Les estaminets du Roeulx en perdition…

Lors de leur Grand Chapitre, les membres de la Confrérie St-Feuillien avaient choisi le thème des estaminets du Roeulx. Avec l’accord des principaux confrères historiens amateurs, je vous livre une partie de leurs recherches.

27 adresses ont été épinglées pour faire un tour d’horizon des bistrots du Roeulx… Les plus anciens pourraient très certainement citer beaucoup plus de débits de boissons.
Parmi nos recherches, une ancienne carte postale illustrant notre bonne ville du Roeulx confirme le nombre important de bistrots. L’expéditeur y a écrit : « Ici, une maison sur deux est un estaminet. » A l’heure où il n’y avait pas internet, appareils portables, smartphones, etc, les gens se rencontraient dans les bistrots, tavernes, auberges, cafés…
Ces endroits sont des lieux de sociabilité. On y tisse des relations, on y renforce des liens. D’ailleurs, en 1802, l’Académie française définissait l’estaminet comme une « assemblée de buveurs et de fumeurs ». Une « assemblée », c’est-à-dire une communauté, un groupe. Cette appellation désigna aussi le lieu où elle se tient. L’estaminet est donc une manière de « faire société », un lieu et une manière d’être ensemble, de vivre ensemble. Le premier établissement que j’ai choisi est le Centre culturel Joseph Faucon et son café Patria. Ce remarquable bâtiment fut voulu par le Député-Bourgmestre Léon Mabille.

Appelé à une certaine époque Cercle catholique-Patria, cette bâtisse comprenait un bistrot et deux grandes salles. Au fond de la cour, des bâtiments de récupération d’un charbonnage furent érigés en faveur du patro St Nicolas. Toutes les salles de cet ensemble architectural grandiose servirent à de nombreuses activités aussi différentes les unes que les autres. La salle du haut prévue au départ comme salle de spectacles a vu défiler notamment le club de pétanque, le tennis de table, le judo club, le club de boxe… La salle d’en bas reçut de nombreux concours de tir à l’arc à l’horizontale, les bals du bourgmestre, les fêtes du patro, les dîners de prisonniers de guerre 14-18 et 40-45, des concours de whist, les fancy-fair de l’école de l’Ange Gardien… Une fois par semaine, la bibliothèque paroissiale située au-dessus du café recevait tout lecteur avide d’échanger ses coups de coeur. Le café fut entre autre dirigé par René Duby (appelé : le petit René vu sa petite taille) et sa femme. D’octobre 1977 à février 1992, ce débit de boissons fut tenu par Monique Hélin et son second mari connu sous le nom de « Tonton ». Il serait indécent de ne pas citer deux hommes forts pour entretenir et gérer tous ces bâtiments. A l’heure à laquelle il n’existait aucun subside, messieurs Albert Pesesse et Gaston Decubber ont maintenu le pot droit comme on dit, tout en veillant au grain au profit d’une population toujours plus active. Pour faire face aux frais de fonctionnement, le Doyen Blampain (curé-doyen du Roeulx de 1951 à 1976 ) encourageait ses paroissiens à la messe de 10h00 à venir prendre l’apéro à Patria. « Il fallait faire marcher le commerce. » comme il disait. Ce lieu exceptionnel a connu de belles histoires et continue à encore vivre des moments de rencontres, de partages qui nous font grandir dans notre vie d’homme ou de femme grâce à toutes les activités proposées par les responsables du Centre culturel.

Patrick Renaux

Une ferme familiale en pleine campagne rhodienne : la « Cense d’Hayette »

Cette ferme située à la rue Cortembos au beau milieu des champs a une empreinte bien marquée par la famille Peeters. En effet,  Arthur Peeters fut le premier de la famille à occuper les lieux. Son frère Roger lui succéda. Aujourd’hui, Sylvain, fils de Roger, occupe fièrement les lieux. D’un point de vue historique, on ne possède que très peu de documents.

Notre historien local, Benoît Hautenauve, m’a signalé que Charles Friart avait écrit en son temps et cela avait été repris dans la revue éditée par le Cercle d’Histoire Léon Mabille : la maison porte le blason millésimé 1736 de l’abbé Guillaume Fossez (1726-1747) avec sa devise « Recto ».

