Le Centre Culturel Joseph Faucon, une histoire de 126 ans…

C’est en 1892 que Léon Mabille fit construire ce bâtiment exceptionnel pour abriter les « sociétés ou oeuvres existantes ou  fondées par lui ».

Cet édifice connut plusieurs appellations : « Corporation des francs ouvriers », « Maison des ouvriers », « Cercle catholique », «  Patria », « Centre culturel et sportif de la Ville du Roeulx » et enfin « Centre culturel Joseph Faucon » depuis 2002. Cet homme visionnaire, dans une lettre du 23 avril 1922 adressée à Paul Debaisieux, professeur à Louvain (légataire universel de monsieur Mabille), précisait : « La Maison des Ouvriers m’appartient. Elle fut bâtie par moi, sur un terrain acheté par moi, à l’aide des sommes qui furent recueillies par moi et pour une forte part à l’aide de deniers propres. La propriété n’est donc pas contestable. Je considère qu’elle doit être affectée aux oeuvres en vue desquelles elle a été établie ou à des oeuvres similaires. L’affectation doit subsister ».

Suivant la volonté du Député-Bourgmestre Mabille, monsieur Debaisieux en fit don le 15 octobre 1925 à l’A.S.B.L. « Le Cercle catholique du Roeulx », fondée le 28 septembre 1925. « Le Cercle » comme on disait dans le temps, devint le local de nombreux groupements et parmi les plus anciens, je peux citer : la Corporation et la Mutuelle des francs-ouvriers, la Conférence de Saint-Vincent-de-Paul, le Patronage, les sociétés de Sainte-Barbe, des Fanfares-Amateurs et de Saint-Sébastien pour laquelle un stand de tir à l’arc fut aménagé. En 1947, la salle du rez-de-chaussée fut transformée en cinéma. A l’étage, des opérettes, cabarets wallons ou autres revues étaient proposés aux Rhodiens.

A partir des années 60, la salle de spectacles fut transformée en terrain de pétanque, mais également en salle de tennis de table. On y fit également du judo et de la boxe. Cette magnifique salle, laissée ensuite à l’abandon pendant de nombreuses années, revit aujourd’hui sous l’appellation « salle des combles ». On y organise des expositions, des spectacles et des ateliers.

Suite à de nombreux travaux, le rez-de-chaussée propose : une petite salle polyvalente (70 places) non équipée, une grande salle polyvalente (200 places) équipée d’une scène escamotable et d’un bar, une loge pour les artistes, une cuisine semi- professionnelle et des locaux de service (débarras, buanderies et stocks de matériel).

Depuis l’acquisition d’une partie des bâtiments de l’ancienne Ecole Moyenne, l’offre des salles s’est étoffée. La salle des poètes, la salle des artistes et la salle des clés peuvent accueillir entre 12 et 20 personnes. Y sont organisés des ateliers, des réunions, des expositions ou encore des conférences. Les bureaux réservés à l’accueil, au secrétariat, à l’animation et direction se situent dans le même bâtiment. Dès sa création (2002), la nouvelle A.S.B.L. Centre culturel Joseph Faucon, menée par l’Échevin de l’époque Pierre Selvais, a pris l’habitude de travailler en collaboration avec des associations locales en raison du peu de moyens matériels, humains et financiers… et cela continue ! Lorsque l’occasion se présente, le Centre culturel travaille avec des commerçants et producteurs locaux notamment lors des différentes éditions de la balade gourmande, des séances de « Bar à soupes », des vernissages d’expositions, des soirées repas-spectacles.

Depuis 2013, des collaborations avec le CPAS se sont multipliées et ont abouti à de nombreux projets qui fonctionnent avec succès : l’Atelier des 5 sens, l’Atelier Fashion Recycl’art et l’Atelier-théâtre du Relais. L’équipe de l’A.S.B.L. collabore activement à certains projets portés par l’Office du Tourisme, l’Espace Public Numérique, les écoles de l’entité et la bibliothèque communale.

