Un nom bien de chez nous : les Bins Rinlis

Mais qui sont donc « Les Bins Rinlis » ? Personnages dotés d’une volonté d’animation, ils délivrent leur savoir-faire en milieu thiérois. Leurs origines, selon les documents que je possède, remontent à une époque lointaine du siècle dernier…

La société de gilles « Les Bins Rinlis » fut fondée en 1951. À cette époque, un comité prit place pour la bonne organisation des festivités carnavalesques. Le président d’honneur : Elie Guertinmont, le président : Adhémar Fondu, le secrétaire : Louis Fondu et le trésorier : René Blondiau assistés de commissaires. Gilbert Thomas, Léon Plancq et Louis Debeer mirent la première pierre de l’institution « Les Bins Rinlis ». Les activités de cette société folklorique durèrent 6 ou 7 ans selon les dires des anciens que j’ai rencontrés.

Fin des années 70, Michel Debaise lança un défi à un des anciens commissaires, Léon Plancq : la renaissance d’une société de gilles. C’est ainsi qu’au mois d’octobre 1978 se tint une réunion avec toutes les bonnes volontés entourées des familles Nicaise, Vandaule, Berger, Debeer et Malengré ( gilles de la première mouture ) pour établir un calendrier étoffé d’activités lucratives nécessaires à la société « Les Bins Rinlis ». Au mois de novembre, le premier bal des gilles connut un beau succès.

En 1979, pour renforcer la société, le président Léon Plancq établit un règlement interne. Depuis, de nombreux présidents se sont succédé : Georges Godissart, Camille Minart, Jean-Marc Pichrit, Cédric Lambert, Fabrice Martinez et Benjamin Bougard (actuel président). Georges Godissart, détenteur du plus grand nombre d’années de présidence, se souvient des tournois de mini-foot menés avec enthousiasme par Patrick Godissart et des tournois de pétanque. Lors d’une de ces activités, 25 fûts de bière, 300 kg de frites et 150 kg de viande furent avalées par les sportifs et leurs supporters.

Début des années 80, une semaine avant le carnaval, les membres du comité des Bins Rinlis passaient chez les cafetiers pour leur faire acheter une carte de membre d’honneur (et donneur). Ils passaient donc à la Maison du Peuple, au Cercle Union, aux cafés : de la Cense, de l’Ascenseur, de la Gare, du Monument et à la salle Héron.

Aujourd’hui, les cafés ont disparu du paysage thiérois. Seules quelques buvettes volantes peuvent approvisionner les mordus du carnaval. Une nouvelle équipe d’un âge moyen de 20 ans veut donner un nouveau souffle au carnaval de Thieu. Suite à un courrier distribué dans le village au mois de juin, le nouveau comité composé de Benjamin Bougard : président, Grégory François : vice-président, Florian Demarez : trésorier, Alisson Paternostre : secrétaire, Nicolas Meeus, Donovan Poroli, Jason Harvent, Thomas Malengré : commissaires, a oeuvré pour construire un lien fort avec les citoyens. Ainsi, il a élaboré un « plan d’action » 2019-2020, envisagé le déroulement de l’année, organisé les cagnottes et examiné l’état actuel de la société. Un barbecue sur la Place Hardat a été prévu fin de ce mois de juillet. Nous ne pouvons que souhaiter un franc succès à ces jeunes qui veulent défendre leur folklore local.

Patrick Renaux

Ville-sur-Haine : terre de Céramistes…

À Ville-sur-Haine, depuis 36 ans, on bat la terre, on la malaxe, on la masse du bout des doigts, on lui donne une forme, on la peint, on l’expose, on l’admire… et on la vend.

