Le Moulin des Buchis au Roeulx

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Durant l’ancien régime, notre entité comptait 2 moulins banaux. L’un, à eau, était établi le long de la Haine à Ville-sur-Haine, un second, à vent, dominait les hauteurs de Montauban, le moulin dit de Sablimont. La Révolution française ayant aboli les privilèges seigneuriaux, apparaissent, sur la commune du Roeulx, deux nouveaux moulins à vent. L’un, dit du Faubourg, était situé le long de l’actuelle rue Albert 1er; le second, que nous voyons ici, appelé moulin du pachi du – ou des – Buchis, vit le jour en 1805 approximativement à l’emplacement du terrain de football de l’internat autonome de la Communauté française, rue du Cargies. Ce moulin en bois était placé sur une butte au sein d’une pâture, sur laquelle s’élevait autrefois – jusqu’à la fin du 16e siècle – la ferme des Seigneurs du Roeulx. Nous distinguons dans le lointain le clocher de l’église et la façade arrière de l’actuel Centre Culturel. La famille Soupart y exerça l’activité de meunier durant pratiquement tout le 19e siècle ; le dernier du nom, Isidore Soupart, portait le sobriquet de Zidore dou monnî. Ce moulin fut démoli en 1908.

Place de la Chapelle au Roeulx

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Pompe à eau

À l’emplacement de ces 2 tilleuls de la place de la Chapelle, s’élevait, jusqu’à la Révolution française, l’imposante chapelle Notre-Dame de la Fontaine. C’est un certain Simon-François Roulez qui en fit l’acquisition en 1798 pour la somme de 32.100 francs. Il s’empressa de déconstruire l’édifice afin de tirer profit de la vente des matériaux les plus nobles. En 1868, le Prince Emmanuel de Croÿ fit aménager, à ses frais, ce nouvel espace public.

Nous distinguons en arrière-plan l’école moyenne de l’État, dont les bâtiments sont de nos jours transformés en appartements, établissement scolaire devant lequel avance péniblement un charroi transportant des fûts de bière. En avant-plan apparaît une pompe à eau. C’est au cours du 19e siècle – suite à la fameuse théorie des miasmes – que vont être couverts les puits de la ville. Deux « pompiers » vont avoir en charge l’entretien de celles-ci : Évariste Chavepeyer et Nicolas Gossuin. Ce n’est qu’en 1930 que l’eau sera distribuée dans toutes les maisons de la localité.

Autres photos de la place de la Chapelle

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Le 3 du Faubourg de Binche

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Le 3 du Faubourg de Binche était initialement constitué d’une rangée de 5 maisons. C’est Philippe De Quanter qui les réunit en une seule habitation. On peut d’ailleurs apercevoir des marques de portes et de fenêtres sur la façade actuelle. A l’intérieur de la maison des différences de niveau dans les plafonds attestent également de la réunification de ces maisons en une seule.

Charles Adolphe De Quanter succéda dans la maison à son père Philippe. Charles fut le dernier d’une lignée de 4 notaires. Petite anecdote : l’une des cloches de notre église, « Gabrielle-Joseph », a pour marraine Gabrielle De Quanter, la neuvième fille de Charles De Quanter, décédée célibataire en 1961. Charles fut également conseiller communal et, fait peu connu, il créa et dirigea une chorale qui acquit une certaine notoriété dans la région.

On dit de cette habitation qu’elle est une « maison à filles ». En effet, Charles de Quanter eut 10 filles et les propriétaires actuels en eurent 3. Les prochaines naissances pourront confirmer ou infirmer cette rumeur.

Souvenirs d’une rencontre…

Au fil des mois passés sous la rubrique : « Le Roeulx souvenirs », les articles que j’ai pu écrire ont suscité de nombreux échanges et rencontres entre lecteurs. Des précisions, des commentaires me sont parvenus. Certains articles ont été modifiés grâce à vos réactions. Plusieurs textes à propos de faits de guerre vécus à Ville-sur-Haine, Gottignies et Thieu ont notamment intéressé pas mal de lecteurs et ont débouché sur de nouvelles documentations (bulletin communal de mars-avril 2015, novembre-décembre 2015 et juillet-août 2016). Avec les années qui s’écoulent, les témoins de la Guerre de 1940-1945 se font de plus en plus rares pour nous laisser leur ressenti face à des événements aussi marquants.

