partie d’entre eux venait de Flandre.

En 1938, il y avait 800 ouvriers et en juin 1958, au moment de la fermeture il était 900

En 1970, cent ans après le début de la concession, reprise par la société de Bracquegnies, celle-ci renonce à ses droits.

La députation permanente autorise l’abandon de la concession et ordonne le remblaiement de la buse d’extraction.

La catastrophe du 2 mars 1914

En 1914 des terrains s’affaissèrent au Coron Marin et le 2 mars, un catastrophique coup d’eau fit 9 morts dans la mine de Thieu.

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Le 2 mars 1914 à 19h30, les eaux et les sables des morts-terrains envahirent tout à coup les travaux souterrains du siège St Henri à Thieu.

Les eaux s’étaient livrés passage par la paroi d’un bouveau creusé dans la région du couchant, la mine fut envahie avec une grande rapidité.

Chaque moment de retard que s’imposèrent de braves ouvriers pour prévenir leurs compagnons, par l’accomplissement d’un devoir d’humanité, pouvait leur coûter la vie.

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Les ouvriers Denis Hennicq, Emile Richelet et Vital Sauvage travaillaient dans les galeries voisines où le coup d’eau s’est produit ; au lieu de fuir immédiatement, ils allèrent au devant de l’inondation et tous ensemble luttant contre le courant d‘eau et de boue, ils tentèrent de sauver l’ouvrier Vandenbosch, qui avait les deux jambes cassées.

Malheureusement, l’eau qui montait toujours rendait leurs efforts illusoires, la chute des lampes les plongea dans l’obscurité complète ; dans ces conditions, le malheureux qu’ils voulaient sauver leur échappa et les braves ouvriers gagnèrent à grande peine l’accrochage.

Extrait du moniteur du 18 juillet 1914.

Un beau geste de la Reine ELISABETH.

Visite de la Reine aux familles des victimes de la catastrophe du charbonnage St Henri à Thieu le 2 mars 1914.

La Reine ELISABETH, femme au cœur généreux qui si souvent déjà s’est penchée avec pitié sur les souffrances des malheureux, vient de justifier une fois de plus son beau nom de consolatrice des malheureux.

Avant-midi, Mr INGENBLECK, secrétaire de leurs Majestés, était passé en automobile à Thieu ; il avait fait avertir Mr MANCHE (gérant du charbonnage) qu’il se présenterait chez lui l’après-midi, les familles des victimes étaient également prévenues qu’on viendrait leur rendre visite l’après-midi.

Vers 17 heures, une grosse voiture automobile s’arrêta devant la maison du porion Léopold HARDAT, l’héroïque mineur qui trouva la mort en tentant un dernier effort pour arrêter le torrent souterrain.

Quelques personnes attirées par le ronflement du moteur virent descendre de l’automobile, un Monsieur et deux Dames vêtues de noir.

Mr INGENBLECK se présenta et fit connaître l’Auguste Visiteuse, sa Majesté s’entretint alors pendant dix minutes avec Mme HARDAT et ses enfants leur prodiguant à tous, avec une exquise douceur ses meilleures consolations.

Après avoir affectueusement serré les mains, elle regagna la voiture royale, saluée respectueusement par les quelques curieux qui stationnaient dans la rue.

L’automobile se dirigea alors vers la place des Aulnois ; la Reine précédée de Mr INGENBLECK descendit de l’auto et s’engagea dans la petite ruelle, qui à travers les jardins conduit à la maison de Vital VANDENBOSCH, qui trouva la mort dans les circonstances affreuses que l’on sait.

Mr INGENBLECK annonça à Mme VANDENBOSCH qu’elle allait recevoir la visite de sa Majesté la Reine ; ici, encore, la Reine prodigua les paroles les plus douces au cœur de ces malheureux, elle demanda affectueusement des renseignements sur cette famille.

On lui répondit que cinq des enfants étaient des filles et que le dernier était le jeune garçon de 13 ans et demi.

La Reine voulut savoir où il travaillait ; à la verrerie fut-il répondu, il se lève à 4 heures et part au train à 4 heures 50, il revient le soir à 18 heures ; la Reine déclara : pauvre petit, je m’intéresserai à vous, je vous le promets.

La Royale Visiteuse prit congé de la famille VANDENBOSCH et regagna son automobile escortée par les filles du malheureux mineur ; elle donna à celles-ci une dernière poignée de main et l’automobile démarra.

A Thieu, personne ne voulait croire que c’était la Reine, qui aussi simplement, était venue rendre visite aux familles éprouvées par la catastrophe.

Jésuite Georges DEMEIVRE de Strasbourg, Château St Pierre à Thieu.