En 1983, Jean-Louis Wastiau alors Échevin du 3ème âge et Pierre Mistri conseiller communal créent l’atelier de céramique. Avec une équipe de pensionnés motivés villois, les compères associent au travail de la terre des enfants handicapés mentaux d’un internat de Beloeil. La céramique est un art pour se recentrer sur soi. Comme le dit la célèbre céramiste Rita Hendrickx : « Ce qui plaît surtout, dans la céramique, c’est qu’il s’agit d’une activité un peu méditative, presque mystique. Cela demande énormément de concentration, ainsi qu’un lâcher-prise et un recentrage sur soi. »

Grâce au soutien logistique de la commune, les céramistes ont pu se développer et se lancer dans une première exposition en 1985. Avec l’arrivée de véritables artistes, l’atelier de céramique a pris un nouveau tournant en organisant une première exposition de peintures. Sous l’élan clairvoyant d’Yvon Massy, l’exposition de peintures s’est rapidement dotée d’un concours pour lequel les visiteurs sont les maîtres. Un vote non obligatoire est mis sur pied afin de récompenser au mieux les participants. En 2002, vu le succès des expositions de peintures, les responsables séparent les techniques : huile / aquarelle. Au mois de mars, les spécialistes de l’huile se mesurent et au mois de novembre, c’est le tour des aquarellistes.  De 2002 à nos jours, l’équipe de céramistes soutenus par leurs amis organisent les expositions avec, à chaque fois, une oeuvre imposée. C’est aussi lors de ces expositions que des artisans locaux animent la salle des Enhauts.

Depuis sa création, trois équipes ont évolué à l’atelier laissant chacune une empreinte différente. L’équipe actuelle composée surtout de jeunes pensionnés a redynamisé l’atelier. Ils ont renoué avec la tradition en accueillant les résidents des Trois Sapins de Mignault.

Les locaux situés à la cure de Ville-sur-Haine sont parfaitement adaptés (et fonctionnels) à tous ces amateurs de céramique. Nous espérons que cette activité pourra encore durer longtemps en mélangeant des personnes d’horizons très différents.

Patrick Renaux

Les Compagnons des Feux de la Saint-Jean

En 2019, la société folklorique des « Compagnons des Feux de la Saint-Jean » fête ses vingt ans.

Mais d’où provient ce folklore remis au goût du jour dans nos régions ?

Les origines du feu de la Saint-Jean remontent à la nuit des temps. Déjà, lespeuples orientaux, ainsi que les Celtes, allumaient des feux pour célébrer le solstice d’été, bien avant notre ère. Le peuple, oubliant pour quelques heures ses peines et ses labeurs, chantait, dansait. Il fêtait le retour prochain des beaux jours. Il se réjouissait dans l’espoir d’une récolte abondante. Pendant des siècles, la nuit du 23 au 24 juin, des feux furent allumés partout en Europe pour accueillir la bonne saison. Il fallut la guerre 40-45 pour interrompre cette tradition qui, heureusement, fut reprise après quelques années. La fête de la Saint-Jean était l’occasion de se rassembler, de se retrouver, de fraterniser. C’était une fête communautaire rassemblant tous les villageois.

Au Roeulx, l’origine de la société « Les Compagnons des Feux de la Saint-Jean / Le Roeulx »

