Le pont du Canal à Ville-sur-Haine

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Nous nous situons à la hauteur du pont-levis qui enjambe le canal du Centre peu avant l’ancienne gare d’Havré-Ville. Ce cliché a vraisemblablement été pris vers 1912.

Une demi-douzaine d’années plus tard, il sera le théâtre d’un événement toujours bien ancré dans la mémoire des habitants de Ville-sur-Haine.

Ce 11 novembre 1918, les armées allemandes sont en déroute et battent en retraite vers les hauteurs du village en direction du Roeulx. En provenance d’Havré, les troupes canadiennes du 28e Bataillon d’infanterie atteignent, quant à elles, le canal et franchissent le pont-levis. Le Private George Laurence Price fait partie de ces hommes de la compagnie A.

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George Lawrence Price

L’objectif de la journée est pourtant rencontré : reprendre le village d’Havré. Il est presque onze heures. Dans quelques instants, sonnera l’armistice entre les belligérants. George Price rejoint les premières maisons du village. Dans deux minutes, tout s’arrêtera … Les combats seront finis ! Ce sera la fin des hostilités entre les armées ennemies. Quelques francs-tireurs allemands se sont allongés le long du sentier des Prés et mettent en joue ces soldats intrépides ! Price et ses camarades fouillent les habitations à la recherche de cette fichue mitrailleuse qui les a amplement « arrosés » alors qu’ils franchissaient le pont-levis. C’est alors qu’une balle tirée par l’un de ces francs-tireurs atteint notre homme à la poitrine. Il mourra quelques instants plus tard après avoir tendu une fleur en tissu à l’occupant de la maison ! Il est 10 h 58 ! Deux minutes plus tard, les soldats des deux camps se redresseront … La guerre est bien finie !  Price ne le saura jamais tout comme le fait qu’il est le dernier soldat allié de la campagne 1914-1918 à être tombé au champ d’honneur ! Et dire que ce jour-là, il sera le seul de sa compagnie à perdre la vie !

Voir aussi www.memorialprice.org

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Cimenterie et verrerie à Ville-sur-Haine

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Entamés en 1839, les travaux de construction de l’actuelle chaussée de Mons – entre Le Roeulx et la cité du Doudou en passant par Ville-sur-Haine et Havré– sont achevés en 1842. Son tracé sera cependant légèrement modifié par le creusement du canal du Centre en 1883.

En 1849, est mise en service la ligne ferroviaire entre Manage et Mons, en passant par La Louvière et Bracquegnies. Toutes ces nouvelles voies de communication incitent investisseurs et entrepreneurs à établir à la rue des Fabriques – rue qui longe la voie de chemin de fer face à l’ancienne gare « Havré-Ville » – des manufactures de tailles diverses.

C’est ainsi qu’en 1870, s’y installe une fabrique de sucre de betterave. Son activité sera toutefois éphémère puisqu’en 1883 une des premières cimenteries du Royaume voit le jour sur le site de cette sucrerie. Cette dernière ne fonctionnera également que quelques années ne pouvant concurrencer les cimenteries plus modernes.

Suite à la fermeture de la cimenterie s’installera en 1908 la société en nom collectif « Verreries Jean-Baptiste Doyen et Compagnies ». Une trentaine d’ouvriers y travaillent jour et nuit par pauses.

En 1910, une soixantaine d’ouvriers et ouvrières ainsi que cinq employés y sont occupés. La production annuelle s’élève à 3 millions de pièces.

La Première Guerre mondiale entrainera la fermeture temporaire de l’entreprise.

En 1924, une nouvelle société est constituée : « Verreries-Gobeleteries Doyen S.A. » à Havré-Ville. Elle occupe 395 ouvriers .

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En novembre 1975, la verrerie de Havré-Ville est définitivement fermée et le personnel envoyé au siège de Manage.

Voir aussi « C’était au temps où Ville-sur-Haine s’industrialisait… » aurait pu fredonner le grand Jacques

Parachutages et atterrissages forcés à Thieu en 1944

Grâce à l’aimable collaboration d’André Schaillié, originaire de Thieu, j’ai obtenu des documents écrits de Louis Dumont qui fut témoin de quelques faits de guerre en 1944. Vu la longueur et mon choix des textes, je vous livre une partie du vécu de ce  Thiérois né le 19 janvier 1929.