La grange présente le blason daté « 1753 » de l’abbé Gibert Meurand, avec sa devise « Concordier ». La cense appartint à l’abbaye jusqu’à la révolution. Elle s’étendait en 1693 sur quarante bonniers et neuf journels. Les censiers les plus connus furent : Philippe Piermant (1593), Nicolas de Houve (1634) puis son neveu, Pierre Gharitte et les descendants de celui-ci, Philippe-Antoine et Maximilien. Lors de la vente des biens nationaux à la révolution, la cense de la Hayette passa aux mains de plusieurs acheteurs qui la revendirent en 1803 au Prince de Croÿ-Solre.

Cela fait maintenant une petite dizaine d’années que Sylvain Peeters et son épouse Cristel Noppe sont devenus propriétaires de la ferme. L’exploitation fonctionne sur une centaine d’hectares.
On y pratique les cultures traditionnelles comme le froment, le maïs et les betteraves. L’entreprise familiale est centrée sur les produits laitiers. Chaque jour, une centaine de vaches donnent le meilleur de leur lait. Les heures de la traite sont fixées à 6h00 et 17h00.

Cristel a suivi une formation pour la abrication du fromage à la ferme pilote d’Ath (ferme pilote reliée à l’école d’agriculture).

Depuis le mois de juin, un magasin a ouvert ses portes à l’entrée de l’exploitation. On peut y acheter du lait, du yaourt, du fromage blanc et ses dérivés : fines herbes et boulettes apéritives, de la crème glacée à différents parfums traditionnels et de la crème-dessert. Le fromage à pâte dure nature et épices peut faire le plaisir des palais affinés. Cristel ne recule devant rien puisqu’elle s’adonne au jardinage. Elle peut ainsi vous proposer des légumes du jardin : surplus de sa production personnelle.

Le futur projet de Cristel est de réaliser des bûches glacées pour les fêtes de fin d’année. Si vous voulez acheter les produits du terroir, vous pouvez vous rendre à la ferme quand cela vous est possible. Cristel est quasiment là tout le temps. Ce n’est pas au Roeulx que l’on mourra de faim.

 

Patrick Renaux

 

Le monument Albert 1er au Roeulx

Pour rédiger cet article, Dimitri Deblander m’a conseillé de rencontrer Maurice Leclercq, passionné d’histoire et plus particulièrement attaché au règne du Roi Albert 1er. Pourquoi cet intérêt à ce personnage de la famille royale ? Le papa de Maurice Leclercq, Georges, fut à plusieurs reprises proche du Roi Chevalier. En s’engageant volontairement pendant la guerre de 1914-1918, Georges Leclercq intégra le 1er Régiment des Grenadiers. A cette époque, ce régiment faisait partie de l’élite militaire belge. Ce régiment fut offert par Léopold II au Prince héritier, Albert 1er. Reconnu par ses pairs, Georges fut gratifié plus d’une fois et a laissé à son fils de nombreuses médailles et décorations dont Maurice est très fier.

Maurice Leclercq me raconte :

La décision d’ériger au Roeulx un monument en l’honneur du Roi Albert fut prise le 20 août 1960 par la section locale de la fédération nationale des vétérans du Roi Albert. Il fut ainsi décidé que cette construction serait réalisée sur un terrain offert par le Prince de Croÿ, situé à l’intersection de la rue Nivelloise et de la chaussée de Soignies, juste en face de l’avenue du Roi Albert.

Compte tenu des nombreuses formalités administratives et de la nécessité de boucler le budget, son inauguration n’eut lieu que le 14 juin 1964. Ce jour-là, après la messe célébrée par le doyen Blampain et chantée par la chorale de la gendarmerie de Mons, le cortège se dirigea vers le monument qui fut dévoilé par le représentant du Roi et, après le dépôt de fleurs et les discours, la cérémonie se clôtura à l’Hôtel de Ville avec le vin d’honneur.

Participaient notamment à cette inauguration : le colonel Dalleur, représentant du Roi ; le major Heureux, représentant du Ministre de la Défense nationale ; le représentant du Gouverneur de la province du Hainaut ; Benoît Friart (père), Bourgmestre du Roeulx et les membres du Conseil Communal; les enfants des écoles; les associations patriotiques; la police et quelques représentants de la gendarmerie du Roeulx.