L’A.S.B.L. veille à proposer des activités tant au Roeulx que dans les villages de l’entité, aime mélanger les publics : anciens et nouveaux venus, et tente de mettre en valeur le patrimoine local lors d’événements récurrents. Après ce bref rappel historique, je vous donne quelques dates incontournables : les Tables du Monde le dimanche 25 mars, le Parcours d’Artistes les 19,20 et 21 mai…Toutes ces activités sont proposées et animées par une équipe dynamique et bien sympathique composée de : Anne-Laure Bechet (directrice), Céline Lecocq (animatrice), Marina Philippart (animatrice), Laurence Bodson (secrétariat, accueil, gestion des salles), François Ramakers (communication et régie). A cette équipe de base viennent s’ajouter de nombreux bénévoles. Eh oui, si le substantif « bénévole » tente de disparaître de notre vocabulaire et de nos régions, on peut dire qu’au Roeulx, il prend tout son sens à travers de nombreux événements et activités. Soyons un peu chauvins : « Bravo les Rhodiens ! Et que cela continue encore longtemps ! »

Site web du Centre culturel du Roeulx : www.leroeulxculture.be

Patrick Renaux

Les estaminets du Roeulx en perdition…

Lors de leur Grand Chapitre, les membres de la Confrérie St-Feuillien avaient choisi le thème des estaminets du Roeulx. Avec l’accord des principaux confrères historiens amateurs, je vous livre une partie de leurs recherches.

27 adresses ont été épinglées pour faire un tour d’horizon des bistrots du Roeulx… Les plus anciens pourraient très certainement citer beaucoup plus de débits de boissons.
Parmi nos recherches, une ancienne carte postale illustrant notre bonne ville du Roeulx confirme le nombre important de bistrots. L’expéditeur y a écrit : « Ici, une maison sur deux est un estaminet. » A l’heure où il n’y avait pas internet, appareils portables, smartphones, etc, les gens se rencontraient dans les bistrots, tavernes, auberges, cafés…
Ces endroits sont des lieux de sociabilité. On y tisse des relations, on y renforce des liens. D’ailleurs, en 1802, l’Académie française définissait l’estaminet comme une « assemblée de buveurs et de fumeurs ». Une « assemblée », c’est-à-dire une communauté, un groupe. Cette appellation désigna aussi le lieu où elle se tient. L’estaminet est donc une manière de « faire société », un lieu et une manière d’être ensemble, de vivre ensemble. Le premier établissement que j’ai choisi est le Centre culturel Joseph Faucon et son café Patria. Ce remarquable bâtiment fut voulu par le Député-Bourgmestre Léon Mabille.

Appelé à une certaine époque Cercle catholique-Patria, cette bâtisse comprenait un bistrot et deux grandes salles. Au fond de la cour, des bâtiments de récupération d’un charbonnage furent érigés en faveur du patro St Nicolas. Toutes les salles de cet ensemble architectural grandiose servirent à de nombreuses activités aussi différentes les unes que les autres. La salle du haut prévue au départ comme salle de spectacles a vu défiler notamment le club de pétanque, le tennis de table, le judo club, le club de boxe… La salle d’en bas reçut de nombreux concours de tir à l’arc à l’horizontale, les bals du bourgmestre, les fêtes du patro, les dîners de prisonniers de guerre 14-18 et 40-45, des concours de whist, les fancy-fair de l’école de l’Ange Gardien… Une fois par semaine, la bibliothèque paroissiale située au-dessus du café recevait tout lecteur avide d’échanger ses coups de coeur. Le café fut entre autre dirigé par René Duby (appelé : le petit René vu sa petite taille) et sa femme. D’octobre 1977 à février 1992, ce débit de boissons fut tenu par Monique Hélin et son second mari connu sous le nom de « Tonton ». Il serait indécent de ne pas citer deux hommes forts pour entretenir et gérer tous ces bâtiments. A l’heure à laquelle il n’existait aucun subside, messieurs Albert Pesesse et Gaston Decubber ont maintenu le pot droit comme on dit, tout en veillant au grain au profit d’une population toujours plus active. Pour faire face aux frais de fonctionnement, le Doyen Blampain (curé-doyen du Roeulx de 1951 à 1976 ) encourageait ses paroissiens à la messe de 10h00 à venir prendre l’apéro à Patria. « Il fallait faire marcher le commerce. » comme il disait. Ce lieu exceptionnel a connu de belles histoires et continue à encore vivre des moments de rencontres, de partages qui nous font grandir dans notre vie d’homme ou de femme grâce à toutes les activités proposées par les responsables du Centre culturel.

