Aujourd’hui, plus d’affamés que d’assoiffés au Roeulx…

S’il y a plus de 40 ans, on faisait le tour des bistrots du Roeulx, en ne buvant qu’une bière dans chaque café, on se retrouvait dans un coma éthylique… Aujourd’hui, en respectant les mêmes conditions (une bière par café), l’éthylomètre devient caduc ! Et si on avait un petit creux, il y a plus de 40 ans, on pouvait faire la file à la friterie. Aujourd’hui, on a l’embarras du choix : la friterie ou le restaurant… Les restaurants sont plus nombreux que les bistrots.

Voyez plutôt…
(Il y a une quarantaine d’années et plus…)

Sur la place communale, face à l’Hôtel de Ville, un café nommé « Le 421 » avait à ses débuts, une clientèle de jeunes. Par sa situation, il recevait les avocats et leurs clients avant ou après le jugement prononcé par la Justice de Paix située au rez-de-chaussée de l’Hôtel de Ville. Le dernier maître des lieux fut Michel Ovart de juin 1992 à septembre 2010. Actuellement, ce bâtiment est occupé par la boulangerie-pâtisserie : « Le petit boulanger ».

A quelques encablures du 421, la Maison du Peuple, local du parti socialiste, fut aussi pendant de nombreuses années, le local des colombophiles. Outre le café, il y avait comme on disait dans le temps « un salon » qui accueillait bien sûr des personnalités politiques socialistes lors de la fête du 1er mai. De nombreuses activités y ont été organisées.

Non loin du « 421 » et de « La Maison du Peuple », « Le café du tribunal » actuellement local du Patro fut tenu par Frumence mieux connu sous le nom de Freddy. Ce dernier sera quelques années plus tard à la tête de « La Grimaudière ».

Situé à la rue de l’Hôtel de Ville, le café « L’Eldorado » possédait une salle de spectacles dans laquelle Thérèse et Henry Duray ( parents de Claude) ont notamment joué une opérette populaire : « Le pays du sourire ». Occasionnellement, on y organisa des concours de tir à l’arc.

Fin des années 60, le bistrot « Le Smog » presqu’en face de « L’Eldorado » fut tenu par Eliane Slagmulder. Là, les jeunes se réunissaient pour jouer au 421 et au poker.

A la chaussée de Mons, « La Baraque à Planches »nommée par la suite « Le Chalet »fut longtemps tenu par Maurice et Angèle De Vrée Gérard. C’était le lieu où se réunissaient les passagers du tram à vapeur. Au coup de cornet du conducteur de tram, les gens vidaient leur verre avant de monter dans le tram. Après la suppression de la ligne, le café fut plutôt un café de passage. Avant de partir en fumée, le chalet servit de local du Patro.

L’estaminet « Chez Angèle » situé à l’angle de la chaussée de Mons et de la rue de la Renardise était un café tranquille dans lequel se retrouvaient les promeneurs qui se rendaient au bois St Joseph. Le dimanche, il y avait le traditionnel jeu de cartes. Les tenanciers dont vous vous souvenez le plus sans doute furent Josiane et Lucien Dubois.

« Chez Marraine Delville », café situé à la rue de la Renardise, la famille Pouliart resta maître des lieux pendant presqu’un siècle : de 1880 à décembre 1974. Il y eut Elvire et Joseph Lansmanne-Pouliart et ensuite Armand et Rose Delrée-Lansmanne (parents de Guy). Ces derniers renommèrent le café « Aux armes liégeoises » nouveau nom logique puisque Armand Delrée était armurier de profession. Lieu de rendez-vous des agriculteurs villois, gottignards et théodosiens, ce bistrot fut le local du tir à l’arc à la verticale. Une perche fut longtemps conservée sur les terres de la ferme de « La Renardise ».

A la rue Grande, à l’emplacement du XVIII ème siècle, c’était « Le Cercle libéral ». Le bâtiment au fond de la cour était une salle de cinéma. Cette salle était nommée l’Eden. Par la suite, elle devint une salle polyvalente.