Le souvenir de cette journée m’est resté vivace, car comme beaucoup d’habitants du Roeulx et des environs, je tenais à faire acte de présence. Comme j’avais accompli mon service militaire (obligatoire à cette époque) comme officier de réserve, faisant face à cette inauguration rehaussée par la présence d’un représentant du Roi, j’étais dans l’obligation de revêtir ma tenue militaire. Les gens me regardaient avec étonnement…beaucoup d’entre eux ne me reconnaissaient pas dans cette tenue.

Ce que retient Maurice Leclercq à propos du troisième roi des Belges, c’est son souci permanent de la vie de ses hommes. Il avait toujours refusé de participer à des offensives qui étaient vouées à l’échec. Il faut savoir que c’est le général Pétain lui-même qui, lors d’un entretien avec le Roi le 7 juin 1917, disait : « L’offensive érigée en principe absolu a été une des causes de l’immensité des pertes françaises ».

Comme tout bon historien amateur, il a mémorisé la date de l’accident tragique qui mit fin au règne d’Albert 1er : le 17 février 1934. Il me rappelle qu’un million d’hommes, de femmes et d’enfants sont accourus de tous les coins du pays pour saluer une dernière fois cet illustre homme qui était un homme timide lorsqu’il dut monter sur le trône mais qui devint un grand chef tellement était ancré en lui le sens du devoir.

Patrick Renaux

Souvenirs du Roeulx – Heureux au Roeulx !

En recherchant des documents à propos du Roeulx, j’ai découvert une feuille polycopiée résumant le programme des activités  organisées par « Villes Vacances ».

« Villes Vacances » était une émission radiophonique créée par la RTB. Le présentateur, Jean-Claude Ménessier, animait de main de maître ce divertissement que l’on pouvait suivre à travers différentes villes francophones du pays, durant tout l’été. Le week-end, d’importantes manifestations attiraient un public curieux qui soutenait les candidats aux jeux concours faisant appel aux connaissances générales. La semaine, sous chapiteau, de nombreuses activités permettaient aux habitants de la ville visitée de se retrouver pour mieux faire connaître leur environnement à travers tout le pays. Chaque jour de la semaine, était diffusé à la radio, un des jeux concours.

Voici le programme des 30 et 31 juillet 1966.

Samedi 30 juillet :
A 14h30 : en direct du Roeulx, Place du Château, LA ROUTE DU BONHEUR
5 candidats seront interrogés par des spécialistes du Code de la Route.

A 17h00 : sur la Place du Château, LE KIOSQUE D’OR
Audition de la Fanfare ouvrière des deux Houdeng

Dimanche 31 juillet :
En direct depuis Le Roeulx
A 6h00 : le matin, LE SOLEIL SE LEVE SUR LA VILLE DU ROEULX
A 8h00 : LA VILLE DU ROEULX FAIT SON PROGRAMME avec Caty
A 13h15 : Jean-Claude présente LES 230 MINUTES
Durant cette émission, arrivée de la vedette surprise
18h00 : LES ERUDITS DU DIMANCHE
5 candidats sont interrogés sur l’histoire, le tourisme,
la géographie, les arts et la littérature.
A 18h30 : L’OBJET INSOLITE
GRAND DEFILE DE MANNEQUINS QUI PRESENTERONT
UNE SYNTHESE DE « la mode d’automne » DE PARIS.
Ce défilé, qui se déroulera au Château des Princes de Croÿ-Roeulx, vous montrera en exclusivité 33 modèles inédits, venant directement de Paris. Il nous est offert gracieusement par les grands magasins de « L’INNOVATION » de Bruxelles.
A 21h00 : BOUQUET FINAL DE « VILLES VACANCES », sous le chapiteau BAL AUX LAMPIONS, Bal du Maïeur, avec les Chabroll’s et Roger Claude : Monsieur Bonne-Humeur.

Les plus anciens du Roeulx se souviennent sans doute de cet événement qui permit de faire connaître notre petite Ville princière à toute la Belgique francophone. C’est aussi grâce à Jean-Claude, l’animateur phare de la radio francophone belge, que l’adage « HEUREUX AU Roeulx » fut bien ancré dans nos esprits. À chaque début de séquences enregistrées pour la radio, Jean-Claude lançait à travers les ondes : « HEUREUX AU Roeulx ».