C’est en 1999 que Philippe Toussaint et Michel Wiertz, spectateurs passionnés des Feux de la Saint-Jean de Mons, fondent « Les Compagnons de la Saint-Jean du Roeulx ». Intéressés par leur projet, quelques rhodiens poseront les premières pierres d’une société qui fête cette année, ses vingt ans. Nathalie et Olivier Dambremé, Jacques Duquesne, Philippe Hardenne, Guy Kulawik, Patrick Renaux, Edmond Taquet (aujourd’hui décédé), Philippe Toussaint et Michel Wiertz furent les premiers compagnons à bouter le feu sur l’esplanade des étangs Saint-Feuillien sous les roulements de tambours des frères Poelart. Les premières années, les festivités débutaient en début de soirée par une cérémonie en la salle de l’Ancien Hôpital Saint-Jacques. Le cortège s’étoffa d’année en année. Le premier groupe invité par le comité fut les marcheurs « Les Grenadiers de l’Empire » de Soignies. L’emplacement du feu se déplaça une année sur le terrain de l’internat autonome de la Communauté française et pendant de nombreuses années sur un terrain privé situé à proximité du terrain de football. En 2003, le point de départ du cortège fut la place du Château avec l’apparition d’un nouveau groupe folklorique : les sorcières de Fosses. La Fanfare Ouvrière des Deux-Houdeng prit part aux réjouissances rhodiennes pendant quelques années. Les enfants de l’école de l’Ange Gardien suivirent très rapidement le cortège animé par des cracheurs de feu. Grâce notamment à l’aide financière de commerçants et de la commune, et par le travail de compagnons bénévoles, le nombre de sociétés folkloriques a explosé ! Géants, jongleurs, cracheurs de feu, danseurs, majorettes, char tiré par des chevaux de trait ainsi que le chien Moinette prennent plaisir à participer aux réjouissances rhodiennes près du grand feu qui a pris définitivement racine sur l’esplanade du terrain de football. La société des Compagnons des Feux de la Saint-Jean a pris ses lettres de noblesse en organisant ce rendez-vous devenu incontournable de la fin juin. Des centaines de personnes aiment se retrouver autour d’un immense feu où l’on peut créer des liens d’amitié en vivant un folklore qu’il ne faut surtout pas oublier. Les responsables du groupe des Compagnons des Feux de la Saint-Jean l’ont très bien compris puisqu’ils entretiennent des liens de respect et d’amitié avec d’autres groupes de l’entité comme les gilles et le Patro. Pour les vingt ans de la société, il y aura des nouveautés aussi bien au niveau de l’horaire que de l’animation à travers notre belle Ville princière. Mais attention, 20 ans cela ne se fête qu’une fois… Comme le dit la chanson : « On n’a pas tous les jours 20 ans… ». Venez rejoindre les Compagnons des Feux de la Saint-Jean ce 29 juin 2019.

Patrick Renaux

Bulletins Communaux d’antan, dernier épisode

Pour clôturer la parution partielle de trois Bulletins Communaux d’antan à plus ou moins dix ans d’intervalle, je vous livre quelques rubriques que l’on pouvait lire régulièrement : « La recette du mois », « Rions un peu », des textes wallons d’auteurs de la région comme Dodol d’Houdeng-Goegnies et René Dekokert du Roeulx. Dans son ensemble, « Les Échos Rhodiens » ont tissé et entretenu des liens importants entre tous les habitants de la cité princière : histoire locale, état civil, calendrier d’activités ludiques et humour…

Aujourd’hui encore, le Bulletin Communal essaie de garder un lien particulier avec tous les citoyens de l’entité afin de mieux nous connaître et de vivre mieux et heureux au Roeulx.

Patrick Renaux

Les Bulletins d’antan, épisode 2

Comme annoncé dans le bulletin communal de novembre-décembre, j’ai choisi de vous confier des extraits de ce qui fut l’ancêtre du bulletin communal que nous connaissons aujourd’hui.

Le « journal mensuel d’informations et de rénovation de la Ville du Roeulx n°19 – juillet 1965 » dénommé cette fois : « Les Echos Rhodiens » relate notamment un « événement historique au Roeulx ». Le château est le lieu idéal pour cet événement. Il l’est aussi pour de nombreuses manifestations culturelles comme en témoigne la rubrique « Nouvelles rhodiennes » de l’époque.

Malheureusement, depuis des décennies, les grilles du château ne s’ouvrent que trop peu souvent pour des expositions de grande renommée…

Pour information, le canton du Roeulx n’existe plus à l’heure d’aujourd’hui.

Outre la balle pelote, le sport de la cité princière s’exporte… En effet, Le Roeulx possède en ce temps-là, un club de pétanque qui affiche d’excellents résultats dans la région mais aussi à l’étranger.