Patrick Renaux

Le monument Albert 1er au Roeulx

Pour rédiger cet article, Dimitri Deblander m’a conseillé de rencontrer Maurice Leclercq, passionné d’histoire et plus particulièrement attaché au règne du Roi Albert 1er. Pourquoi cet intérêt à ce personnage de la famille royale ? Le papa de Maurice Leclercq, Georges, fut à plusieurs reprises proche du Roi Chevalier. En s’engageant volontairement pendant la guerre de 1914-1918, Georges Leclercq intégra le 1er Régiment des Grenadiers. A cette époque, ce régiment faisait partie de l’élite militaire belge. Ce régiment fut offert par Léopold II au Prince héritier, Albert 1er. Reconnu par ses pairs, Georges fut gratifié plus d’une fois et a laissé à son fils de nombreuses médailles et décorations dont Maurice est très fier.

Maurice Leclercq me raconte :

La décision d’ériger au Roeulx un monument en l’honneur du Roi Albert fut prise le 20 août 1960 par la section locale de la fédération nationale des vétérans du Roi Albert. Il fut ainsi décidé que cette construction serait réalisée sur un terrain offert par le Prince de Croÿ, situé à l’intersection de la rue Nivelloise et de la chaussée de Soignies, juste en face de l’avenue du Roi Albert.

Compte tenu des nombreuses formalités administratives et de la nécessité de boucler le budget, son inauguration n’eut lieu que le 14 juin 1964. Ce jour-là, après la messe célébrée par le doyen Blampain et chantée par la chorale de la gendarmerie de Mons, le cortège se dirigea vers le monument qui fut dévoilé par le représentant du Roi et, après le dépôt de fleurs et les discours, la cérémonie se clôtura à l’Hôtel de Ville avec le vin d’honneur.

Participaient notamment à cette inauguration : le colonel Dalleur, représentant du Roi ; le major Heureux, représentant du Ministre de la Défense nationale ; le représentant du Gouverneur de la province du Hainaut ; Benoît Friart (père), Bourgmestre du Roeulx et les membres du Conseil Communal; les enfants des écoles; les associations patriotiques; la police et quelques représentants de la gendarmerie du Roeulx.

Le souvenir de cette journée m’est resté vivace, car comme beaucoup d’habitants du Roeulx et des environs, je tenais à faire acte de présence. Comme j’avais accompli mon service militaire (obligatoire à cette époque) comme officier de réserve, faisant face à cette inauguration rehaussée par la présence d’un représentant du Roi, j’étais dans l’obligation de revêtir ma tenue militaire. Les gens me regardaient avec étonnement…beaucoup d’entre eux ne me reconnaissaient pas dans cette tenue.

Ce que retient Maurice Leclercq à propos du troisième roi des Belges, c’est son souci permanent de la vie de ses hommes. Il avait toujours refusé de participer à des offensives qui étaient vouées à l’échec. Il faut savoir que c’est le général Pétain lui-même qui, lors d’un entretien avec le Roi le 7 juin 1917, disait : « L’offensive érigée en principe absolu a été une des causes de l’immensité des pertes françaises ».