Patrick Renaux

Les origines de notre équipe de foot

Grâce à des rencontres hasardeuses et quelques commentaires d’anciens Rhodiens, je peux vous livrer quelques souvenirs des premiers pas de l’univers footballistique du Roeulx. Ne sont repris dans ces lignes que quelques anecdotes des initiateurs du futur club actuel et quelques noms qui ont fait la joie des supporters de la première heure.

Tout remonte dans le début des années 70

Quelques amis rhodiens, amateurs de foot s’unissent pour participer à quelques tournois dans la région. Avec l’autorisation de fermiers, ils ont pu s’entraîner sur des pâtures qui ne ressemblaient en rien à un terrain de foot. Avec des morceaux de bois, ils confectionnèrent les limites des goals.

Le plaisir de ce sport populaire fit rapidement des émules même si les résultats n’étaient pas brillants… En 1972, Fernand Marlier prêta une pâture au groupe de joueurs en pleine extension. Avec l’accord du propriétaire, les joueurs purent construire des vestiaires en blocs de béton. Pour se laver et se rafraîchir après les matchs, ils allaient chercher l’eau de la petite rivière qui coulait à proximité. Malgré des installations très primitives, les footballeurs étaient prêts à aborder sereinement les divisions provinciales. Le seul écueil à cette nouvelle aventure sportive fut l’homologation du terrain. Une légère pente des terres pouvait faire basculer tous les espoirs rhodiens. Monsieur Carlier représentant du comité provincial pour l’homologation des terrains de football fut très bien accueilli. Après quelques verres de notre breuvage rhodien, il se rendit sur les lieux et, semble-t-il, la pente tant redoutée par les joueurs fut adoucie par ses propres yeux… Toutes les démarches entreprises par ce nouveau club se soldaient par un succès.

Au niveau des performances de l’équipe, Christian Soupart et Bernard Marlier se souviennent d’un début catastrophique : les 12 premiers matchs joués furent un échec. .. mais le 13ème match contre La Hestre fit oublier tout le reste. Un résultat sans appel 4 – 0. Ce fut le délire au Roeulx ! Le café « Le Carlsberg » ou « chez Françoise », local du foot connut des soirées mémorables après les grands derbys gagnés.

Les joueurs de la première heure étaient, pratiquement tous, des Rhodiens. Sur la photo des premiers beaux jours de l’équipe officielle, Bernard Marlier et Christian Soupart ont pu nommer : Mario Spaggiari, Walter Ravaldi, Serge Henrotay, Jean-Pol Brison, Guy Vincent, Daniel Declercq, Jacques Pary, Pierre Van Hoolandt, Christian Soupart, René Barbiot, Guy Rondeau, Jean-Claude Petit, X ?, Jean-Marie Goorickx, Bruno Ravaldi. Le comité était composé de Jules Libert, président, Bernard Marlier, secrétaire et Robert Van Hoolandt pour l’entretien. Avec de nets progrès en 4ème division provinciale, des renforts sont arrivés et on a vu notamment : Dominique Rossolino, Jean-Louis Donfut, Robert Blampain, Edouard Tournay, Didier Hallard, et les frères Bufi qui purent faire la différence.

Vu les résultats et l’engouement des supporters, la commune du Roeulx entreprit l’aménagement d’un terrain au centre du Roeulx : l’ancien trou à immondices. Selon les dires de Bernard Marlier et Christian Soupart, les joueurs se sont cotisés pour l’achat de piquets de téléphone pour assurer l’éclairage du terrain. Motivés jusqu’au bout de leurs chaussures, lors de l’inauguration de leurs nouvelles infrastructures, les joueurs furent applaudis par une immense foule. Lors de cette fête, quatre parachutistes atterrirent sur le terrain flambant neuf. Gilbert Rondeau, père de Guy Rondeau, fit partie de l’équipée.

Après une épopée fantastique dont je ne rappelle qu’une infime partie, l’équipe du Roeulx évolue actuellement en 1ère provinciale dans un tout nouveau stade récemment inauguré.

Patrick Renaux

La ferme de Cantraine s’adapte au fil du temps

D’où vient le nom de cette ferme bien connue à Mignault ?

D’un point de vue sémantique, on peut dire qu’à une certaine époque, le site fort marécageux était le rendez-vous de sympathiques amphibiens. Le lieu tout indiqué pour des concerts de grenouilles « el tchant dès reines » donna avec une fusion des mots et quelques transformations orthographiques : Cantraine.