L’histoire du Roeulx est contée en plusieurs épisodes. Les origines de la ville passionnent leurs habitants et Monsieur Faucon en est le fidèle reporter.

Bonne lecture et bons souvenirs !

Patrick Renaux

Les Bulletins d’antan, épisode 1

Dans les prochains numéros du bulletin communal, grâce à l’aimable collaboration de lecteurs, je retracerai la publication partielle de ce qui fut, sans doute, les ancêtres du bulletin communal pour la ville du Roeulx. Des extraits de trois bulletins communaux distants d’une dizaine d’années marqueront l’évolution de la rédaction, des événements et de l’attachement des concitoyens à la ville du Roeulx.

Dans le feuillet n° 47 daté du 26 juillet 1956, la « Petite gazette d’information et publicité : Publi-centre » éditée par Albert Pesesse et distribuée « gratuitement dans toutes les maisons du Roeulx, Thieusies, Mignault, Gottignies et du Coron de Thieu » annonce notamment les nouvelles de l’état civil : une naissance, deux décès, un mariage et des « Promesses de Mariage » (expression officielle qui n’existe plus actuellement). Les compétitions de balle pelote connaissaient un beau succès et étaient annoncées. (Actuellement, aucune équipe ne fait figure dans une compétition quelconque…). La publicité est bien présente : le cinéma avait sa place au Roeulx à cette époque. Cette année-là, le « Ciné-Studio » fêtait son dixième anniversaire et se préparait à une rénovation complète de sa salle. J’espère avoir partagé avec vous tout le plaisir de lire ces « petites histoires du Roeulx ».

Patrick Renaux

Aujourd’hui, plus d’affamés que d’assoiffés au Roeulx…

S’il y a plus de 40 ans, on faisait le tour des bistrots du Roeulx, en ne buvant qu’une bière dans chaque café, on se retrouvait dans un coma éthylique… Aujourd’hui, en respectant les mêmes conditions (une bière par café), l’éthylomètre devient caduc ! Et si on avait un petit creux, il y a plus de 40 ans, on pouvait faire la file à la friterie. Aujourd’hui, on a l’embarras du choix : la friterie ou le restaurant… Les restaurants sont plus nombreux que les bistrots.

Voyez plutôt…
(Il y a une quarantaine d’années et plus…)

Sur la place communale, face à l’Hôtel de Ville, un café nommé « Le 421 » avait à ses débuts, une clientèle de jeunes. Par sa situation, il recevait les avocats et leurs clients avant ou après le jugement prononcé par la Justice de Paix située au rez-de-chaussée de l’Hôtel de Ville. Le dernier maître des lieux fut Michel Ovart de juin 1992 à septembre 2010. Actuellement, ce bâtiment est occupé par la boulangerie-pâtisserie : « Le petit boulanger ».

A quelques encablures du 421, la Maison du Peuple, local du parti socialiste, fut aussi pendant de nombreuses années, le local des colombophiles. Outre le café, il y avait comme on disait dans le temps « un salon » qui accueillait bien sûr des personnalités politiques socialistes lors de la fête du 1er mai. De nombreuses activités y ont été organisées.

Non loin du « 421 » et de « La Maison du Peuple », « Le café du tribunal » actuellement local du Patro fut tenu par Frumence mieux connu sous le nom de Freddy. Ce dernier sera quelques années plus tard à la tête de « La Grimaudière ».

Situé à la rue de l’Hôtel de Ville, le café « L’Eldorado » possédait une salle de spectacles dans laquelle Thérèse et Henry Duray ( parents de Claude) ont notamment joué une opérette populaire : « Le pays du sourire ». Occasionnellement, on y organisa des concours de tir à l’arc.