Comme tout bon historien amateur, il a mémorisé la date de l’accident tragique qui mit fin au règne d’Albert 1er : le 17 février 1934. Il me rappelle qu’un million d’hommes, de femmes et d’enfants sont accourus de tous les coins du pays pour saluer une dernière fois cet illustre homme qui était un homme timide lorsqu’il dut monter sur le trône mais qui devint un grand chef tellement était ancré en lui le sens du devoir.

Patrick Renaux

Souvenirs du Roeulx – Heureux au Roeulx !

En recherchant des documents à propos du Roeulx, j’ai découvert une feuille polycopiée résumant le programme des activités  organisées par « Villes Vacances ».

« Villes Vacances » était une émission radiophonique créée par la RTB. Le présentateur, Jean-Claude Ménessier, animait de main de maître ce divertissement que l’on pouvait suivre à travers différentes villes francophones du pays, durant tout l’été. Le week-end, d’importantes manifestations attiraient un public curieux qui soutenait les candidats aux jeux concours faisant appel aux connaissances générales. La semaine, sous chapiteau, de nombreuses activités permettaient aux habitants de la ville visitée de se retrouver pour mieux faire connaître leur environnement à travers tout le pays. Chaque jour de la semaine, était diffusé à la radio, un des jeux concours.

Voici le programme des 30 et 31 juillet 1966.

Samedi 30 juillet :
A 14h30 : en direct du Roeulx, Place du Château, LA ROUTE DU BONHEUR
5 candidats seront interrogés par des spécialistes du Code de la Route.

A 17h00 : sur la Place du Château, LE KIOSQUE D’OR
Audition de la Fanfare ouvrière des deux Houdeng

Dimanche 31 juillet :
En direct depuis Le Roeulx
A 6h00 : le matin, LE SOLEIL SE LEVE SUR LA VILLE DU ROEULX
A 8h00 : LA VILLE DU ROEULX FAIT SON PROGRAMME avec Caty
A 13h15 : Jean-Claude présente LES 230 MINUTES
Durant cette émission, arrivée de la vedette surprise
18h00 : LES ERUDITS DU DIMANCHE
5 candidats sont interrogés sur l’histoire, le tourisme,
la géographie, les arts et la littérature.
A 18h30 : L’OBJET INSOLITE
GRAND DEFILE DE MANNEQUINS QUI PRESENTERONT
UNE SYNTHESE DE « la mode d’automne » DE PARIS.
Ce défilé, qui se déroulera au Château des Princes de Croÿ-Roeulx, vous montrera en exclusivité 33 modèles inédits, venant directement de Paris. Il nous est offert gracieusement par les grands magasins de « L’INNOVATION » de Bruxelles.
A 21h00 : BOUQUET FINAL DE « VILLES VACANCES », sous le chapiteau BAL AUX LAMPIONS, Bal du Maïeur, avec les Chabroll’s et Roger Claude : Monsieur Bonne-Humeur.

Les plus anciens du Roeulx se souviennent sans doute de cet événement qui permit de faire connaître notre petite Ville princière à toute la Belgique francophone. C’est aussi grâce à Jean-Claude, l’animateur phare de la radio francophone belge, que l’adage « HEUREUX AU Roeulx » fut bien ancré dans nos esprits. À chaque début de séquences enregistrées pour la radio, Jean-Claude lançait à travers les ondes : « HEUREUX AU Roeulx ».

Patrick Renaux

Les origines de notre équipe de foot

Grâce à des rencontres hasardeuses et quelques commentaires d’anciens Rhodiens, je peux vous livrer quelques souvenirs des premiers pas de l’univers footballistique du Roeulx. Ne sont repris dans ces lignes que quelques anecdotes des initiateurs du futur club actuel et quelques noms qui ont fait la joie des supporters de la première heure.