À quelles origines peut-on certifier la présence de ces terres prometteuses ?

D’un point de vue historique, la ferme de Cantraine est déjà citée dans des documents relatifs à l’abbaye de Bonne-Espérance. Dans la déclaration des biens du clergé du Hainaut de 1569, apparaissent également les traces de cette « maison à cense qu’on dit Cantraine ». Actuellement, la ferme appartient à la famille Sacré et cela depuis 1971. Jacques Sacré et son épouse Annie Winckels débutent leurs activités par l’élevage de vaches laitières en se concentrant sur la production de beurre. En 1988, les époux Sacré se lancent avec succès dans la réalisation de fromages. En 1999, leur fils Laurent, après son mariage avec Catherine Bruyère, élargit l’exploitation.

L’association parents, fils et belle-fille fonctionne et permet d’ouvrir de nouveaux horizons commerciaux. Les produits naturels et artisanaux se développent. Aujourd’hui, il vous est possible de commander du fromage à pâte demi-dure, du fromage à pâte molle, du yaourt demi-écrémé, du yaourt à boire, de la maquée, de la crème glacée, des sorbets, des flans, du riz au lait sans oublier le beurre. Tous les produits de base viennent de la ferme Cantraine et de quelques fermes de la région.

Voir www.lafermedecantraine.be

Vivre au rythme des saisons et de la ferme…

Depuis un an, l’idée d’élargir l’éventail des occupations de la ferme trotte dans la tête de Catherine et de son amie Harmony. Catherine, éducatrice de formation et Harmony, puéricultrice diplômée, décident d’ouvrir les portes du 41, rue Hector Blondiau à tout public pour faire découvrir le domaine à travers les saisons. Ensemble, elles projettent de mettre sur pied une ASBL qui a pour but d’offrir des stages à la ferme. De simples visites sont prévues à cet effet mais on peut y ajouter des activités concrètes comme la formation de semis, l’entretien et les différentes étapes jusqu’à la dégustation ou de la traite à son produit fini…

L’ASBL dénommée « N’air j » se décortique en N pour nature ; air pour le plein air ; j pour jeu, joie, jeunesse… Après de multiples recherches administratives, d’élaborations de dossiers, de programmes et de soucis logistiques …, les deux collaboratrices ont pu accueillir des enfants de 4 à 12 ans pour les vacances de Pâques, avec possibilité de garderie. Entourées de jeunes qui poursuivent des études d’éducateur et des études en puériculture, Harmony et Catherine comptent bien organiser des stages à la ferme à chaque période de congés scolaires, en plus des visites ponctuelles de groupes. Elles organisent des réceptions pour les anniversaires d’enfants de 4 à 12 ans selon différents thèmes : visite de la ferme, chasse au trésor, tour à poney, nourrissage d’animaux.

Des projets germent encore… Pour en savoir plus, n’hésitez pas à vous connecter sur leur page facebook : N’air j Asbl, ou à téléphoner au 0495/67 77 34

Bon amusement !

Patrick Renaux

« C’était au temps où Ville-sur-Haine s’industrialisait… » aurait pu fredonner le grand Jacques

Fin des années 30… du XIXème siècle, des travaux de construction d’un grand axe, Le Roeulx – Mons, furent entrepris : la Chaussée de Mons actuelle. Son tracé sera légèrement modifié avec l’apparition du Canal du Centre. En 1849 est mise en service la ligne ferroviaire entre Manage et Mons…en passant par Ville-sur-Haine, bien sûr !

Toutes ces nouvelles voies de communication incitent les investisseurs et entrepreneurs à s’installer à proximité du plateau de la gare. Des manufactures de tailles diverses virent le jour. La Rue des Fabriques qui longe la voie de chemin de fer face à l’ancienne gare « Havré-Ville » garde encore quelques vestiges de son passé industriel. D’après les documents en ma possession, je peux écrire qu’en 1870, s’est érigée une sucrerie et en 1883 lui a succédé une des premières cimenteries du Royaume. Comme la sucrerie, la cimenterie ne fonctionnera que quelques années ne pouvant faire concurrence aux entreprises plus grandes et plus modernes. Plus récemment, la verrerie Doyen a fait les beaux jours de la population du coin. L’Union Chimique Belge dont quelques bureaux sont encore visibles près du passage à niveau a fait connaître Ville-sur-Haine à travers le pays et bien au-delà…

