Si les arbres du square Mabille pouvaient parler…

Square Mabile 1

Situé au centre de la cité princière, le square Léon Mabille offre un coin de verdure exceptionnel à différents titres. Par son contenu, il est riche de plusieurs « arbres remarquables ». Les multiples essences de ce poumon vert égaient l’environnement qui n’était avant sa création que marécages puants. Le square, trop souvent dénommé « le parc », donne à chaque saison le meilleur de sa palette de coloris qui en font un chef d’œuvre digne des plus grands peintres de tous les temps.

Chargé d’histoire locale, il rappelle l’existence du Député-Bourgmestre qui est à la base de « La Maison des Ouvriers ». De sa main, le buste de Léon Mabille décline ce bâtiment d’une architecture particulière. Au fil du temps, cette bâtisse où se concentrent aujourd’hui les activités culturelles de l’entité, a porté divers noms, notamment : la Maison des Oeuvres, le Cercle Patria, le Cercle, le Centre culturel et sportif… et pour terminer la série : « Le Centre Culturel Joseph Faucon ».

Square Mabile 2

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En son sein, le square abrite aussi trois stèles rappelant le décès de jeunes trop audacieux face à l’ennemi de la guerre de 40-45. A chaque commémoration de nos deux guerres, les édiles communaux et leurs invités viennent se recueillir et déposer des fleurs.

Mais tout ceci paraît une partie infime de l’iceberg historique, de la petite histoire que pourraient délivrer ces arbres majestueux… Certains riverains ont été témoins de la traversée du square par des véhicules privés dont les chauffeurs bien arrosés sortaient de la salle des fêtes du Cercle… Il y a même une personne qui m’a prétendu qu’en retournant chez elle, un soir de fête, Léon Mabille lui avait fait un croche-pied et avait donc dû être bandée jusqu’au genou… Mes souvenirs d’enfant ( il y a près d’un demi siècle), se fondent dans une organisation de camarades voisins : Alain et Philippe, pour le meilleur et pour le pire. Un soir d’hiver, après l’école, nous formulâmes le désir d’ériger une embuscade à la gente féminine de notre école que nous aimions taquiner à nos heures. ( A cette époque un mur séparait la cour des filles de la cour des garçons, donc impossible de les atteindre…) Il était donc décidé de se retrouver le lendemain à huit heures dans le square pour former nos boules de neige derrière un houx, en attendant l’arrivée de nos « ennemies ». Lors de leur passage, les écolières reçurent une drache de boules de neige bien tassées. Exténuées, elles gagnèrent au plus vite l’école. La réplique ne se fit pas attendre… Les filles avaient rapporté l’événement à la directrice de l’école des filles : soeur Suzanne. C’est ainsi qu’à la fin de la récréation de dix heures, nous fûmes convoqués chez monsieur Degré (Marcel) directeur de l’école des garçons, pour recevoir une leçon de courtoisie, de politesse et de savoir-vivre en plus de verbes à conjuguer aux modes et temps étudiés…

Le square, c’est pour moi aussi le souvenir de parties de billes avec nos amis de l’école moyenne primaire. Dès la fin des cours, nous nous retrouvions sur les sentiers en cendrée rouge pour une partie de billes au carré. Le garde-champêtre passait pour vérifier si nous respections bien l’interdiction de mettre les pieds sur les pelouses. A cette époque, des panneaux avec l’interdiction de marcher sur les pelouses étaient plantés à chaque accès du square. Les choses ont bien changé depuis… Mais aujourd’hui, c’est bien souvent avec respect que les pelouses sont foulées par les têtes blondes notamment lors de la chasse aux oeufs organisée par la commune ou lors du cross interscolaire mis sur pied par le Rotary et la commune. Avec leur professeur de gym, les élèves de l’école de l’Ange Gardien profitent de cet espace magnifique. Les enfants des mouvements de jeunesse du Roeulx y viennent aussi pour se divertir.

S’il a connu une mauvaise réputation à certaines époques, le square Léon Mabille reste et restera un lieu de rencontres entre toutes les générations, un lieu d’épanouissement, un lieu où l’on partage le bonheur. Hormis le cadre idyllique pour des photos de mariage, cet endroit ne vous rappelle-t-il pas peut-être votre première rencontre amoureuse ?

Patrick Renaux

Françoise se souvient du café « Le Carslberg » au Roeulx

Le café « Le Carlsberg », situé dans la rue Paul Janson au Roeulx, fut le local de toute une animation rhodienne. Pour ce motif, nous avons rencontré Françoise Malbrecq qui a dirigé pendant près de 25 ans cet établissement ouvert dès les premières heures du jour… jusque tard dans la nuit.

Retrouvez également l’article de Patrick Renaux « Un nid de commerces et une fameuse ambiance à la rue Paul Janson au Roeulx… » en page 8 du Bulletin communal de Janvier/Février 2016.

La plage de Gottignies

Mariette se souvient de l’excellente crème à la glace que vendait une certaine Maria à la plage de Gottignies. Dans les années 30, les Gottignards mais aussi les gens des environs passaient leur dimanche sur ce site merveilleux. Les plus petits s’amusaient à la balançoire, au carrousel, glissaient sur le toboggan ou se promenaient à dos d’âne. Les adultes écoutaient la musique de la fanfare, dansaient, pique-niquaient ou faisaient un tour en barque sur la Wanze. On pouvait y manger des bonbons, de la crème glacée, des frites…

Mise à jour novembre 2016 : photo et texte publiés dans le Calendrier 2017 de l’Office du Tourisme du Roeulx

La « plage » de Gottignies était située dans une vallée profondément encaissée au pied d’une falaise haute d’une quinzaine de mètres. Cette propriété, sise au n° 8 de la rue des Prêtres,  appartenait en ce temps-là à Gaston Clarat, garagiste à Jolimont.

L’ouverture se déroula  le 1er mai 1935. Il y eut plus de 3.000 entrées. Prix d’entrée 1 franc. Imaginez le joyeux embouteillage que cela a dû provoquer. Des parkings avaient été installés dans les prairies environnantes mais les emplacements n’étaient pas suffisants et de nombreux véhicules devaient stationner le long de la rue du Vent Val. On avait même organisé des trajets en car pour  ceux qui, habitant trop loin de Gottignies, n’avaient pas de moyens de transport.

Un barrage formait un lac artificiel sur la Wanze, et on avait aménagé un petit bassin de natation pour les enfants et un autre pour les adultes ainsi qu’un endroit de canotage. De chaque côté du cours d’eau, des « gloriettes » au toit de chaume permettaient de déguster, entre-autre, les bières  renommées à l’époque : la « Meiresonne » et la « Labor ».  Les nombreux cyclistes, petits et grands, pouvaient rivaliser de vitesse sur le vélodrome.  Les enfants n’étaient pas oubliés : un tourniquet « à pousser soi-même », un toboggan, des balançoires, des tours du domaine sur des « baudets », etc. Un kiosque accueillait des fanfares pour animer les joyeux vacanciers d’un jour. On y vendait des frites, des bonbons et les fameuses crèmes glacées de Maria.

Quatre ans plus tard, un tragique accident de toboggan qui coûta la vie à un enfant, mit fin à l’exploitation du site.

Aujourd’hui, les tourterelles et les ramiers ont repris possession du site … avec quelques nouvelles habitations.

Informations extraites en majorité de la revue « Nos 5 Blasons » éditée par le Cercle d’Histoire Léon Mabille.

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