Pour le bulletin communal de novembre-décembre 2016, j’ai rencontré un « vrai » rhodien: « un kin » (qui est né et qui vit au Roeulx). Né au n°9 de l’avenue du Peuple, Paul Dumont a vu le jour le 18 juin 1928. Il a fréquenté les bancs de l’Ecole Moyenne du Roeulx. Son père Jules travaillait pour les douanes et accises, notamment aux postes de Tournai, Quiévrain et Angre. Sa mère était couturière. A peine entré dans l’âge de la préadolescence, Paul connaît l’évacuation comme une multitude de gens de la région. Avant que l’armée allemande n’atteigne Le Roeulx, Jules Dumont décide de partir avec sa petite famille chez son frère et sa soeur à Wervik, à la frontière franco-belge. Le souhait final de Jules était d’atteindre l’Yser : protection naturelle face à l’ennemi, fruit de l’expérience de la Grande Guerre.

Mais malheureusement, les faits avaient pris une autre tournure… L’armée allemande avait progressé très vite sur notre territoire et atteint rapidement Wervik. Comme les Allemands étaient présents à travers une grande partie du pays, Jules prit la décision de revenir au Roeulx. Peu de temps après leur retour au bercail, situé à ce moment-là à l’avenue du Roi Albert, les Dumont reçurent la visite de gendarmes pour leur annoncer la réquisition d’une chambre en faveur d’un jeune gradé allemand. La plupart des simples soldats allemands étaient logés dans des édifices publics comme la Maison des Ouvriers et l’Ecole Moyenne. En général, les « petits gradés » profitaient d’un logement chez les particuliers que les autorités locales devaient dénicher. Les « hauts gradés » occupaient entièrement certaines maisons bourgeoises.

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Outre le maintien de l’ordre, le respect de nouvelles lois, les soldats allemands allaient travailler chaque jour aux Ateliers du Roeulx, face à la gare. Ils entreposaient là du matériel de génie militaire : armes, munitions, canons, matériel pour les chevaux…bref toutes les fournitures militaires. En général, les soldats allemands qui séjournaient au Roeulx étaient polis et corrects envers la population. Paul se souvient de l’hiver 40-41 particulièrement rude et revoit sur les eaux des étangs du château du Roeulx des Rhodiens et des Allemands patiner. Au bistrot tenu par Marie Marray, après avoir salué la clientèle, les soldats prenaient un verre tranquillement ceinturon décroché et pendu au portemanteau.

Parmi les images de l’occupation allemande au Roeulx de notre sympathique octogénaire, je terminerai par une « coïncidence » la présence d’un lavoir à la rue Emile Vandervelde, là où se situe la friterie, mais là aussi où ont habité Paul, Marcelle, son épouse, et leurs deux filles. Les lavandières travaillaient sans relâche au service de tous les représentants de l’armée allemande de la région. Parmi toutes ses anecdotes, Paul m’a rappelé l’histoire du cochon du major. Cet épisode m’a été plus d’une fois conté avec des versions controversées. Voici le condensé de sa version.

Une perquisition générale sans motif avait été organisée dans toutes les maisons du Roeulx. Par une langue trop bien pendue, on apprit que cette action avait été menée pour retrouver le cochon du major allemand occupant une maison à la rue de la Station, à proximité de la maison Monoyer. Plus tard, on sut que le cochon avait été volé par quelques soldats allemands audacieux. Ils l’avaient envoyé en Allemagne pour subvenir aux besoins de leur famille.

Patrick Renaux

Françoise se souvient du café « Le Carslberg » au Roeulx

Le café « Le Carlsberg », situé dans la rue Paul Janson au Roeulx, fut le local de toute une animation rhodienne. Pour ce motif, nous avons rencontré Françoise Malbrecq qui a dirigé pendant près de 25 ans cet établissement ouvert dès les premières heures du jour… jusque tard dans la nuit.

Retrouvez également l’article de Patrick Renaux « Un nid de commerces et une fameuse ambiance à la rue Paul Janson au Roeulx… » en page 8 du Bulletin communal de Janvier/Février 2016.