A cette époque, la densité des bistrots sur quelques centaines de mètres était bouleversante. Aujourd’hui, notre mode de vie a complètement changé et les lieux de rencontres se sont multipliés : les salles de sports, les salles du Centre culturel, les mouvements sportifs, les mouvements de jeunesse, les bibliothèques, les lieux de réunions pour associations…
Prenons-nous quand même le temps de nous détendre en sirotant un bon verre ?

Patrick Renaux

Si les arbres du square Mabille pouvaient parler…

Square Mabile 1

Situé au centre de la cité princière, le square Léon Mabille offre un coin de verdure exceptionnel à différents titres. Par son contenu, il est riche de plusieurs « arbres remarquables ». Les multiples essences de ce poumon vert égaient l’environnement qui n’était avant sa création que marécages puants. Le square, trop souvent dénommé « le parc », donne à chaque saison le meilleur de sa palette de coloris qui en font un chef d’œuvre digne des plus grands peintres de tous les temps.

Chargé d’histoire locale, il rappelle l’existence du Député-Bourgmestre qui est à la base de « La Maison des Ouvriers ». De sa main, le buste de Léon Mabille décline ce bâtiment d’une architecture particulière. Au fil du temps, cette bâtisse où se concentrent aujourd’hui les activités culturelles de l’entité, a porté divers noms, notamment : la Maison des Oeuvres, le Cercle Patria, le Cercle, le Centre culturel et sportif… et pour terminer la série : « Le Centre Culturel Joseph Faucon ».

Square Mabile 2

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En son sein, le square abrite aussi trois stèles rappelant le décès de jeunes trop audacieux face à l’ennemi de la guerre de 40-45. A chaque commémoration de nos deux guerres, les édiles communaux et leurs invités viennent se recueillir et déposer des fleurs.

Mais tout ceci paraît une partie infime de l’iceberg historique, de la petite histoire que pourraient délivrer ces arbres majestueux… Certains riverains ont été témoins de la traversée du square par des véhicules privés dont les chauffeurs bien arrosés sortaient de la salle des fêtes du Cercle… Il y a même une personne qui m’a prétendu qu’en retournant chez elle, un soir de fête, Léon Mabille lui avait fait un croche-pied et avait donc dû être bandée jusqu’au genou… Mes souvenirs d’enfant ( il y a près d’un demi siècle), se fondent dans une organisation de camarades voisins : Alain et Philippe, pour le meilleur et pour le pire. Un soir d’hiver, après l’école, nous formulâmes le désir d’ériger une embuscade à la gente féminine de notre école que nous aimions taquiner à nos heures. ( A cette époque un mur séparait la cour des filles de la cour des garçons, donc impossible de les atteindre…) Il était donc décidé de se retrouver le lendemain à huit heures dans le square pour former nos boules de neige derrière un houx, en attendant l’arrivée de nos « ennemies ». Lors de leur passage, les écolières reçurent une drache de boules de neige bien tassées. Exténuées, elles gagnèrent au plus vite l’école. La réplique ne se fit pas attendre… Les filles avaient rapporté l’événement à la directrice de l’école des filles : soeur Suzanne. C’est ainsi qu’à la fin de la récréation de dix heures, nous fûmes convoqués chez monsieur Degré (Marcel) directeur de l’école des garçons, pour recevoir une leçon de courtoisie, de politesse et de savoir-vivre en plus de verbes à conjuguer aux modes et temps étudiés…

Le square, c’est pour moi aussi le souvenir de parties de billes avec nos amis de l’école moyenne primaire. Dès la fin des cours, nous nous retrouvions sur les sentiers en cendrée rouge pour une partie de billes au carré. Le garde-champêtre passait pour vérifier si nous respections bien l’interdiction de mettre les pieds sur les pelouses. A cette époque, des panneaux avec l’interdiction de marcher sur les pelouses étaient plantés à chaque accès du square. Les choses ont bien changé depuis… Mais aujourd’hui, c’est bien souvent avec respect que les pelouses sont foulées par les têtes blondes notamment lors de la chasse aux oeufs organisée par la commune ou lors du cross interscolaire mis sur pied par le Rotary et la commune. Avec leur professeur de gym, les élèves de l’école de l’Ange Gardien profitent de cet espace magnifique. Les enfants des mouvements de jeunesse du Roeulx y viennent aussi pour se divertir.