Eglise St-Martin, maison communale et école des garçons à Mignault

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Le bâtiment situé à l’entame de la Rue des Déportés, dénommée jadis « Chemin de Braine », a été construit en 1861 et avait différentes affectations. C’était à la fois l’école des garçons, le siège de l’administration communale – jusqu’à la fusion des communes – et un bureau de poste. Les locaux de cette ancienne maison communale servent aujourd’hui de salles de réunion ou de réception.

Le vaisseau de l’église Saint-Martin a été reconstruite entre 1843 et 1846 car l’ancien menaçait de s’effondrer. Le clocher qui date, quant à lui, de 1518 a été classé en 1973 pour sa valeur historique par la Commission Royale des Monuments et des Sites. Autrefois, l’église était entourée par un petit cimetière. Cependant, celui-ci fut transféré, en 1932, à la Rue Léon Polart.

Le 3 du Faubourg de Binche

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Le 3 du Faubourg de Binche était initialement constitué d’une rangée de 5 maisons. C’est Philippe De Quanter qui les réunit en une seule habitation. On peut d’ailleurs apercevoir des marques de portes et de fenêtres sur la façade actuelle. A l’intérieur de la maison des différences de niveau dans les plafonds attestent également de la réunification de ces maisons en une seule.

Charles Adolphe De Quanter succéda dans la maison à son père Philippe. Charles fut le dernier d’une lignée de 4 notaires. Petite anecdote : l’une des cloches de notre église, « Gabrielle-Joseph », a pour marraine Gabrielle De Quanter, la neuvième fille de Charles De Quanter, décédée célibataire en 1961. Charles fut également conseiller communal et, fait peu connu, il créa et dirigea une chorale qui acquit une certaine notoriété dans la région.

On dit de cette habitation qu’elle est une « maison à filles ». En effet, Charles de Quanter eut 10 filles et les propriétaires actuels en eurent 3. Les prochaines naissances pourront confirmer ou infirmer cette rumeur.

Souvenirs d’une rencontre…

Au fil des mois passés sous la rubrique : « Le Roeulx souvenirs », les articles que j’ai pu écrire ont suscité de nombreux échanges et rencontres entre lecteurs. Des précisions, des commentaires me sont parvenus. Certains articles ont été modifiés grâce à vos réactions. Plusieurs textes à propos de faits de guerre vécus à Ville-sur-Haine, Gottignies et Thieu ont notamment intéressé pas mal de lecteurs et ont débouché sur de nouvelles documentations (bulletin communal de mars-avril 2015, novembre-décembre 2015 et juillet-août 2016). Avec les années qui s’écoulent, les témoins de la Guerre de 1940-1945 se font de plus en plus rares pour nous laisser leur ressenti face à des événements aussi marquants.

Pour le bulletin communal de novembre-décembre 2016, j’ai rencontré un « vrai » rhodien: « un kin » (qui est né et qui vit au Roeulx). Né au n°9 de l’avenue du Peuple, Paul Dumont a vu le jour le 18 juin 1928. Il a fréquenté les bancs de l’Ecole Moyenne du Roeulx. Son père Jules travaillait pour les douanes et accises, notamment aux postes de Tournai, Quiévrain et Angre. Sa mère était couturière. A peine entré dans l’âge de la préadolescence, Paul connaît l’évacuation comme une multitude de gens de la région. Avant que l’armée allemande n’atteigne Le Roeulx, Jules Dumont décide de partir avec sa petite famille chez son frère et sa soeur à Wervik, à la frontière franco-belge. Le souhait final de Jules était d’atteindre l’Yser : protection naturelle face à l’ennemi, fruit de l’expérience de la Grande Guerre.

Mais malheureusement, les faits avaient pris une autre tournure… L’armée allemande avait progressé très vite sur notre territoire et atteint rapidement Wervik. Comme les Allemands étaient présents à travers une grande partie du pays, Jules prit la décision de revenir au Roeulx. Peu de temps après leur retour au bercail, situé à ce moment-là à l’avenue du Roi Albert, les Dumont reçurent la visite de gendarmes pour leur annoncer la réquisition d’une chambre en faveur d’un jeune gradé allemand. La plupart des simples soldats allemands étaient logés dans des édifices publics comme la Maison des Ouvriers et l’Ecole Moyenne. En général, les « petits gradés » profitaient d’un logement chez les particuliers que les autorités locales devaient dénicher. Les « hauts gradés » occupaient entièrement certaines maisons bourgeoises.