La Société des Charbonnages de Strépy-Bracquegnies possédait un quai de chargement le long du canal du Centre à Thieu, le  long du cul-de-sac près de la cimenterie. La population était autorisée à nettoyer les wagons « vides ». J’avais 15 ans et je revenais avec ma brouette et mon sac de charbon. Passant sur le pont de l’écluse et m’engageant dans la rue des Peupliers (disparue), je vis avec stupéfaction un parachute au-dessus de moi. Le para tomba de l’autre côté de la rue dans le potager du bureau et réfectoire de la cimenterie. Chance inouïe ! Un mètre à côté, c’était la chute le long de la pente tombant à pic vers
l’entrée de la carrière. Ayant oublié de serrer ses bottes, au choc de l’ouverture du parachute, il se retrouva en chaussettes sur la terre ferme. Joseph Paradis, chef électricien, qui occupait les lieux à cette époque lui donna une paire de vieilles savates. Un second para tomba de l’autre côté du chemin de fer entre les poteaux de haute tension. Un troisième tomba au chemin des Marlières près du calvaire Les cordes de son parachute s’étant entremêlées, il fit une mauvaise chute et resta allongé. La Croix Rouge le transporta. Poursuivant ma route, j’appris par l’intermédiaire de mon frère qu’un avion militaire avait été abattu sur la hauteur de la chapelle de Creuse. On retrouva le pilote mort dans les champs. ( Je suppose qu’il avait sauté trop tard ou que son parachute n’avait pas eu le temps de s’ouvrir. ) Nous nous rendîmes sur le lieu du crash. Nous revînmes avec des morceaux d’ailerons qui nous servirent, pendant des années, de cloisons pour notre trou au fumier.

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A l’automne 44, dans un bruit assourdissant, je vis un monomoteur aux couleurs américaines décrire une large courbe à basse altitude au-dessus de Thieu. Etrange, bizarre, aucun aérodrome n’existait ici ! Un peu plus tard, la rumeur confirma qu’un avion avait atterri au lieu dit : « La Brûlotte ». Nous nous précipitâmes et nous vîmes un chasseur américain qui avait fait un atterrissage forcé sur le ventre. L’engin s’était arrêté contre le petit talus du Chemin de l’Empereur presque sur la chaussée de
Mons. C’était un P47 Thunderbolt, ancêtre du Thuderjet en usage plus tard dans notre force aérienne. Le pilote s’était précipité vers l’habitation la plus proche habitée par Raoul Bran, un papier à la main sur lequel était écrit en plusieurs langues « Pouvez-vous me cacher… ». Il n’en était plus question, il était en territoire libéré. Le pilote s’était complètement égaré. L’armée américaine mit deux sentinelles pour garder l’épave mais on oublia de les ravitailler. Le soir, je vis la maman de Jean Barbiot leur cuire une omelette.

Patrick Renaux

Gilbert raconte l’incendie de la Maison communale de Ville-sur-Haine

Le bâtiment, érigé en 1874, comportait au centre l’administration communale, à gauche l’école des filles et à droite, celle des garçons. A l’arrière se situait l’école maternelle. En 1914, la kermesse du 3ème dimanche de septembre bat son plein. Le samedi soir, les troupes allemandes sont signalées à Thieu. Près du canal, les Anglais observent leurs mouvements. Non loin, une fusillade éclate. Le lendemain, trois villageois sont tenus responsables de l’échauffourée par les Uhlans. Tandis que l’un d’eux s’enfuit, les deux autres se voient contraints de suivre les envahisseurs jusqu’à l’Hôtel de Ville, endroit où des armes confisquées étaient entreposées. Ne trouvant pas les armes en question, les Uhlans mirent le feu au bâtiment en représailles des événements de la veille. La Maison communale sera reconstruite bien des années plus tard en 1924.

Michel et Jacqueline se souviennent de la cimenterie de Thieu

Michel et Jacqueline se remémorent les années où la cimenterie de Thieu battait son plein. Elle employait nombre de Thierrois et prospérait. Revers de la médaille, cette usine causait quelques désagréments : le bruit incessant de l’élévateur à godets puis du pont roulant, le trafic routier, les façades embouties par des camions et surtout, la poussière qui pénétrait partout y compris dans les habitations.