Voir aussi Cimenterie et verrerie à Ville-sur-Haine

« C’était au temps où Ville-sur-Haine s’animait… » aurait continué le chanteur

Dans une bonne conjoncture, les ducasses se multipliaient en référence aux fêtes religieuses. Sur la Place de Ville : à l’Ascension et à l’occasion de la fête de St Lambert, patron de la paroisse, le troisième dimanche de septembre. Au quartier de la gare, une ducasse avait lieu le dernier dimanche du mois d’août, après la ducasse du « Grand 15 » à Havré. (Durant le week-end de l’Assomption, à Havré sont toujours organisées des festivités en tous genres avec en apothéose, un magnifique feu d’artifice) Au pont St Jean, au milieu des années 50, plusieurs ducasses ont été organisées. La ducasse des quatre pavés (aujourd’hui, carrefour central de Ville-sur-Haine) avait lieu lors de la Ste Anne, fin juillet. Gilbert Lagneau se souvient du carrousel en face de son domicile, des jeux de massacre… et de la friterie Galand venant d’Obourg qui officiait près du salon Manet (aujourd’hui, établissement Talotti). Chaque mardi soir de ducasse, les commerçants « des quatre pavés », comme bien d’autres, rejoignaient dans la bonne humeur la friterie. Et il y en avait des commerces : le café du coin où Alain Gérin réside actuellement, chez « Julia du téléphone » ; le marchand de vélo Léopold Staquet dénommé « Pol du choix » ; Arille, le bourrelier et sa femme qui tenait un petit commerce de premières nécessités : café, sucre, chicorée, confitures et tabac ; la mercerie/lingerie d’Emilie Quertinmont (maman de Gilbert Lagneau) ; la quincaillerie de Rosa Brillet (grand-mère de Linda Dauby) ; la boucherie Louis Majois ; une épicerie tenue par Germaine Gillon ; la mercerie d’Emilia Forges sans oublier l’épicerie de Georges Delplace que j’ai connue encore en activité à mon arrivée à Ville-sur-Haine. Au milieu de tous ces commerces, le salon Manet a pu entretenir des liens entre tous les Villois grâce aux différentes activités proposées… Des pièces dramatiques furent jouées au profit des prisonniers de guerre. Des concours de whist remplirent les tables du café. Des bals avec orchestre rassemblaient plusieurs centaines de personnes. Le salon Manet fut aussi le rendez-vous des colombophiles pour embarquer les paniers et plus tard pour faire enregistrer les retours des pigeons. Le crossage au palier et les luttes de balle pelote donnèrent aux Villois l’occasion de se rencontrer autour d’un bon verre… plaisirs simples entre Villois qui entretenaient des liens entre voisins, ce qui n’existe quasiment plus dans les grandes agglomérations.

Un tout grand merci à Gilbert Lagneau pour ses souvenirs personnels et sa documentation.

Patrick Renaux

Si les arbres du square Mabille pouvaient parler…

Square Mabile 1

Situé au centre de la cité princière, le square Léon Mabille offre un coin de verdure exceptionnel à différents titres. Par son contenu, il est riche de plusieurs « arbres remarquables ». Les multiples essences de ce poumon vert égaient l’environnement qui n’était avant sa création que marécages puants. Le square, trop souvent dénommé « le parc », donne à chaque saison le meilleur de sa palette de coloris qui en font un chef d’œuvre digne des plus grands peintres de tous les temps.

Chargé d’histoire locale, il rappelle l’existence du Député-Bourgmestre qui est à la base de « La Maison des Ouvriers ». De sa main, le buste de Léon Mabille décline ce bâtiment d’une architecture particulière. Au fil du temps, cette bâtisse où se concentrent aujourd’hui les activités culturelles de l’entité, a porté divers noms, notamment : la Maison des Oeuvres, le Cercle Patria, le Cercle, le Centre culturel et sportif… et pour terminer la série : « Le Centre Culturel Joseph Faucon ».

Square Mabile 2

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En son sein, le square abrite aussi trois stèles rappelant le décès de jeunes trop audacieux face à l’ennemi de la guerre de 40-45. A chaque commémoration de nos deux guerres, les édiles communaux et leurs invités viennent se recueillir et déposer des fleurs.