L’ancienne gare du Roeulx

Gérard se souvient de l’ancienne gare du Roeulx, où se situe aujourd’hui le service travaux de la Ville du Roeulx.

Mise à jour novembre 2016 : texte paru dans le Calendrier 2017 de l’Office du Tourisme du Roeulx

Depuis le début des années 60, plus aucun train ne s’arrête en gare du Roeulx. Construite en 1874, les derniers voyageurs y descendirent sur le quai fin août 1959 et les derniers trains de marchandises en provenance des ateliers Colinet y passèrent un an plus tard.

Il s’agissait de la ligne 114 qui reliait Haine-St-pierre à Soignies, en passant par La Louvière-Bouvy, Houdeng, Le Roeulx, Naast et Soignies-Carrières. Elle faisait ainsi la liaison entre le bassin industriel du Centre et le nord du pays. Les bâtiments ont dès lors été abandonnés durant une quinzaine d’années.

Alors que la fusion des communes exige de disposer de locaux mieux adaptés à une entité regroupant cinq localités, la Ville du Roeulx décide d’acquérir l’ancienne gare et de lui offrir une nouvelle affectation ; le besoin d’entreposer plus de matériel se faisant ressentir.

De nos jours, les bâtiments sont toujours occupés par le service des travaux. Tout autour de celle-ci, avaient vu le jour diverses manufactures employant pas moins d’un millier d’ouvriers, comme les ateliers SADUR visibles en arrière-plan de la carte postale.

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Le paysage industriel a bien changé et les usines ont pour la plupart quitté les lieux. Les halls « SADUR » ont alors connu diverses affectations : locaux pour la jeunesse rhodienne du Patro, entrepôts pour stocker des verres de chez Durobor ou des pièces détachées pour le montage de voitures anglaises de chez British Motor Leyland de Seneffe. Aujourd’hui encore, les entrepôts sont occupés par différentes sociétés mais également par le Smashing Club, le club de tennis du Roeulx.

 

Nelly se souvient de la rue des Tourneurs au Roeulx

Attention, M’sieur … vous allez foncer sur le photographe ! Comment ? Ah bon, vous voulez écouter les souvenirs de Nelly !” Nelly, qui y tint pendant de très nombreuses années une supérette, se souvient en effet du temps où la rue Emile Vandervelde s’appelait la rue des Tourneurs, centre commercial, s’il en était, de notre petite cité princière ! Quasiment une maison sur deux, nous dit-elle, était un magasin: le Delhaize, bien sûr, au coin de la rue, mais aussi le marchand de chaussures en face, la pharmacie Plusquin avec juste au-dessus Emilia, la modiste, le droguiste Leloux et encore le magasin de vêtements et sous-vêtements de Clélie ! Elle se souvient encore de la kermesse Sainte-Anne qui avait lieu chaque année à la fin juillet sur la place de la Chapelle. Après la messe dédiée aux couturières, dont Anne est la patronne, de très nombreuses activités et manifestations avaient lieu. La journée se clôturait par un bal populaire.

Thérèse se souvient du temps où le parc du château du Roeulx était accessible au public

Thérèse se souvient du temps où le parc du château était accessible au public et surtout des spectacles qu’elle y organisa avec Henri, son époux. Elle qui demeurait alors sur la place du Château se remémore très bien les nombreux cars de touristes qui venaient d’un peu partout pour découvrir notre castel rhodien. Les visiteurs allaient ensuite se désaltérer au café de la Toison d’Or. Des pièces de théâtre y étaient également jouées tout comme y étaient régulièrement donnés des concerts en tout genre. Mais ce dont elle se souvient essentiellement, c’est du spectacle « Son et lumière – 20 siècles d’histoire au Roeulx » que son mari mit en scène fin août – début septembre 1966. Différents tableaux évoquaient le passé glorieux de notre cité princière comme la visite de Charles Quint mais aussi des épisodes plus sombres comme le sac du château en 1554 et le martyre de saint Feuillien, scène jouée par leur fils, Claude, et son ami Benoît ! Quasi toute la population rhodienne y participait, précise-t-elle ! Elle se souvient encore avoir inversé Brabançonne et Marseillaise lors de la première .