Tout remonte dans le début des années 70

Quelques amis rhodiens, amateurs de foot s’unissent pour participer à quelques tournois dans la région. Avec l’autorisation de fermiers, ils ont pu s’entraîner sur des pâtures qui ne ressemblaient en rien à un terrain de foot. Avec des morceaux de bois, ils confectionnèrent les limites des goals.

Le plaisir de ce sport populaire fit rapidement des émules même si les résultats n’étaient pas brillants… En 1972, Fernand Marlier prêta une pâture au groupe de joueurs en pleine extension. Avec l’accord du propriétaire, les joueurs purent construire des vestiaires en blocs de béton. Pour se laver et se rafraîchir après les matchs, ils allaient chercher l’eau de la petite rivière qui coulait à proximité. Malgré des installations très primitives, les footballeurs étaient prêts à aborder sereinement les divisions provinciales. Le seul écueil à cette nouvelle aventure sportive fut l’homologation du terrain. Une légère pente des terres pouvait faire basculer tous les espoirs rhodiens. Monsieur Carlier représentant du comité provincial pour l’homologation des terrains de football fut très bien accueilli. Après quelques verres de notre breuvage rhodien, il se rendit sur les lieux et, semble-t-il, la pente tant redoutée par les joueurs fut adoucie par ses propres yeux… Toutes les démarches entreprises par ce nouveau club se soldaient par un succès.

Au niveau des performances de l’équipe, Christian Soupart et Bernard Marlier se souviennent d’un début catastrophique : les 12 premiers matchs joués furent un échec. .. mais le 13ème match contre La Hestre fit oublier tout le reste. Un résultat sans appel 4 – 0. Ce fut le délire au Roeulx ! Le café « Le Carlsberg » ou « chez Françoise », local du foot connut des soirées mémorables après les grands derbys gagnés.

Les joueurs de la première heure étaient, pratiquement tous, des Rhodiens. Sur la photo des premiers beaux jours de l’équipe officielle, Bernard Marlier et Christian Soupart ont pu nommer : Mario Spaggiari, Walter Ravaldi, Serge Henrotay, Jean-Pol Brison, Guy Vincent, Daniel Declercq, Jacques Pary, Pierre Van Hoolandt, Christian Soupart, René Barbiot, Guy Rondeau, Jean-Claude Petit, X ?, Jean-Marie Goorickx, Bruno Ravaldi. Le comité était composé de Jules Libert, président, Bernard Marlier, secrétaire et Robert Van Hoolandt pour l’entretien. Avec de nets progrès en 4ème division provinciale, des renforts sont arrivés et on a vu notamment : Dominique Rossolino, Jean-Louis Donfut, Robert Blampain, Edouard Tournay, Didier Hallard, et les frères Bufi qui purent faire la différence.

Vu les résultats et l’engouement des supporters, la commune du Roeulx entreprit l’aménagement d’un terrain au centre du Roeulx : l’ancien trou à immondices. Selon les dires de Bernard Marlier et Christian Soupart, les joueurs se sont cotisés pour l’achat de piquets de téléphone pour assurer l’éclairage du terrain. Motivés jusqu’au bout de leurs chaussures, lors de l’inauguration de leurs nouvelles infrastructures, les joueurs furent applaudis par une immense foule. Lors de cette fête, quatre parachutistes atterrirent sur le terrain flambant neuf. Gilbert Rondeau, père de Guy Rondeau, fit partie de l’équipée.

Après une épopée fantastique dont je ne rappelle qu’une infime partie, l’équipe du Roeulx évolue actuellement en 1ère provinciale dans un tout nouveau stade récemment inauguré.

Patrick Renaux

Si les arbres du square Mabille pouvaient parler…

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Situé au centre de la cité princière, le square Léon Mabille offre un coin de verdure exceptionnel à différents titres. Par son contenu, il est riche de plusieurs « arbres remarquables ». Les multiples essences de ce poumon vert égaient l’environnement qui n’était avant sa création que marécages puants. Le square, trop souvent dénommé « le parc », donne à chaque saison le meilleur de sa palette de coloris qui en font un chef d’œuvre digne des plus grands peintres de tous les temps.