Fin des années 60, le bistrot « Le Smog » presqu’en face de « L’Eldorado » fut tenu par Eliane Slagmulder. Là, les jeunes se réunissaient pour jouer au 421 et au poker.

A la chaussée de Mons, « La Baraque à Planches »nommée par la suite « Le Chalet »fut longtemps tenu par Maurice et Angèle De Vrée Gérard. C’était le lieu où se réunissaient les passagers du tram à vapeur. Au coup de cornet du conducteur de tram, les gens vidaient leur verre avant de monter dans le tram. Après la suppression de la ligne, le café fut plutôt un café de passage. Avant de partir en fumée, le chalet servit de local du Patro.

L’estaminet « Chez Angèle » situé à l’angle de la chaussée de Mons et de la rue de la Renardise était un café tranquille dans lequel se retrouvaient les promeneurs qui se rendaient au bois St Joseph. Le dimanche, il y avait le traditionnel jeu de cartes. Les tenanciers dont vous vous souvenez le plus sans doute furent Josiane et Lucien Dubois.

« Chez Marraine Delville », café situé à la rue de la Renardise, la famille Pouliart resta maître des lieux pendant presqu’un siècle : de 1880 à décembre 1974. Il y eut Elvire et Joseph Lansmanne-Pouliart et ensuite Armand et Rose Delrée-Lansmanne (parents de Guy). Ces derniers renommèrent le café « Aux armes liégeoises » nouveau nom logique puisque Armand Delrée était armurier de profession. Lieu de rendez-vous des agriculteurs villois, gottignards et théodosiens, ce bistrot fut le local du tir à l’arc à la verticale. Une perche fut longtemps conservée sur les terres de la ferme de « La Renardise ».

A la rue Grande, à l’emplacement du XVIII ème siècle, c’était « Le Cercle libéral ». Le bâtiment au fond de la cour était une salle de cinéma. Cette salle était nommée l’Eden. Par la suite, elle devint une salle polyvalente.

A cette époque, la densité des bistrots sur quelques centaines de mètres était bouleversante. Aujourd’hui, notre mode de vie a complètement changé et les lieux de rencontres se sont multipliés : les salles de sports, les salles du Centre culturel, les mouvements sportifs, les mouvements de jeunesse, les bibliothèques, les lieux de réunions pour associations…
Prenons-nous quand même le temps de nous détendre en sirotant un bon verre ?

Patrick Renaux

Et « l’école moyenne » dans tout cet ensemble du Centre culturel Joseph Faucon ?

Dans les derniers articles publiés sur ce site, j’ai évoqué la petite histoire du café « Patria » et des bâtiments conçus pour des oeuvres soutenues par Léon Mabille et bien plus encore… Cette fois, je me concentrerai sur les bâtiments de « l’école moyenne » (maternelle et primaire) qui font aujourd’hui partie de l’ensemble du Centre culturel Joseph Faucon. Grâce aux travaux écrits des responsables du Centre culturel, aux documents et aux recherches de l’historiographe officiel de la Ville du Roeulx, Benoît Hautenauve, à mes collègues de la Confrérie S- Feuillien et à mes quelques entretiens particuliers, je vous aurai écrit une partie de la petite histoire de ce qu’on appelait couramment « Roeulx Centre ».

L’histoire de l’école en quelques lignes …

Les bureaux administratifs et les petites salles polyvalentes situés au n° 27 rue d’Houdeng ont eu comme première affectation une école. Comme dans beaucoup de communes, l’école communale et l’école catholique se partageaient leur public suivant le sexe. Souvent on retrouvait les filles dans l’école des soeurs et les garçons dans l’école communale.

En 1879, le gouvernement belge déposa un projet de loi sur l’enseignement primaire. Cette loi prévoyait que chaque commune devrait posséder au moins une école primaire laïque et neutre, qui ne dispenserait pas de cours de religion.

