Petites histoires de gendarmerie et de police rurale…

En ces temps de confinement et de déconfinement, il faut admettre que notre police actuelle (fédérale et locale) a effectué des missions très particulières pour le bien-être de tous. Un tout grand merci pour le travail de ces hommes et de ces femmes qui ont été exposés à la COVID 19 dans des situations atypiques. C’est sans doute pour ces raisons que m’est venue l’idée d’écrire un petit aperçu de l’histoire locale de ces personnes qui sont chargées de veiller à la sécurité publique et d’assurer le maintien de l’ordre et l’exécution des lois.

L’histoire de notre gendarmerie commence avant celle de la Belgique indépendante

Gendarmerie située avenue des Braves (actuellement avenue du Roi Albert)

En 1795, nos régions sont annexées par la France. Un nouveau système administratif et judiciaire prévoit la mise en place d’une gendarmerie. Elle est créée en 1796. En cette année, on mentionne déjà l’existence d’une brigade au Roeulx alors dépendante de la lieutenance de Mons et faisant partie du département français du Hainaut.

En 1814, les provinces belges passent aux mains des Hollandais. Le Prince Guillaume d’Orange approuve l’organisation d’une nouvelle « maréchaussée ». Il refuse la dénomination gendarmerie. En 1851, la brigade du Roeulx se compose d’un effectif de 5 hommes : un brigadier et 4 gendarmes cavaliers. En 1989, la gendarmerie rhodienne compte 9 gendarmes placés sous le commandement de l’adjudant-chef Waltzing.

En 1998, suite à des dysfonctionnements (affaire Dutroux notamment) entre les 3 corps de police constitués, une loi fédérale découlant de l’accord « Octopus » organise un service de police intégré et structuré à 2 niveaux, celui de la police fédérale (police spécialisée et d’appui) et celui de la police locale (police de base), ce qui change profondément le paysage policier belge. La date clé de cette réforme de la police est le premier avril 2001. Les mots « gendarmerie » et « gendarme » disparaissent de notre langage quotidien.

Au niveau des bâtiments rhodiens occupés par la gendarmerie du Roeulx, je peux citer en ordre chronologique : des bâtiments situés à l’avenue des Braves (actuellement : avenue du Roi Albert), d’autres sur la Place du Souvenir, d’autres encore à la rue Verte et les bâtiments actuels situés à l’angle formé par la rue de l’Ange Gardien et la rue Paul Janson.

Gendarmerie située Place du Souvenir

Ce dernier complexe administratif de la brigade de gendarmerie du Roeulx fut inauguré le 21 juin 1989. Petite anecdote à propos de cet instant solennel… Lors de la réception des autorités et invités au château du Roeulx, Nicole Chevalier (épouse de Jacky Chevalier) eut droit au baisemain de l’organisateur de l’événement. Elle suivait le jeune prince se faisant discrète parce qu’elle arrivait avec un léger retard… La confusion fut totale et provoqua de nombreux sourires parmi les collègues de Jacky.

Un exemple de parcours pour devenir gendarme !

Au beau milieu des années 60, Jacky Chevalier fit une demande d’inscription à l’école de gendarmerie auprès de la brigade locale. S’ensuivit une enquête locale à propos de sa personnalité. En 1967, Jacky entra à l’école de gendarmerie située sur le Boulevard Général Jacques à Ixelles. Des cours de droit pénal, procédure pénale, police scientifique, français et néerlandais… lui furent notamment donnés pendant 2 ans. Après ce cycle, il suivit pendant 3 mois des cours NBC (Nucléaire Bactériologie Chimie).

Un souvenir inoubliable de Jacky !

Lors d’une des courses cyclistes « Paris – Bruxelles », Jacky, pris par le temps, dut ouvrir la course avec la camionnette de gendarmerie à partir du bois d’Havré en direction de Soignies. Devenu directeur de course pour quelques kilomètres, il indiqua la route afin d’éviter le centre du Roeulx… en cause : d’importants travaux effectués sur la chaussée de Mons à hauteur du Spar actuel. Sacré Jacky !

Outre la réorganisation policière de 2001, la police locale a connu une autre aventure avec la fusion des communes

En 1976, il y avait au Roeulx, un garde champêtre et un agent de police. L’agent de police, André Schaillié, avait ses activités consacrées au centre du Roeulx. Le garde champêtre, Marc Moreau, s’occupait de tout ce qui concernait l’extérieur de la ville. Dans les autres communes de la future entité, il n’y avait qu’un garde champêtre : à Mignault, Henri Manderlier, à Thieu, Claude Heulers, à Gottignies, Norbert Wilmart et à Ville-sur-Haine, André Kneuts.