Chargé d’histoire locale, il rappelle l’existence du Député-Bourgmestre qui est à la base de « La Maison des Ouvriers ». De sa main, le buste de Léon Mabille décline ce bâtiment d’une architecture particulière. Au fil du temps, cette bâtisse où se concentrent aujourd’hui les activités culturelles de l’entité, a porté divers noms, notamment : la Maison des Oeuvres, le Cercle Patria, le Cercle, le Centre culturel et sportif… et pour terminer la série : « Le Centre Culturel Joseph Faucon ».

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En son sein, le square abrite aussi trois stèles rappelant le décès de jeunes trop audacieux face à l’ennemi de la guerre de 40-45. A chaque commémoration de nos deux guerres, les édiles communaux et leurs invités viennent se recueillir et déposer des fleurs.

Mais tout ceci paraît une partie infime de l’iceberg historique, de la petite histoire que pourraient délivrer ces arbres majestueux… Certains riverains ont été témoins de la traversée du square par des véhicules privés dont les chauffeurs bien arrosés sortaient de la salle des fêtes du Cercle… Il y a même une personne qui m’a prétendu qu’en retournant chez elle, un soir de fête, Léon Mabille lui avait fait un croche-pied et avait donc dû être bandée jusqu’au genou… Mes souvenirs d’enfant ( il y a près d’un demi siècle), se fondent dans une organisation de camarades voisins : Alain et Philippe, pour le meilleur et pour le pire. Un soir d’hiver, après l’école, nous formulâmes le désir d’ériger une embuscade à la gente féminine de notre école que nous aimions taquiner à nos heures. ( A cette époque un mur séparait la cour des filles de la cour des garçons, donc impossible de les atteindre…) Il était donc décidé de se retrouver le lendemain à huit heures dans le square pour former nos boules de neige derrière un houx, en attendant l’arrivée de nos « ennemies ». Lors de leur passage, les écolières reçurent une drache de boules de neige bien tassées. Exténuées, elles gagnèrent au plus vite l’école. La réplique ne se fit pas attendre… Les filles avaient rapporté l’événement à la directrice de l’école des filles : soeur Suzanne. C’est ainsi qu’à la fin de la récréation de dix heures, nous fûmes convoqués chez monsieur Degré (Marcel) directeur de l’école des garçons, pour recevoir une leçon de courtoisie, de politesse et de savoir-vivre en plus de verbes à conjuguer aux modes et temps étudiés…

Le square, c’est pour moi aussi le souvenir de parties de billes avec nos amis de l’école moyenne primaire. Dès la fin des cours, nous nous retrouvions sur les sentiers en cendrée rouge pour une partie de billes au carré. Le garde-champêtre passait pour vérifier si nous respections bien l’interdiction de mettre les pieds sur les pelouses. A cette époque, des panneaux avec l’interdiction de marcher sur les pelouses étaient plantés à chaque accès du square. Les choses ont bien changé depuis… Mais aujourd’hui, c’est bien souvent avec respect que les pelouses sont foulées par les têtes blondes notamment lors de la chasse aux oeufs organisée par la commune ou lors du cross interscolaire mis sur pied par le Rotary et la commune. Avec leur professeur de gym, les élèves de l’école de l’Ange Gardien profitent de cet espace magnifique. Les enfants des mouvements de jeunesse du Roeulx y viennent aussi pour se divertir.

S’il a connu une mauvaise réputation à certaines époques, le square Léon Mabille reste et restera un lieu de rencontres entre toutes les générations, un lieu d’épanouissement, un lieu où l’on partage le bonheur. Hormis le cadre idyllique pour des photos de mariage, cet endroit ne vous rappelle-t-il pas peut-être votre première rencontre amoureuse ?