Au Roeulx, deux frères, Léopold et Alphonse Piérart, alors instituteur et sous-instituteur, résistèrent à cette loi ( appelée ainsi Loi Van Humbeek ). Refusant d’exclure la religion de leur enseignement, ils quittèrent provisoirement leur école sur la place de la Chapelle et, avec l’appui et le soutien du Prince Emmanuel de Croÿ, ils s’installèrent dans des locaux neufs, en haut de la rue Verte, mis à la disposition de ce dernier. Les frères Piérart purent, quelque temps plus tard, s’installer dans des bâtiments neufs à la rue d’Houdeng. L’école primaire libre pour garçons fut adoptée en 1886. Elle fut communalisée beaucoup plus tard pour être englobée par l’Ecole Moyenne en 1948. L’acte de cession par la ville du Roeulx à l’Etat date de janvier 1950.

Un instituteur de la future entité du Roeulx aux commandes d’une troisième année…

Le tout jeune instituteur André Legrand, originaire de Ville-sur-Haine, après un court passage (un mois et demi) à l’école communale d’Obourg, fut désigné à l’Ecole Moyenne du Roeulx à la mi-octobre 1957. Monsieur Jules Bultiau directeur de l’Ecole Moyenne primaire et secondaire (3 années de secondaire et exception pour une 4ème commerciale) l’envoya en troisième année primaire. Il se souvient encore d’un élève : Eric Sluys, fils du kinésithérapeute et professeur de gymnastique à l’école. La population scolaire primaire était dense pour assurer la pérennité de l’école secondaire. A cette époque, vu le nombre croissant d’enfants, des préfabriqués abritèrent les petites têtes blondes. L’isolation était quasi inexistante. En hiver, l’eau du seau comprenant l’éponge pour effacer le tableau était gelée. Tous les matins, une brave dame venait allumer le poêle au charbon. En été, c’était l’enfer, une chaleur à vous faire dormir debout.

Le 25 mai 1957, la première pierre d’un futur internat fut posée par monsieur Collard, Ministre de l’Instruction Publique et monsieur Vanaudenhove, Ministre des Travaux Publics et de la Reconstruction.

Les enfants venaient de toutes les communes avoisinantes du Roeulx. A cette époque, il n’y avait pas de règlement précis à propos des transports scolaires. Le bus scolaire passait par Ville-sur-Haine, Thieu, Bracquegnies, Havré… Dans leur camionnette madame Gondry et ensuite madame Ruquoy ont notamment transporté les élèves au bassin de natation d’Houdeng.

André Legrand se souvient des noms de ses collègues qui ont marqué l’école : mesdames André, Leclercq, Hayez, Duez, Lambot, Delmoitiez, Denis, Compère, Cogneau, Blondiau, Adam, Barbiot et messieurs Lenclus, Hoyas, Cogneau, Caldow, Nizet, Blondiau ainsi que monsieur Sluys : professeur de gymnastique et monsieur Andris : professeur de musique.

Pour des raisons de santé, André Legrand clôtura sa vie active comme éducateur à l’école secondaire située à la rue Verte.

 

Patrick Renaux

Le Centre Culturel Joseph Faucon, une histoire de 126 ans…

C’est en 1892 que Léon Mabille fit construire ce bâtiment exceptionnel pour abriter les « sociétés ou oeuvres existantes ou  fondées par lui ».

Cet édifice connut plusieurs appellations : « Corporation des francs ouvriers », « Maison des ouvriers », « Cercle catholique », «  Patria », « Centre culturel et sportif de la Ville du Roeulx » et enfin « Centre culturel Joseph Faucon » depuis 2002. Cet homme visionnaire, dans une lettre du 23 avril 1922 adressée à Paul Debaisieux, professeur à Louvain (légataire universel de monsieur Mabille), précisait : « La Maison des Ouvriers m’appartient. Elle fut bâtie par moi, sur un terrain acheté par moi, à l’aide des sommes qui furent recueillies par moi et pour une forte part à l’aide de deniers propres. La propriété n’est donc pas contestable. Je considère qu’elle doit être affectée aux oeuvres en vue desquelles elle a été établie ou à des oeuvres similaires. L’affectation doit subsister ».