Dans les petites entités, la fonction d’un commissaire n’était pas nécessaire. Pour des raisons financières, les édiles communaux optèrent pour un garde champêtre en chef et 5 gardes champêtres. Avec la fusion des communes, la place manquait pour tout le personnel qui devait travailler pour la nouvelle entité. C’est ainsi qu’on a réparti les policiers à la maison communale de Thieu, l’administratif à l’Hôtel de Ville du Roeulx, l’État Civil et la Population à la maison communale de Ville-sur-Haine et, peu de temps après, à l’Ancien Hôpital Saint Jacques.

Pour se déplacer à travers toute l’entité, les gardes champêtres en exercice utilisaient leur propre véhicule. Ce n’est qu’après les années folles des « Tueurs du Brabant wallon » (1982 – 1985) que l’entité fut obligée d’acheter des véhicules de police. C’est ainsi que 3 « Citroën Acadiane » furent achetées mais à des fins particulières : un véhicule pour le service des travaux, un autre pour la police et le dernier à des fins mixtes : pour la police et la commune.

À la même époque, la police dut s’équiper de radios portatives. Comme dans de nombreuses circonstances, tout le matériel fut livré partiellement. Il manquait le poste central… C’est ainsi qu’un Mignaultois spécialiste des ondes, Hector Vanderstraeten, vint au secours des policiers en utilisant une radio portative, des fils et une petite antenne montée dans le grenier des locaux de la police.

Aujourd’hui, l’équipement des policiers suit le flux de la modernité et de l’efficacité. La fonction de policier, fort masculine pendant longtemps, s’est ouverte au monde féminin. Tous ces changements sont plus que nécessaires dans un monde qui évolue sans cesse.

Patrick Renaux

Je tiens à remercier Jacky Chevalier ( gendarme retraité) et André Scaillié ( policier retraité) qui m’ont aidé à l’élaboration de ce texte.

Gendarmerie située rue Verte

La ferme de Cantraine s’adapte au fil du temps

D’où vient le nom de cette ferme bien connue à Mignault ?

D’un point de vue sémantique, on peut dire qu’à une certaine époque, le site fort marécageux était le rendez-vous de sympathiques amphibiens. Le lieu tout indiqué pour des concerts de grenouilles « el tchant dès reines » donna avec une fusion des mots et quelques transformations orthographiques : Cantraine.

À quelles origines peut-on certifier la présence de ces terres prometteuses ?

D’un point de vue historique, la ferme de Cantraine est déjà citée dans des documents relatifs à l’abbaye de Bonne-Espérance. Dans la déclaration des biens du clergé du Hainaut de 1569, apparaissent également les traces de cette « maison à cense qu’on dit Cantraine ». Actuellement, la ferme appartient à la famille Sacré et cela depuis 1971. Jacques Sacré et son épouse Annie Winckels débutent leurs activités par l’élevage de vaches laitières en se concentrant sur la production de beurre. En 1988, les époux Sacré se lancent avec succès dans la réalisation de fromages. En 1999, leur fils Laurent, après son mariage avec Catherine Bruyère, élargit l’exploitation.

L’association parents, fils et belle-fille fonctionne et permet d’ouvrir de nouveaux horizons commerciaux. Les produits naturels et artisanaux se développent. Aujourd’hui, il vous est possible de commander du fromage à pâte demi-dure, du fromage à pâte molle, du yaourt demi-écrémé, du yaourt à boire, de la maquée, de la crème glacée, des sorbets, des flans, du riz au lait sans oublier le beurre. Tous les produits de base viennent de la ferme Cantraine et de quelques fermes de la région.

Voir www.lafermedecantraine.be

Vivre au rythme des saisons et de la ferme…

Depuis un an, l’idée d’élargir l’éventail des occupations de la ferme trotte dans la tête de Catherine et de son amie Harmony. Catherine, éducatrice de formation et Harmony, puéricultrice diplômée, décident d’ouvrir les portes du 41, rue Hector Blondiau à tout public pour faire découvrir le domaine à travers les saisons. Ensemble, elles projettent de mettre sur pied une ASBL qui a pour but d’offrir des stages à la ferme. De simples visites sont prévues à cet effet mais on peut y ajouter des activités concrètes comme la formation de semis, l’entretien et les différentes étapes jusqu’à la dégustation ou de la traite à son produit fini…

L’ASBL dénommée « N’air j » se décortique en N pour nature ; air pour le plein air ; j pour jeu, joie, jeunesse… Après de multiples recherches administratives, d’élaborations de dossiers, de programmes et de soucis logistiques …, les deux collaboratrices ont pu accueillir des enfants de 4 à 12 ans pour les vacances de Pâques, avec possibilité de garderie. Entourées de jeunes qui poursuivent des études d’éducateur et des études en puériculture, Harmony et Catherine comptent bien organiser des stages à la ferme à chaque période de congés scolaires, en plus des visites ponctuelles de groupes. Elles organisent des réceptions pour les anniversaires d’enfants de 4 à 12 ans selon différents thèmes : visite de la ferme, chasse au trésor, tour à poney, nourrissage d’animaux.