Patrick Renaux

Le Moulin des Buchis au Roeulx

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Durant l’ancien régime, notre entité comptait 2 moulins banaux. L’un, à eau, était établi le long de la Haine à Ville-sur-Haine, un second, à vent, dominait les hauteurs de Montauban, le moulin dit de Sablimont. La Révolution française ayant aboli les privilèges seigneuriaux, apparaissent, sur la commune du Roeulx, deux nouveaux moulins à vent. L’un, dit du Faubourg, était situé le long de l’actuelle rue Albert 1er; le second, que nous voyons ici, appelé moulin du pachi du – ou des – Buchis, vit le jour en 1805 approximativement à l’emplacement du terrain de football de l’internat autonome de la Communauté française, rue du Cargies. Ce moulin en bois était placé sur une butte au sein d’une pâture, sur laquelle s’élevait autrefois – jusqu’à la fin du 16e siècle – la ferme des Seigneurs du Roeulx. Nous distinguons dans le lointain le clocher de l’église et la façade arrière de l’actuel Centre Culturel. La famille Soupart y exerça l’activité de meunier durant pratiquement tout le 19e siècle ; le dernier du nom, Isidore Soupart, portait le sobriquet de Zidore dou monnî. Ce moulin fut démoli en 1908.

Place de la Chapelle au Roeulx

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Pompe à eau

À l’emplacement de ces 2 tilleuls de la place de la Chapelle, s’élevait, jusqu’à la Révolution française, l’imposante chapelle Notre-Dame de la Fontaine. C’est un certain Simon-François Roulez qui en fit l’acquisition en 1798 pour la somme de 32.100 francs. Il s’empressa de déconstruire l’édifice afin de tirer profit de la vente des matériaux les plus nobles. En 1868, le Prince Emmanuel de Croÿ fit aménager, à ses frais, ce nouvel espace public.

Nous distinguons en arrière-plan l’école moyenne de l’État, dont les bâtiments sont de nos jours transformés en appartements, établissement scolaire devant lequel avance péniblement un charroi transportant des fûts de bière. En avant-plan apparaît une pompe à eau. C’est au cours du 19e siècle – suite à la fameuse théorie des miasmes – que vont être couverts les puits de la ville. Deux « pompiers » vont avoir en charge l’entretien de celles-ci : Évariste Chavepeyer et Nicolas Gossuin. Ce n’est qu’en 1930 que l’eau sera distribuée dans toutes les maisons de la localité.

Autres photos de la place de la Chapelle

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Le 3 du Faubourg de Binche

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Le 3 du Faubourg de Binche était initialement constitué d’une rangée de 5 maisons. C’est Philippe De Quanter qui les réunit en une seule habitation. On peut d’ailleurs apercevoir des marques de portes et de fenêtres sur la façade actuelle. A l’intérieur de la maison des différences de niveau dans les plafonds attestent également de la réunification de ces maisons en une seule.

Charles Adolphe De Quanter succéda dans la maison à son père Philippe. Charles fut le dernier d’une lignée de 4 notaires. Petite anecdote : l’une des cloches de notre église, « Gabrielle-Joseph », a pour marraine Gabrielle De Quanter, la neuvième fille de Charles De Quanter, décédée célibataire en 1961. Charles fut également conseiller communal et, fait peu connu, il créa et dirigea une chorale qui acquit une certaine notoriété dans la région.

On dit de cette habitation qu’elle est une « maison à filles ». En effet, Charles de Quanter eut 10 filles et les propriétaires actuels en eurent 3. Les prochaines naissances pourront confirmer ou infirmer cette rumeur.