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Outre le maintien de l’ordre, le respect de nouvelles lois, les soldats allemands allaient travailler chaque jour aux Ateliers du Roeulx, face à la gare. Ils entreposaient là du matériel de génie militaire : armes, munitions, canons, matériel pour les chevaux…bref toutes les fournitures militaires. En général, les soldats allemands qui séjournaient au Roeulx étaient polis et corrects envers la population. Paul se souvient de l’hiver 40-41 particulièrement rude et revoit sur les eaux des étangs du château du Roeulx des Rhodiens et des Allemands patiner. Au bistrot tenu par Marie Marray, après avoir salué la clientèle, les soldats prenaient un verre tranquillement ceinturon décroché et pendu au portemanteau.

Parmi les images de l’occupation allemande au Roeulx de notre sympathique octogénaire, je terminerai par une « coïncidence » la présence d’un lavoir à la rue Emile Vandervelde, là où se situe la friterie, mais là aussi où ont habité Paul, Marcelle, son épouse, et leurs deux filles. Les lavandières travaillaient sans relâche au service de tous les représentants de l’armée allemande de la région. Parmi toutes ses anecdotes, Paul m’a rappelé l’histoire du cochon du major. Cet épisode m’a été plus d’une fois conté avec des versions controversées. Voici le condensé de sa version.

Une perquisition générale sans motif avait été organisée dans toutes les maisons du Roeulx. Par une langue trop bien pendue, on apprit que cette action avait été menée pour retrouver le cochon du major allemand occupant une maison à la rue de la Station, à proximité de la maison Monoyer. Plus tard, on sut que le cochon avait été volé par quelques soldats allemands audacieux. Ils l’avaient envoyé en Allemagne pour subvenir aux besoins de leur famille.

Patrick Renaux

Parachutages et atterrissages forcés à Thieu en 1944

Grâce à l’aimable collaboration d’André Schaillié, originaire de Thieu, j’ai obtenu des documents écrits de Louis Dumont qui fut témoin de quelques faits de guerre en 1944. Vu la longueur et mon choix des textes, je vous livre une partie du vécu de ce  Thiérois né le 19 janvier 1929.

La Société des Charbonnages de Strépy-Bracquegnies possédait un quai de chargement le long du canal du Centre à Thieu, le  long du cul-de-sac près de la cimenterie. La population était autorisée à nettoyer les wagons « vides ». J’avais 15 ans et je revenais avec ma brouette et mon sac de charbon. Passant sur le pont de l’écluse et m’engageant dans la rue des Peupliers (disparue), je vis avec stupéfaction un parachute au-dessus de moi. Le para tomba de l’autre côté de la rue dans le potager du bureau et réfectoire de la cimenterie. Chance inouïe ! Un mètre à côté, c’était la chute le long de la pente tombant à pic vers
l’entrée de la carrière. Ayant oublié de serrer ses bottes, au choc de l’ouverture du parachute, il se retrouva en chaussettes sur la terre ferme. Joseph Paradis, chef électricien, qui occupait les lieux à cette époque lui donna une paire de vieilles savates. Un second para tomba de l’autre côté du chemin de fer entre les poteaux de haute tension. Un troisième tomba au chemin des Marlières près du calvaire Les cordes de son parachute s’étant entremêlées, il fit une mauvaise chute et resta allongé. La Croix Rouge le transporta. Poursuivant ma route, j’appris par l’intermédiaire de mon frère qu’un avion militaire avait été abattu sur la hauteur de la chapelle de Creuse. On retrouva le pilote mort dans les champs. ( Je suppose qu’il avait sauté trop tard ou que son parachute n’avait pas eu le temps de s’ouvrir. ) Nous nous rendîmes sur le lieu du crash. Nous revînmes avec des morceaux d’ailerons qui nous servirent, pendant des années, de cloisons pour notre trou au fumier.

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A l’automne 44, dans un bruit assourdissant, je vis un monomoteur aux couleurs américaines décrire une large courbe à basse altitude au-dessus de Thieu. Etrange, bizarre, aucun aérodrome n’existait ici ! Un peu plus tard, la rumeur confirma qu’un avion avait atterri au lieu dit : « La Brûlotte ». Nous nous précipitâmes et nous vîmes un chasseur américain qui avait fait un atterrissage forcé sur le ventre. L’engin s’était arrêté contre le petit talus du Chemin de l’Empereur presque sur la chaussée de
Mons. C’était un P47 Thunderbolt, ancêtre du Thuderjet en usage plus tard dans notre force aérienne. Le pilote s’était précipité vers l’habitation la plus proche habitée par Raoul Bran, un papier à la main sur lequel était écrit en plusieurs langues « Pouvez-vous me cacher… ». Il n’en était plus question, il était en territoire libéré. Le pilote s’était complètement égaré. L’armée américaine mit deux sentinelles pour garder l’épave mais on oublia de les ravitailler. Le soir, je vis la maman de Jean Barbiot leur cuire une omelette.

Patrick Renaux