Suivant la volonté du Député-Bourgmestre Mabille, monsieur Debaisieux en fit don le 15 octobre 1925 à l’A.S.B.L. « Le Cercle catholique du Roeulx », fondée le 28 septembre 1925. « Le Cercle » comme on disait dans le temps, devint le local de nombreux groupements et parmi les plus anciens, je peux citer : la Corporation et la Mutuelle des francs-ouvriers, la Conférence de Saint-Vincent-de-Paul, le Patronage, les sociétés de Sainte-Barbe, des Fanfares-Amateurs et de Saint-Sébastien pour laquelle un stand de tir à l’arc fut aménagé. En 1947, la salle du rez-de-chaussée fut transformée en cinéma. A l’étage, des opérettes, cabarets wallons ou autres revues étaient proposés aux Rhodiens.

A partir des années 60, la salle de spectacles fut transformée en terrain de pétanque, mais également en salle de tennis de table. On y fit également du judo et de la boxe. Cette magnifique salle, laissée ensuite à l’abandon pendant de nombreuses années, revit aujourd’hui sous l’appellation « salle des combles ». On y organise des expositions, des spectacles et des ateliers.

Suite à de nombreux travaux, le rez-de-chaussée propose : une petite salle polyvalente (70 places) non équipée, une grande salle polyvalente (200 places) équipée d’une scène escamotable et d’un bar, une loge pour les artistes, une cuisine semi- professionnelle et des locaux de service (débarras, buanderies et stocks de matériel).

Depuis l’acquisition d’une partie des bâtiments de l’ancienne Ecole Moyenne, l’offre des salles s’est étoffée. La salle des poètes, la salle des artistes et la salle des clés peuvent accueillir entre 12 et 20 personnes. Y sont organisés des ateliers, des réunions, des expositions ou encore des conférences. Les bureaux réservés à l’accueil, au secrétariat, à l’animation et direction se situent dans le même bâtiment. Dès sa création (2002), la nouvelle A.S.B.L. Centre culturel Joseph Faucon, menée par l’Échevin de l’époque Pierre Selvais, a pris l’habitude de travailler en collaboration avec des associations locales en raison du peu de moyens matériels, humains et financiers… et cela continue ! Lorsque l’occasion se présente, le Centre culturel travaille avec des commerçants et producteurs locaux notamment lors des différentes éditions de la balade gourmande, des séances de « Bar à soupes », des vernissages d’expositions, des soirées repas-spectacles.

Depuis 2013, des collaborations avec le CPAS se sont multipliées et ont abouti à de nombreux projets qui fonctionnent avec succès : l’Atelier des 5 sens, l’Atelier Fashion Recycl’art et l’Atelier-théâtre du Relais. L’équipe de l’A.S.B.L. collabore activement à certains projets portés par l’Office du Tourisme, l’Espace Public Numérique, les écoles de l’entité et la bibliothèque communale.

L’A.S.B.L. veille à proposer des activités tant au Roeulx que dans les villages de l’entité, aime mélanger les publics : anciens et nouveaux venus, et tente de mettre en valeur le patrimoine local lors d’événements récurrents. Après ce bref rappel historique, je vous donne quelques dates incontournables : les Tables du Monde le dimanche 25 mars, le Parcours d’Artistes les 19,20 et 21 mai…Toutes ces activités sont proposées et animées par une équipe dynamique et bien sympathique composée de : Anne-Laure Bechet (directrice), Céline Lecocq (animatrice), Marina Philippart (animatrice), Laurence Bodson (secrétariat, accueil, gestion des salles), François Ramakers (communication et régie). A cette équipe de base viennent s’ajouter de nombreux bénévoles. Eh oui, si le substantif « bénévole » tente de disparaître de notre vocabulaire et de nos régions, on peut dire qu’au Roeulx, il prend tout son sens à travers de nombreux événements et activités. Soyons un peu chauvins : « Bravo les Rhodiens ! Et que cela continue encore longtemps ! »