S’il a connu une mauvaise réputation à certaines époques, le square Léon Mabille reste et restera un lieu de rencontres entre toutes les générations, un lieu d’épanouissement, un lieu où l’on partage le bonheur. Hormis le cadre idyllique pour des photos de mariage, cet endroit ne vous rappelle-t-il pas peut-être votre première rencontre amoureuse ?

Patrick Renaux

Françoise se souvient du café « Le Carslberg » au Roeulx

Le café « Le Carlsberg », situé dans la rue Paul Janson au Roeulx, fut le local de toute une animation rhodienne. Pour ce motif, nous avons rencontré Françoise Malbrecq qui a dirigé pendant près de 25 ans cet établissement ouvert dès les premières heures du jour… jusque tard dans la nuit.

Retrouvez également l’article de Patrick Renaux « Un nid de commerces et une fameuse ambiance à la rue Paul Janson au Roeulx… » en page 8 du Bulletin communal de Janvier/Février 2016.

La plage de Gottignies

Mariette se souvient de l’excellente crème à la glace que vendait une certaine Maria à la plage de Gottignies. Dans les années 30, les Gottignards mais aussi les gens des environs passaient leur dimanche sur ce site merveilleux. Les plus petits s’amusaient à la balançoire, au carrousel, glissaient sur le toboggan ou se promenaient à dos d’âne. Les adultes écoutaient la musique de la fanfare, dansaient, pique-niquaient ou faisaient un tour en barque sur la Wanze. On pouvait y manger des bonbons, de la crème glacée, des frites…

Mise à jour novembre 2016 : photo et texte publiés dans le Calendrier 2017 de l’Office du Tourisme du Roeulx

La « plage » de Gottignies était située dans une vallée profondément encaissée au pied d’une falaise haute d’une quinzaine de mètres. Cette propriété, sise au n° 8 de la rue des Prêtres,  appartenait en ce temps-là à Gaston Clarat, garagiste à Jolimont.

L’ouverture se déroula  le 1er mai 1935. Il y eut plus de 3.000 entrées. Prix d’entrée 1 franc. Imaginez le joyeux embouteillage que cela a dû provoquer. Des parkings avaient été installés dans les prairies environnantes mais les emplacements n’étaient pas suffisants et de nombreux véhicules devaient stationner le long de la rue du Vent Val. On avait même organisé des trajets en car pour  ceux qui, habitant trop loin de Gottignies, n’avaient pas de moyens de transport.

Un barrage formait un lac artificiel sur la Wanze, et on avait aménagé un petit bassin de natation pour les enfants et un autre pour les adultes ainsi qu’un endroit de canotage. De chaque côté du cours d’eau, des « gloriettes » au toit de chaume permettaient de déguster, entre-autre, les bières  renommées à l’époque : la « Meiresonne » et la « Labor ».  Les nombreux cyclistes, petits et grands, pouvaient rivaliser de vitesse sur le vélodrome.  Les enfants n’étaient pas oubliés : un tourniquet « à pousser soi-même », un toboggan, des balançoires, des tours du domaine sur des « baudets », etc. Un kiosque accueillait des fanfares pour animer les joyeux vacanciers d’un jour. On y vendait des frites, des bonbons et les fameuses crèmes glacées de Maria.

Quatre ans plus tard, un tragique accident de toboggan qui coûta la vie à un enfant, mit fin à l’exploitation du site.

Aujourd’hui, les tourterelles et les ramiers ont repris possession du site … avec quelques nouvelles habitations.

Informations extraites en majorité de la revue « Nos 5 Blasons » éditée par le Cercle d’Histoire Léon Mabille.

Photos de la Plage de Gottignies – Collection Jean Leclercq