Mais tout ceci paraît une partie infime de l’iceberg historique, de la petite histoire que pourraient délivrer ces arbres majestueux… Certains riverains ont été témoins de la traversée du square par des véhicules privés dont les chauffeurs bien arrosés sortaient de la salle des fêtes du Cercle… Il y a même une personne qui m’a prétendu qu’en retournant chez elle, un soir de fête, Léon Mabille lui avait fait un croche-pied et avait donc dû être bandée jusqu’au genou… Mes souvenirs d’enfant ( il y a près d’un demi siècle), se fondent dans une organisation de camarades voisins : Alain et Philippe, pour le meilleur et pour le pire. Un soir d’hiver, après l’école, nous formulâmes le désir d’ériger une embuscade à la gente féminine de notre école que nous aimions taquiner à nos heures. ( A cette époque un mur séparait la cour des filles de la cour des garçons, donc impossible de les atteindre…) Il était donc décidé de se retrouver le lendemain à huit heures dans le square pour former nos boules de neige derrière un houx, en attendant l’arrivée de nos « ennemies ». Lors de leur passage, les écolières reçurent une drache de boules de neige bien tassées. Exténuées, elles gagnèrent au plus vite l’école. La réplique ne se fit pas attendre… Les filles avaient rapporté l’événement à la directrice de l’école des filles : soeur Suzanne. C’est ainsi qu’à la fin de la récréation de dix heures, nous fûmes convoqués chez monsieur Degré (Marcel) directeur de l’école des garçons, pour recevoir une leçon de courtoisie, de politesse et de savoir-vivre en plus de verbes à conjuguer aux modes et temps étudiés…

Le square, c’est pour moi aussi le souvenir de parties de billes avec nos amis de l’école moyenne primaire. Dès la fin des cours, nous nous retrouvions sur les sentiers en cendrée rouge pour une partie de billes au carré. Le garde-champêtre passait pour vérifier si nous respections bien l’interdiction de mettre les pieds sur les pelouses. A cette époque, des panneaux avec l’interdiction de marcher sur les pelouses étaient plantés à chaque accès du square. Les choses ont bien changé depuis… Mais aujourd’hui, c’est bien souvent avec respect que les pelouses sont foulées par les têtes blondes notamment lors de la chasse aux oeufs organisée par la commune ou lors du cross interscolaire mis sur pied par le Rotary et la commune. Avec leur professeur de gym, les élèves de l’école de l’Ange Gardien profitent de cet espace magnifique. Les enfants des mouvements de jeunesse du Roeulx y viennent aussi pour se divertir.

S’il a connu une mauvaise réputation à certaines époques, le square Léon Mabille reste et restera un lieu de rencontres entre toutes les générations, un lieu d’épanouissement, un lieu où l’on partage le bonheur. Hormis le cadre idyllique pour des photos de mariage, cet endroit ne vous rappelle-t-il pas peut-être votre première rencontre amoureuse ?

Patrick Renaux

Photos de la soirée de présentation du Calendrier 2017 « Souvenirs rhodiens »

Ce jeudi 24 novembre avait lieu la soirée de présentation du Calendrier 2017 « Souvenirs rhodiens » de l’Office du Tourisme du Roeulx. L’occasion de présenter aux citoyens et à la presse ce nouveau calendrier, de remercier toutes les personnes qui ont déjà pris part au projet « Le Roeulx souvenirs » et d’inciter d’autres personnes à témoigner de leur passé dans l’entité. L’Office du Tourisme en a profité également pour présenter l’agenda de ses activités 2017.

Infos et points de vente sur www.leroeulxsouvenirs.be/presentation-calendrier/

Photos de Jean Leclercq

Eglise de Gottignies

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Sur cette place, trône fièrement l’église de style classique dédiée à saint Léger (fête le 2 octobre) à l’époque, entourée d’un cimetière.

On peut dater cette photo d’avant 1927 car les travaux d’aménagements de la place n’ont pas encore eu lieu. Deuxième indice, le marronnier, planté en 1930 commémorant les cent ans de notre indépendance, ne figure pas sur le cliché.

Par la suite, la place changera de physionomie. Les dalles funéraires seront adossées à l’église, le mur d’enceinte entourant le cimetière sera démoli, et le cimetière transféré à la rue du Vent Val. Enfin un grand mur de soutènement viendra retenir les terres et délimiter la nouvelle place. Sans oublier l’arbre du « centenaire ».