Des projets germent encore… Pour en savoir plus, n’hésitez pas à vous connecter sur leur page facebook : N’air j Asbl, ou à téléphoner au 0495/67 77 34

Bon amusement !

Patrick Renaux

L’ancienne gare de Mignault

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La création d’une ligne ferroviaire Erquelinnes – Binche – Écaussinnes a été décrétée par les lois des 20 décembre 1851 et 15 juin 1853. Les travaux ont rapidement démarré puisque la ligne Erquelinnes – Binche a été inaugurée le 2 août 1857 et celle reliant Binche à Écaussinnes, le 15 février 1859.

En 1883, une seconde voie est mise en service. En 1895, une nouvelle gare est construite du côté opposé à la halte primitive. Elle ouvrit ses portes au public le 15 juillet 1896.

À présent, ce bâtiment a disparu. Il a été détruit à la fin des années 60. En effet, l’autoroute en construction venait sectionner la voie de chemin de fer et on jugea inutile, eu égard au nombre d’usagers, de construire un quelconque ouvrage d’art pour enjamber la voie autoroutière. Un service d’autobus fut mis en place pour suppléer au transport ferroviaire moribond. Le tracé de cette ancienne voie de chemin de fer reste cependant partiellement visible à la rue des Combattants.

Eglise St-Martin, maison communale et école des garçons à Mignault

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Le bâtiment situé à l’entame de la Rue des Déportés, dénommée jadis « Chemin de Braine », a été construit en 1861 et avait différentes affectations. C’était à la fois l’école des garçons, le siège de l’administration communale – jusqu’à la fusion des communes – et un bureau de poste. Les locaux de cette ancienne maison communale servent aujourd’hui de salles de réunion ou de réception.

Le vaisseau de l’église Saint-Martin a été reconstruite entre 1843 et 1846 car l’ancien menaçait de s’effondrer. Le clocher qui date, quant à lui, de 1518 a été classé en 1973 pour sa valeur historique par la Commission Royale des Monuments et des Sites. Autrefois, l’église était entourée par un petit cimetière. Cependant, celui-ci fut transféré, en 1932, à la Rue Léon Polart.

Michel se souvient des fancy-fairs des écoles de Mignault dans les années 60

Quand il s’agissait de fêtes pour les écoles, il faut comprendre les écoles communales et l’école libre… Les écoles communales comprenaient des bâtiments au centre du village, près de l’église (salle communale actuellement) et « au Trieu », pour les plus anciens, à quelques enjambées du «  Vert Chasseur ». L’école communale du centre du village rassemblait les garçons et l’école libre, les filles. L’école des filles était située près de l’ancienne scierie et ancien magasin de matériaux de construction « Luc André » (école toujours partiellement au même endroit actuellement).
Michel Bertrand, ancien boucher à Mignault, conserve de magnifiques documents : brochures des fêtes, anciennes photos, articles de journaux…

Bernard nous décrit le monument aux victimes de la guerre à Mignault

Bernard nous décrit le monument aux victimes de la Grande Guerre. Le monument aux morts de Mignault, inauguré en 1926, est pour le moins original si pas unique ! Orienté vers l’Allemagne, il exprime l’arrogance et l’insolence sinon toute l’antipathie que portaient nos aïeux à l’encontre de l’envahisseur germanique.
En outre, la plupart des rues du village portent le nom de Mignaultois déportés ou combattants tombés au champ d’honneur.
Mais… l’avez-vous remarqué ce gamin en arrière plan qui étend ses bras et forme une croix ? Quelle idée saugrenue a bien pu lui passer par la tête ?

Michel se souvient de la rue de la Station à Mignault

Michel se souvient … du temps où la rue des Combattants s’appelait la rue de la Station. C’était l’temps où le p’tit Vitrier pouvait se permettre d’exhiber sa belle moto au milieu de la route ! Mignault était alors au carrefour des chemins de Mons à Nivelles et de Binche à Braine-le-Comte. Un péage existait autrefois au croisement de ces axes routiers. Les habitants empruntaient donc cette voirie pour se rendre à la gare située après les établissements Semaille. Ils pouvaient ainsi embarquer pour Erquelinnes, Binche ou Ecaussinnes. La station a cependant disparu au début des années ‘60 avec la construction de l’autoroute de Wallonie.