Site web du Centre culturel du Roeulx : www.leroeulxculture.be

Patrick Renaux

Les estaminets du Roeulx en perdition…

Lors de leur Grand Chapitre, les membres de la Confrérie St-Feuillien avaient choisi le thème des estaminets du Roeulx. Avec l’accord des principaux confrères historiens amateurs, je vous livre une partie de leurs recherches.

27 adresses ont été épinglées pour faire un tour d’horizon des bistrots du Roeulx… Les plus anciens pourraient très certainement citer beaucoup plus de débits de boissons.
Parmi nos recherches, une ancienne carte postale illustrant notre bonne ville du Roeulx confirme le nombre important de bistrots. L’expéditeur y a écrit : « Ici, une maison sur deux est un estaminet. » A l’heure où il n’y avait pas internet, appareils portables, smartphones, etc, les gens se rencontraient dans les bistrots, tavernes, auberges, cafés…
Ces endroits sont des lieux de sociabilité. On y tisse des relations, on y renforce des liens. D’ailleurs, en 1802, l’Académie française définissait l’estaminet comme une « assemblée de buveurs et de fumeurs ». Une « assemblée », c’est-à-dire une communauté, un groupe. Cette appellation désigna aussi le lieu où elle se tient. L’estaminet est donc une manière de « faire société », un lieu et une manière d’être ensemble, de vivre ensemble. Le premier établissement que j’ai choisi est le Centre culturel Joseph Faucon et son café Patria. Ce remarquable bâtiment fut voulu par le Député-Bourgmestre Léon Mabille.

Appelé à une certaine époque Cercle catholique-Patria, cette bâtisse comprenait un bistrot et deux grandes salles. Au fond de la cour, des bâtiments de récupération d’un charbonnage furent érigés en faveur du patro St Nicolas. Toutes les salles de cet ensemble architectural grandiose servirent à de nombreuses activités aussi différentes les unes que les autres. La salle du haut prévue au départ comme salle de spectacles a vu défiler notamment le club de pétanque, le tennis de table, le judo club, le club de boxe… La salle d’en bas reçut de nombreux concours de tir à l’arc à l’horizontale, les bals du bourgmestre, les fêtes du patro, les dîners de prisonniers de guerre 14-18 et 40-45, des concours de whist, les fancy-fair de l’école de l’Ange Gardien… Une fois par semaine, la bibliothèque paroissiale située au-dessus du café recevait tout lecteur avide d’échanger ses coups de coeur. Le café fut entre autre dirigé par René Duby (appelé : le petit René vu sa petite taille) et sa femme. D’octobre 1977 à février 1992, ce débit de boissons fut tenu par Monique Hélin et son second mari connu sous le nom de « Tonton ». Il serait indécent de ne pas citer deux hommes forts pour entretenir et gérer tous ces bâtiments. A l’heure à laquelle il n’existait aucun subside, messieurs Albert Pesesse et Gaston Decubber ont maintenu le pot droit comme on dit, tout en veillant au grain au profit d’une population toujours plus active. Pour faire face aux frais de fonctionnement, le Doyen Blampain (curé-doyen du Roeulx de 1951 à 1976 ) encourageait ses paroissiens à la messe de 10h00 à venir prendre l’apéro à Patria. « Il fallait faire marcher le commerce. » comme il disait. Ce lieu exceptionnel a connu de belles histoires et continue à encore vivre des moments de rencontres, de partages qui nous font grandir dans notre vie d’homme ou de femme grâce à toutes les activités proposées par les responsables du Centre culturel.

Patrick Renaux