Souvenirs d’une rencontre…

Au fil des mois passés sous la rubrique : « Le Roeulx souvenirs », les articles que j’ai pu écrire ont suscité de nombreux échanges et rencontres entre lecteurs. Des précisions, des commentaires me sont parvenus. Certains articles ont été modifiés grâce à vos réactions. Plusieurs textes à propos de faits de guerre vécus à Ville-sur-Haine, Gottignies et Thieu ont notamment intéressé pas mal de lecteurs et ont débouché sur de nouvelles documentations (bulletin communal de mars-avril 2015, novembre-décembre 2015 et juillet-août 2016). Avec les années qui s’écoulent, les témoins de la Guerre de 1940-1945 se font de plus en plus rares pour nous laisser leur ressenti face à des événements aussi marquants.

Pour le bulletin communal de novembre-décembre 2016, j’ai rencontré un « vrai » rhodien: « un kin » (qui est né et qui vit au Roeulx). Né au n°9 de l’avenue du Peuple, Paul Dumont a vu le jour le 18 juin 1928. Il a fréquenté les bancs de l’Ecole Moyenne du Roeulx. Son père Jules travaillait pour les douanes et accises, notamment aux postes de Tournai, Quiévrain et Angre. Sa mère était couturière. A peine entré dans l’âge de la préadolescence, Paul connaît l’évacuation comme une multitude de gens de la région. Avant que l’armée allemande n’atteigne Le Roeulx, Jules Dumont décide de partir avec sa petite famille chez son frère et sa soeur à Wervik, à la frontière franco-belge. Le souhait final de Jules était d’atteindre l’Yser : protection naturelle face à l’ennemi, fruit de l’expérience de la Grande Guerre.

Mais malheureusement, les faits avaient pris une autre tournure… L’armée allemande avait progressé très vite sur notre territoire et atteint rapidement Wervik. Comme les Allemands étaient présents à travers une grande partie du pays, Jules prit la décision de revenir au Roeulx. Peu de temps après leur retour au bercail, situé à ce moment-là à l’avenue du Roi Albert, les Dumont reçurent la visite de gendarmes pour leur annoncer la réquisition d’une chambre en faveur d’un jeune gradé allemand. La plupart des simples soldats allemands étaient logés dans des édifices publics comme la Maison des Ouvriers et l’Ecole Moyenne. En général, les « petits gradés » profitaient d’un logement chez les particuliers que les autorités locales devaient dénicher. Les « hauts gradés » occupaient entièrement certaines maisons bourgeoises.

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Outre le maintien de l’ordre, le respect de nouvelles lois, les soldats allemands allaient travailler chaque jour aux Ateliers du Roeulx, face à la gare. Ils entreposaient là du matériel de génie militaire : armes, munitions, canons, matériel pour les chevaux…bref toutes les fournitures militaires. En général, les soldats allemands qui séjournaient au Roeulx étaient polis et corrects envers la population. Paul se souvient de l’hiver 40-41 particulièrement rude et revoit sur les eaux des étangs du château du Roeulx des Rhodiens et des Allemands patiner. Au bistrot tenu par Marie Marray, après avoir salué la clientèle, les soldats prenaient un verre tranquillement ceinturon décroché et pendu au portemanteau.

Parmi les images de l’occupation allemande au Roeulx de notre sympathique octogénaire, je terminerai par une « coïncidence » la présence d’un lavoir à la rue Emile Vandervelde, là où se situe la friterie, mais là aussi où ont habité Paul, Marcelle, son épouse, et leurs deux filles. Les lavandières travaillaient sans relâche au service de tous les représentants de l’armée allemande de la région. Parmi toutes ses anecdotes, Paul m’a rappelé l’histoire du cochon du major. Cet épisode m’a été plus d’une fois conté avec des versions controversées. Voici le condensé de sa version.

Une perquisition générale sans motif avait été organisée dans toutes les maisons du Roeulx. Par une langue trop bien pendue, on apprit que cette action avait été menée pour retrouver le cochon du major allemand occupant une maison à la rue de la Station, à proximité de la maison Monoyer. Plus tard, on sut que le cochon avait été volé par quelques soldats allemands audacieux. Ils l’avaient envoyé en Allemagne pour subvenir aux besoins de leur famille.

Patrick Renaux